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Mise à jour le 11 juillet 2010. Bonne lecture :-)

Vous trouverez ci-après des textes arrachés à Mlle la Muse. Non pas les lyrics des chansons de Simon Bonney. 

Désolé! S'il y a eu méprise, cliquez ici site simon bonney

Vous ne trouverez pas que des textes poétiques dans cette section mais également des textes en prose, histoires courtes 'à thème' et des nouvelles.

Quel que soit votre choix, je vous souhaite bonne lecture J

 

TEXTES/ POESIES PERSONNELLES

Here, we go .................

En cliquant ici, vous accéderez à la première nouvelle, l'histoire d'Oskar, le bibliothécaire, écrite en 1998. 

En cliquant ici, vous accéderez à une nouvelle japonaise "maudite pelle", écrite fin 2004. 

En cliquant ici, vous accéderez à une nouvelle dans le genre fantastique "l'Ombre et le Guérisseur", écrite 24 février- 25 mars 2007. 

En cliquant ici, vous accéderez à une nouvelle dans le genre comédie humaine "Mon nom de scène aurait dû être", écrite en février 2008

Infra, vous trouverez tous les poèmes écrits en 2009, ainsi que des textes et une nouvelle

 

Texte :Jefferson junior

Texte :Journée première

Texte :A mort la mort

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Mémoire en strates

J’ai disposé ma mémoire en strates,
Je l’ai déposée dans les précieuses alcôves
De strophes, de syllabes décriées, de lettres déliées,
Cris chuchotés, âmes bellement apaisées.

Les souvenirs, je les ai remplacés
Par du vent imaginaire, clouant le présent
Dans une vie bien plus dans la mouvance,
Le corps ayant tout à apprendre, je me penche.

Sur les statuaires de bien, autre je vois et je lis
De rimes en soupirs, qui m’emplissent les yeux.
Les fleurs n’ont qu’à mourir car Dieu !, qu’il y a tant à faire !
Au-delà de ces cimes mentales, convions enfin le large,
Respirons les parfums des jeunesses, oublions nos âges.

Nous cheminerons encore quand d’autres s’enliseront.
Plus légers, peut-être, nous serons encore là à écouter
Aux aguets et pourtant sans volonté de troubler
Ce qui est là juste à vivre et à vivre justement !

Spock27, 8 juillet 2010

  macro, la série

 

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Caligraphier

Calligraphier sa vie,
Tracer des repères,
Déposer sur les joues du temps
Des galets gourmands, 
Remplis du vent tout en appétit.

Des petites guirlandes
En guise d’hémisphères,
Des caresses sur les lèvres
Pour se remémorer le tout,
L’apesanteur enfin,
La légèreté en tout.

La tête vide et la fulgurance pourtant,
Ville et trottoirs à l’invite,
Ruelles de songes et mensonges,
Nous sommes dans la bouche du soleil,
Nous ne pouvons que partager.
Le sourire sera de mise,
L’ombre pour un moment,
Sera … omise.

Spock27, 30 juin 2010

 Série nocturne

 

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Quand les pétales noirs 

(poème à quatre mains)

Les blanches façades nous racontent des histoires
Que les pétales noirs du rare ivoire contredisent.

Chaque pierre pourrait raconter comme un vieux grimoire. 
Tant de gens sont passés, tristes ou enjoués.

Le bourg de Clochemerle a vécu comme un finale de prière,
Dans les pâles vitres s’adonne un reflet d'autrefois.

Ce village se meurt, les vieux se voûtent, 
Les cafés résonnent de chansons fripées d'oubli.

Une vie en fin de vie s'achève, un père s’ensevelit.
Les larmes douces amères s'autorisent.

Maladie, exode, bourgade tout de vide,
Souvenirs qu'on aurait voulus plus doux.

Le vin se donne, tourbillons en fumée et volutes,
Dans cette grisaille, le soleil s'abandonne… une dernière fois !

Poème à quatre mains
Morganne/Spock27 
25 et 26 juin 2010

 

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Le chemin s'y prête

(poème à quatre mains)

En ces jours langoureux, 
Nous lorgnons plutôt du côté des mésanges,
Des rivages tamisés en couleurs de mer 
Pleine de mousses lissées de plaisirs,
Dorées par nos yeux assoiffés.

Le chemin s’y prête, serein sera l’esprit
Entre les façades de blancheur vêtues
Et les champs essoufflés de pétales vert ivoire…
Mon regard d’or écarquillé par l’étoffe moirée.

Route buissonnière où j'espérais te voir,
Sur le bord de la mer, mais n'est ce pas illusoire ?
Viens me retrouver, nous regarderons le soleil mollement se coucher,
Enseveli dans tes bras immenses, murmures à l’oreille qui vous font chavirer.

Un goéland au-dessus des corps suspend son vol libre,
Dans sa nue liberté, il nous regarde d'un air nonchalant.
Dédaigne nos amours naïfs et fragiles, fourmis sifflant belle cigale !
Et lui, si heureux, allongeant le plumage vers d’autres étoiles.

24/25 juin _ Spock27 et Morgane
Poème quatre mains

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you are the blood

Tu es le sang jeté en appât dans le fin fil de la soie.
Tu es le sang, le son, celui ou celle qui est tout de songe.
Tu es la fée électrique, l’innomé dôme où se pose rêve,
Désir et l’immanquable fleuve aux alluvions moitié secrets, moitié moites plaisirs.
Tu exaltes autant que nous perdons, prolonge ton enjambée de fée ou de sorcière.

Nous, nous perdons autant notre âme que notre esprit à chacun de tes passages ;
Certains même prétendent que jamais tu n’as sillonné nos terres.
Pourtant le soleil a bien irradié comme seule le peut la chevelure d’une comète. Et nos étranges amours avaient bien le goût âpre et de la sainte et de la douce folie que l’on éprouve pour celles qui nous échappent de nos doigts. Tels sables des plus friables, telle une esquisse à peine devinée.

Tu pourrais être bien être un trait d’aquarelle ou le sillon de l’épée qui mutile.
Tu aurais dû être mais tu ne fus que balbutiée prête à l’exil.
Née, tu aurais pu exister, à peine, au sein des nôtres !
Humains aspirants aux plus grandes soifs, tu aurais dépéri, lassée
Avant d’avoir même pu déployer ce qu’on l’on dépeint dans la peine, 
Ce que l’on déploie dans l’encre rouge de nos écrits !

Spock27, 19/24 juin 2010
En écoutant  You are the 
blood » de Castanets

 série nocturne

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Eternité pérenne

A ceux qui semblent fascinés par une éternité pérenne, je laisse champs libre aux nébuleuses et aux infructueuses, somptueuses niches pour leurs pensées.

Je me réserve également le droit de m’assoupir en un lâche écoulement pour que les ardeurs comme les feux mal pris s’épuisent.

Nous sommes dans de bien étranges périodes où l’on doit décider de tout mais où aucun lit de rivières n’est prévu pour les ruisseaux qui se construisent ; comprenez mon indolence, ma légère méprise, je suis pris dans la pleine clarté du doute.

Spock27, 10 juin 2010

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Autour des landes

Autour des landes depuis belles lurettes surnagent quelques hères, quelques misères, quelques clochers. Le tout recouvert par une marée de petits flocons tout hirsutes et obstinée à virevolter et recouvrir la moindre chimère.

Il faut cheminer longtemps pour revivre quelques étincelles, quelques sourires timides, quelques bouts de pain donnés à la sauvette; la ligne d’horizon de vie est bel et bien en fuite, nous courrons, mais nous nous arrêtons également ; le cœur en feu, la tête fol de frêles souvenirs. La pensée jamais ne rassasie l’homme, c’est l’eau-de-vie qui le fait et le vin de l’amour et l’amitié; heureusement, quand la panse, parfois, est pleine, une pause de plein silence s’installe. On s’assied sur un restant de souche et on contemple les pourtours.

La campagne est belle de cette beauté qui ne doit rien au hasard mais à des choix dont on n'a pas à discuter. On promène le regard, on le pose là, le dépose ailleurs, une pluie sereine nous enlace, seul mais pas esseulé, un brin de courage nous emmène, voire nous démène. Nous repartons, il y a sûrement plus beau, plus loin, ailleurs.

Spock27, 10 juin 2010

 Terrasse intérieure d'un café

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Les orées

Nous fermons les portes pour empêcher l’écoulement du filet des idées.
Ainsi, aucune hirondelle ne s’attarderait en nos contrées. Les ruisseaux seront bien gardés.

Les orées resteront toujours des orées, les forêts restitueront à jamais l’essence boisée des sombres mystères.

Il est beau que même enfermé en dedans de notre corps, les effluves des plantes qui pourrissent gentiment nous narguent avec un brin d’insolence; même emmurés sous la ligne droite d’une vie qui peine tant à s’en dégager, les ironies des ornières, les suaves courbes des chemins, les pistils qui toujours et encore intriguent nous raviveront les sens émoussés.

C’est le champ intérieur de l’imaginaire qui sauve l’homme d’aujourd’hui. C’est le grand plongeon dans l’ennui qui engendrera les plaisirs dans d’incertaines découvertes; l’homme levé au lendemain de sa propre redécouverte peut compter sur un panier plein de promesses. Levé à l’aube, couché quand les montagnes se drapent pudiquement, sera rassasié, peut-être même un peu heureux !

Spock27, 27 mai 2010

 sortie au parc

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Indifférent de toi

Je suis égal à toi, mon roi
Je suis indifférent de toi, oh ma reine.
Ta bouche est repue déjà de tant de demains pleins de bienséance et de chairs ;
Sourires béats, seins à peine recouverts, je suis au-delà des sphères, bien au-delà
Des séductions d’autres sources de beaux jours, allez savoir, allez comprendre ;
On refuse comme on se refuse, on offre toujours le mauvais profil quand peut-être
Le fin fil du bel amour se profile dans le nubile ouvrage de votre attrait.

Car oui, les cernes sont belles et bien visibles, le front un peu plissé par la charge fourbe du passé mais bel ami, je me crois et je me prends et aussi, je l’avoue, de tant d’atours, je me méprends ; vite, vile, je m’enfuis en plissant les yeux. Le plaisir s’en ira ainsi que feront les délicieux charmes qui ne trouveront preneurs.

Oh Dieu !, quelle funeste nuit que tu dévoiles là. Tu es vraiment bien l’astre rare et noir pour tisser pareille nacelle de futiles souffrances.

Ne pas aimer une pareille femme, ne pas s’étourdir en pareille présence, ce n’est que la sainte folie dans l’ombre d’orgueil ; ce ne sont pas de ces sentiments qui font mieux l’humain et quand la lamelle du premier jour s’évincera, alors, je m’en irai vraiment, car oui, bah ! Si j’ai failli dans cette couche, je faillirai encore, quelle que soit la soie ou le soyeux du velours !

Spock27, 12 mai 2010

 Promenade au parc

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Ange de piété

Ange de piété qui prend au large d’une brasse de bonté, je vous conseille, inconsolable optimiste, car en réalité, je vous envie votre roue, votre envolée, et même, le drapé de votre inconsolable, oui, j’en suis vraiment là ! 

Remuant les lèvres ourlées de fièvre, de vous et à vous, ange de gaieté, je vous envoie d’un sourire avide, le dépit du grand âge dont je me crois, ému, dépourvu de leurs émanations, c’est que de jeunesse, je ne connais plus que le mot, que l’ocre énoncé, la verte parure annoncée.

Alors, comme les fripés de la vie, je m’attache à vous poursuivre, en vain, en soupirs et même aux moindres de trace sur blanc papier. Pour encore un peu m’élever, me soulever, emplir les journées de ces piètres soleils. Jusqu’à voir au coin des vitreuses fenêtres les derniers battements de vos ailes.

Spock27, 12 mai 2010

En lisant « Ange de gaieté » de Baudelaire
et en écoutant "Charles et Léo" de Jean-Louis Murat

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la belle écritoire

Permettez cher audacieux,
Que je m’épanche sur la belle écritoire.
Que je m’avance tantôt chancelant, tantôt bien dans mon incrédulité,
Dans la vase des mots, dans le vaste blé des champs bien signifiés
Et par d’autres, bien insignifiants. Il est vrai qu’à force d’épure,De traques, d’enluminures, on ne sait plus quoi dire, et pourtant,On ne cesse d’éprouver.
A l’effort en saine ébène, l’attente est incertaine, les efforts n’ont point suffi.Le sens de l’aventure a trop perduré, les personnages sont figés ; point d’histoire,mais une brève aventure, la mienne, quelques miettes de la vôtre.

J’aurais peut-être dû remiser la plume et allumer l’écran virtuel d’un imaginaire aux atours si personnels; mais j’ai failli, j’ai bien tenté mais j’ai chu et avec moi, les gens de papier de velours inventé.
Voilà, je vous laisse là, car je vous devine, sourire d’exaspération soulignant les pommettes. Le bilan est trop lourd car trop léger. Que de perte de temps, que d’outrages qui ne feront jamais gicler les deniers tant espérés. D’ailleurs, je suis bientôt à la fin de ma ligne, à la fin de la pêche, les eaux sont exsangues, de fins mots, il y en aura bientôt plus !

Spock27, 11 mai 2010

Promenade au parc

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Pluie extérieure

Peu importe que la pluie soit extérieure à soi,
Que les éclairs fascinent nos esprits de moite blancheur.

Je ne vois à présent que liens et voiles ;
Dans les avenues aux lueurs d’or promises,
Des voiliers aux ailes démises qui nous frôlent doucement.

Fascinés par les fragiles aventures de tortueux esprits,
Enfoncés dans l’humide beauté des ports dénudés ;
Les yeux pleins de voyages possibles, les pieds posés
Sur les vastes bateaux à nos âmes solidement arrimés.

Si vous ne voulez plus lutter, tournez moi le dos !
Les bribes de ces rêves valent bien votre lumière altérée !
Ce qui nous restent s’ornent mieux quand tout est délesté !
Touchons le fond du bois pour mieux rugir !

Hé marins ! bientôt partis, ne riez, vous avez mer compagne,
Nous, nous n’avons que le bleuté abstrait de ces bancals trottoirs,
Des ruelles souillées par tant de noir, indignes car obscures.
Nous sommes affamés aux abords de ces eaux insolentes.


Spock27, 5/8 mai 2010

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Les neige d'antan 

(poème à quatre mains, Spock27/morganne)

J'ai peine à croire, je n'ose le dire et de tant te décevoir,
Perdu dans les méandres de mes vieux souvenirs,
Les neiges d'antan et les fleurs des arbres déconfits.
Je me courbe, je m'abaisse mais le vert des feuilles
Toujours nourri de la meilleure sève me parle encore.

J'ai retrouvé mes vingt ans sans oser te le dire,
Des myriades de fleurs aux couleurs de tes yeux.
De l'écorce morte renaît une peau jeune, sans ride. 
Une joie retrouvée me fait joindre haut les cieux.
Jeune d'âge, frêle être, quel bonheur d'ainsi renaître.

Spock27/morganne


15/18 avril 2010

 

Elans de Lune

Comme le son éclaire nos vies,
Comme les élans de Lune
Eclairent nos nuits, tout s’épuise
Et tout se brise, tout alangui
Nous sortons d’une matinale emprise.

Du blanc du ventre des mouettes
Nous nous lançons dans l’enjeu, dans la joute, 
Comme mer brisée par les rochers du doute,
Vague après vague au goût du lichen,
Nous goûtons de cette étrange herbe
Pour en ressortir lavés de toute impureté !

18 avril 2010

 

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Ecouter les voix

Il faut écouter les voix,
Laisser l’avide vide s’y méprendre,
S’étendre sur le gazon sublime
De toutes ces vies qui nous tiennent
Et nous soutiennent, à cœur défendu.

Il nous faut nous abstenir,
Se poser sur ces fragiles moments,
Sur la corde de maigrelets sourires,
Se faire des colliers beaux comme diamant,
Beau comme un enfant dans un blanc dimanche.

Il vous faut vous absoudre,
Comme on oblitère un mal, une profonde souffrance,
Comme meurt un animal, un élan brisé, 
Une flèche qui file, oh bel amour, feu l’idéal ; 
Laisse surprise, laisse-toi aller, 
De fil en pensée puis soupir,
Le temps finira bien par s’arrêter.

17 avril 2010

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La cité regorge de vie

Sur la terrasse inondée de soleil, on se perd, on divague.
Entre les babils du petit, la mèche blonde, les dents d'ivoire
Et les bruits sourds du jeune, mâchoire serrée, casque vissé,
On glisse du regard entre tous ces destins différés,
Cette unicité à jamais perdue dans ce décor halluciné.

La cité regorge de vie et cette place en est le seul oasis.
Rire à gorge déployée, café qui fume, tête dodelinant,
On se prend d'espoir à capturer les âmes d'un seul regard,
Mais tout est fuyant ici-bas, même les voûtes, en fuite.

Il nous faut taire tous les bruits qui des ventres grondent,
Qui des bouches aspirent, Ciel ! un peu de paix autour
D'un café crème, comme une mousse de velours
Aux abords d'une matinée où enfin le corps repose !

Challenge n° 102

11 avril 2010

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pics by Tim (Houston, Texas)

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Le lent voyage 

(quatre mains avec Aacré)

Il est lent, il est beau ce doux voyage,
Entre les visages proches et les gestes sages
Des êtres ridés qui regardent, sourire dans les yeux
La turbulence de ces grands enfants qu'ils ont vu naître.

Ils les ont vu prendre chemin, s'épanouir ; depuis hier déjà
Ils entament le chemin à l'envers, se souvenant
De leur enfance passée au parfums d’un thé suranné
Attablé à une table dans un paysage d’une autre ère.

Adolescents rebelles, c'est l’usage; se forgeant au feu de la vie
Entre le marteau et l'enclume, clamant et acclamés,
Réussites parfois, difficultés souvent, cherchant
Un coin de sérénité dans le menu fébrile de la vie.

Ils prennent, ils profitent de l'air du temps,
Mais l’attention et la tendresse manquent et se marquent
Des mêmes larmes que ces petit vieux grincheux qui râlent
Et tempèrent, mais qui les fascinent, hères d’une autre ère,
Proches et assagis, cailloux polis par la caresse du temps.

Fondations du temple des âges, horizons des savoirs
Piliers d’une expérience vécue dans l’ombre de l’arbre,
On ignore leur importance car si jeunesse était mousse,
Il manquerait les branches et les solides racines.[/size][/color]


Aacré et Spock27 _ 30/03 - 2/04/2010

 Gilles Valenti  

Photo de Gilles Valenti - Vieillard vietnamien

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Reine d'une nuit

Reine d’ennui, reine de nuit,
Jeanne de Naples veut remplir sa couche
Et son esprit, mais à ses pieds, on babille.

Sonne alors la cloche, elle caresse du bras
Sa sœur, aussi belle qu’elle de corps
Et elle, pure de cœur ; c’est Boccace,
Il nous lira un petit chapitre du ‘Decameron’, 
Son plaisant ouvrage qui s’annonce si divin.

Jeanne s’emplit à l’écoute, de quelques scènes grivoises,
Sa sœur plisse les yeux pour mieux pénétrer
Et l’esprit du poète et les rêveries qui l’emmènent.
Jeanne se pâme tant, qu’elle ferme également les paupières.

Il est l’heure de se retirer, un dernier regard
Vers ces gorges ostensiblement dévoilées,
Mais le port royal interdit tout audace.

Boccace salue de la plume les deux belles endormies,
De leurs rêves enflammés, il fera étoffe
Pour d’autres chapitres, oh ! coule bel imaginaire !

Spock27, 1er avril 2010 

Challenge numéro 100, deuxième proposition

  jeanne1naples

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Invite à la paix

Paix que l’on conçoit, paix que l’on invite,
Sentiment serein qui se dégage des Grand Silencieux, 
S’arrêtant de frémir, feuille à feuille, tout à l’écoute.

Pour mieux s’étourdir, le pas se mesure
A l’empan d’une fraîcheur d’esprit 
Qui ruisselle des rives aux ruisseaux, 
Des nids où les petits pépient, couleurs arc-en-ciel.

Voir sans vouloir voir, entendre sans volonté
C’est un départ dans une entité boisé de velours,
Les chants des oiseaux vous emplissent,
L’eau des sources a le goût d’éternité,
Les sens sont rassasiés car au repos.

Comme la fatigue se découvre être plaisir,
On chemine encore, on chemine avec intelligence,
Le plaisir se découvre tout un nouveau vocabulaire
Dans une tête vide de tout souci, Jiddu, je t’ai vu de loin,
Entendu tes paroles d’encouragement ; j’ai humé le vent
Qui t’avant tant enchanté, j’ai souris enfin à la brise.


également

*

Il vous fixait du regard et d’un sourire,
Décillait vos yeux, vidais votre cœur,
Et vous vous laissiez emporter,
Car le seul coût de votre oubli
Était de retrouver une mer de sérénité


Spock27, 1er avril 2010 _ Challenge numéro 100
Première proposition
"Les Silencieux" est un nom donné aux Séquoias par les Indiens d'Amérique du Nord!

 krisnamurti

 

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Les quatres saisons 

(poème à quatre mains : Aacré et Spock27)

    

Il est temps, oui, il est grand temps
De redorer notre blason, de redonner
A notre vie le sens humain; l'humanité
En aura davantage besoin; c'est évident

Ce temps-là a son propre rythme,
On le découpe, on le ramène à soi,
Bref, on lui prête humain visage ;
On en profitera, pour rendre un sourire
A ceux qui de bonheur prêtent leurs rires.

Moi, qui suis parfois moineau, parfois Poucet,
J’aimerais le temps d’un soupir rire à nouveau ;
Cela changerait des nuages en fin de carrières,
Grisonnants des tempes et s’enfuyant en cumuli.
Je pourrais alors repeindre de bleu ce qui était gris,
Et ce qui était aigri, le peindre de couleurs vives...


un " 4 mains" de Spock27 et Aacré
30 mars 2010

 

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L'air du temps 

(poème à quatre mains - Aacré et Spock27)

Il est temps, oui, il est grand temps
De redorer notre blason, de redonner
A notre vie le sens humain; l'humanité
En aura davantage besoin; c'est évident

Ce temps-là a son propre rythme,
On le découpe, on le ramène à soi,
Bref, on lui prête humain visage ;
On en profitera, pour rendre un sourire
A ceux qui de bonheur prêtent leurs rires.

Moi, qui suis parfois moineau, parfois Poucet,
J’aimerais le temps d’un soupir rire à nouveau ;
Cela changerait des nuages en fin de carrières,
Grisonnants des tempes et s’enfuyant en cumuli.
Je pourrais alors repeindre de bleu ce qui était gris,
Et ce qui était aigri, le peindre de couleurs vives...


un " 4 mains" de Spock27 et Aacré

29 mars 2010

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Jefferson Junior

texte

C’est au fond du jardin, là où il était sûr que personne n’allait le dérange que Jefferson junior composa son seule et unique morceau en l’honneur de sa mère. Jefferson junior est né dans les flammes mais jamais sans les voir. Il ne pouvait que humer, sentir, deviner l’amour que sa mère lui portait. A l’âge de quinze ans, il avait déjà écumé tous les bars de la ville. Son bourg était un petit bourg, il y avait vite imprimé sa patte, son « touché ».

Le blues était partout, il suffisait de vouloir l’embraser. Il était au coin de la rue, quand un pochard se lamentait si fort et durant tant d’heures, que la monnaie semblait pleuvoir du ciel dans son petit béret. Cette même monnaie qui allait lui servir plus tard, à manger très peu, à boire beaucoup. 

Jefferson avait la vague à l’âme en lui mais il croyait en ses chances. A l’âge de quinze ans, il avait déjà une petite amie qui le suivait partout. Peu importe qu’on la dise difforme, assez creuse de visage, que lui importait ces mensonges et ces médisances, Jeanne avait la même couleur de peau que lui et pour un aveugle, c’était important.

Il avait appris le blues en fréquentant les mêmes bars que son père, voix basse dans une chorale Gospel. Son pater avait la fibre de Dieu en lui, pour Jefferson, le doute persistait. Il y avait trop de blanc dans la maison de ce Dieu : Jeanne lui avait tout dit. Le corps du Christ était blanc et si le vin était rouge, rouge comme son sang ou le sien, cette hostie était d’une blancheur étincelante.

Jefferson s’était toujours demandé si le Christ n’avait pas non plus ses secrets; sa petite amie lui avait appris que le Diable représentait « sa » force obscure, un ange déchu. Jefferson était un péquenaud, il le savait mais cet ange le fascinait. Pouvait-il voir cet ange ? Oh ! il ne parlait pas simplement de « voir » mais plutôt de la vraie clairvoyance. Là résidait la différence. Il n’avait jamais lu et Jeanne ne lisait que quelques extraits du grand Livre. Ceux qui lui plaisaient le plus étaient relatifs à l’apocalypse. Il se demandait parfois, en composant ces morceaux avec ces paroles qui n’étaient pas de son âge, d’où lui venait l’inspiration. 

*

Il avait beau gratté jusqu’à l’os sa guitare, trouvé les mots qui avaient du sens, qui avaient en eux la rime et le rythme, sa bouche n’était que larmes et tristesse. Tous les coups reçus, toutes les insultes qu’on lui soufflait dans l’oreille, il les vomissait à présent. Il voulait juste une chanson d’amour dédiée à sa mère et il était à la peine.

A l’approche du repas dominical, sa chanson était prête. Du moins, il ne pouvait faire mieux que «Black snake woman ». Il allait péter les cordes de sa guitare, il allait, comme il le faisait chaque fois qu’il avait composé un morceau, casser la baraque, épater son pater, fermer une fois pour toutes la bouche de ses innombrables frères et sœurs et surtout, il allait montrer à sa mère, tout l’amour qu’il avait pour elle, enfouis dans ses yeux sans étincelles.

Quand la soupe fut mise sur la table, il demanda un bref instant de silence. Ses frères, surtout les aînés n’avait pas une grande foi dans les talents du jeune musicien. Certains travaillaient déjà à l’usine, certaines de ses sœurs voulaient déjà fonder famille; qu’il y ait un braillard dans la maison, qui se targuait de pouvoir vivre de sa musique, cela les dépassait. Ils se réfugièrent dans une posture de prière; ils avaient faim !

Quand leur frère se lança dans sa chanson, sa nouvelle création ; ils se firent une raison, ce n’était plus vraiment leur frère qui était devant eux mais quelqu’un d’autre. Dès qu’il chantait, la métamorphose était évidente. Mais surtout, jamais il n’avait utilisé de tels mots ; ils étaient mortifiés. S’il y eut des applaudissements, ce fut ceux du père ; sa mère était encore plus pâle que d’habitude. Encore un de ses fils perdu pour le Christ ! Elle servit la soupe, puis le repas qu’elle avait préparé, ensuite, elle ne perdit pas une minute, elle monta dans sa chambre, elle eut bien tort.

*

Jefferson fut comme foudroyé. Sa chanson était fantastique, il le sentait ; des gars comme lui savent ces choses-là. Si sa mère n’entendait rien en lui, n’attendait rien de lui, hé bien, il n’avait qu’à partir.

Et c’est ce qu’il fit, une valise d’un côté, une guitare dans sa gangue de l’autre, à son bras, sa fiancée, une petite Jeanne, morte de trouille. Tout l’argent qu’il avait amassé à jouer en première partie de bluesmen plus réputés que lui, mais surtout plus âgés, il l’avait dans sa poche. Il acheta à l’aubette deux tickets pour Chicago. C’était là qu’il allait percer.

Le bus n’allait pas tarder. Il jouait encore un peu sa chanson, en sourdine, comme des bas murmures ; puis prêta plus attention aux paroles qui lui étaient venues dont on ne savait où. Il se demandait alors « mais quel sorte d’ange m’a visité ce jour-là ?». 

Et la nuit les dévora dans une pluie de gasoil !

Spock27, 28 mars 2010 _ Challenge numéro 100

 Blind-Lemon-Jefferson

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C'est d'un soir dont je vous parle


C’est un Soir qui n’en finit pas ;
Seules présences, ces gouttelettes sur tes hanches !

Quelques poésies à finir avec des mots un peu détrempés !
Ce Soir, je sortais sans manteau comme à découvert ;
Pluies sur les rêves humides qu’aucun voile sacré
Ne pourra recouvrir ; hier encore, je pensais tant pouvoir vivre
A tes côtés, espérer éprouver une telle liesse !

Car ce temps passé fut au parfum d’enfants.
N’était-ce cette réticence, je m’ouvrirais à toi… enfin_

Spock27, 27 mars 2010

 nocturne

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Déception printanière

Le printemps est pure déception,
La végétation ne s’est pas invitée au bal ;
Visages si pâles malgré toutes ces douceurs ;
C’est que les saisons ne sont plus à l’unisson.

Les terres ronchonnent, les cœurs brament
Comme les cerfs touchés de plein fouet ;
Ardeurs pour seules guides, fouettés par sable et sel,
Par les grands vents et toujours les vieilles pluies.

Soleil, petite ronde tout là-haut, ravive-moi !
Ravive les bouquets enfantins, j’ai grande hâte…
Montre-nous ta douceur de guide car las nous sommes.
La pente entre l’hiver et le printemps n’a jamais été si roide !

26/27 mars 2010

 Dans les bois, sur la côte (De Haan)

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L'épinette rouge

Remerciant les arbres sciaphiles, ces solitaires
Qui de leurs pointes traversent averses, humaines présences
et le ciel là, terrassé, mis à terre, cloué par les fruits des pins
Bien làs tombés ; on parcourt les sentes rivés aux clous 
Parsemant nos destinées_

Car en-dessous de ces peuplades boisées,
Ce grand seigneur tout de bleu voûté
N’est plus que mascarade ; on rit de lui,
On ne le voit plus, il n’a jamais existé !

L’hiver, lui, n’en finit plus de faire parler d’elles,
Dévêtues ou revêtues d’un manteau d’hirondelle,
Les neiges fondent hors de leur naturelle gangue
Sous la langue des éternels impatients_ 

Spock27, 26/27 mars 2010

 L’épinette rouge (image "trouvée" sur le net!) 

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Le Minotaure

Comme le Minotaure, Dédale erre dans les prés ;
Nul palais dans le ventre de Guernica,
Aucun bouquets pour couronner les faons !
Le vent de Minos a pourtant soufflé dans les blés,
Mais rien n’a empêché le ciel de s’enflammer.
Au loin, les hennissements des chevaux se sont tus
Reste l’odeur du brûlé, les vierges attiques comme seules défenses.

La ville s’est immergée en une île du malheur,
Une femme a accouché d’un bébé qui ne sera jamais nommé.
Ariane et Thésée s’aiment encore sous les arches,
Les pieds dans les cendres, les sentiments en labyrinthe,
Perdus dans la folie des hommes ; ils se cherchent encore,
Seront bien des fois éperdus dans la fumée des meurtris 

Spock27, 21 mars 2010 _ Challenge numéro 99

 en lisant la légende du Minotaure  

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Ce Hall désert

Je voulais vous appeler, vous revoir dans ce hall désert.
Je voulais me rappeler l’automne qui était en vous.
Alors, je vous ai appelé de loin, par téléphone,
Le son confus de notre communication en écho sous un tapis de feuilles, dans cette frileuse saison.

Vous viviez en cercle, je vivais comme une ombre, comme un fantôme,
En attendant, en t’entendant !

Alors, je vous ai à nouveau appelé dans cet hôtel si calme,
Et vous m’avez répondu par-dessus tous ces déserts que nous avons gravis gravier si friable sous nos pieds. Alors et alors seulement, j’ai entendu votre froid effroi dans ce hall si tranquille.

J’ai pensé alors que tout se passait dans ma tête et que vous n’étiez plus vraiment dans mon monde et j’ai reposé gentiment le cornet, en murmurant autant pour moi que pour les Dieux que jamais on ne m’y reprendrait !

Mais les histoires où les divinités s’invitent ne sont plus vraiment de votre ressort, alors, je me suis abandonné en vous et nous avons fais le reste du voyage comme l’un et l’unique. Et si vous ne me croyez pas, allumez un cierge et perdez-vous dans la frayeur de la flamme car là vous trouverez trace de nos amours ; poussières pour les uns, cicatrices pour se souvenir de pans entiers de vie qu’il y a à se souvenir.

Vous étiez et cela me suffisait !

Spock27, 19 mars 2010

 En écoutant "Ghost" de Kristin Hersh

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Journée première

texte

Les sentinelles font la ronde de nuit comme les hommes et les femmes de jour. Sur les bas-côté de cette vie, aux embruns d'encens, de volupté; nous devons faire de cette journée, une journée première.


Austère amplitude, les gardes enfouis en nous veillent au grain.
La folie n'est pas de mise, Pergolèse a écrit dans les eaux de son chagrin et pourtant que c'est beau, que c'est beau. Il est temps de s'arrêter dans un bulle sensuelle, les yeux sur la page, les yeux sur nos belles.

Sollers (*) s'indigne, nous ne voyons plus les grandes clartés, les chairs mortes, sculptées avec la passion des fous dans la lourde pierre ou que nous côtoyons, dans les tunnels des villes à nos yeux décrépies. Une halte s'impose, oserais-je le répéter?

Nous poserons là, sur la table, les machines à souvenirs; il n'y a plus rien à figer.

C'est sur le papier blanc de sentiments qu'il faut crayonner, un café à portée de main. C'est en nous qu'il faut dessiner les pastels du temps chéris, les bons moments qui se dissolvent sans écrin. C'est sur la peau des autres qu'il faut étaler les rayons du bonheur, petite ronde logée tout là haut qui passent nonchalamment les heures, nous dardant avec parcimonie de ses ondes bénéfiques.

Le marc est au fond des tasses mais la poursuite de la vie n'est en rien amère !


Spock27, 18 mars 2010

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Chairs à pétrir

Le corps n’est jamais à écrire, certes à rêver,
Peut-être à décrire en une fresque indicible.
Cette même carcasse, je l’ai caressée
Tant que j’ai pu pour dénouer les sillons
D’une vie de catatoniques cendres.

Le peintre utilise la pâte comme pour pétrir les chairs,
Utilise le pinceau comme un écouvillon ;
Or le corps, enveloppe comme un drap
Un siècle de sentiments que rien ne peut dévoiler.

Moi, qui n’ai pas vu ton amour aveuglé par la nuit de tes yeux,
J’ai posé à tes côtés, comme la compagne d’un homme offert
Sur l'autel d’un art aux airs faux-fuyants, virtuosité vaine !
Comment capter cette silhouette d’argent niellé,
Quiconque n’a pas vu la mer, peut-il simplement
Pleurer ; être sa propre cathédrale, serait-ce blasphème ?

Spock27

10 mars 2010

Challenge numéro 98

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Verbe oublié, humanité délaissée

Langueur dans l’attente,
Gorge sèche d’un ange exsangue,
Dans cette recherche du savoir,
Soif d’une vérité d'une source troublée !

Il est dur de transcender son humanité,
A la recherche d’un verbe oublié
Dans le repli d’un divin mot !

L’homme que j’ai vu vivre dans l’ombre
De son glaive, a chuté plusieurs fois 
Dans ce sentier de vie ; il a oublié
Qu’il était également homme à aimer !

Cette quête devait être une quête d’amour,
Une approche des Dieux par l’épure.
Mais l’orgueil a jailli du fourreau bien des fois,
Le Comte ne voulait pas démériter.

Absurde fut le fruit au fond de la divine coupe,
Acre le vin au fond de la coupole de sagesse !

Spock27, 7 mars 2010

Challenge numéro 97

 The-Temptation-Of-Sir-Percival

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Enfants d'Ovide

Tu fermes les portes aux pièges,
Cligne tes yeux aux fins des saisons,
Car les allées sont de fines espérances,
Pas d'amours mortes en ces pays dorés !

Tu te promènes calines, car les monts
Car les dunes, les vallées ne seront jamais de larmes,
Emplies de perles salées, bien trop ourlées en ornements
Pour des visages trop beaux pour être sages !

Ainsi je fais voeux que les sentiments naissants
Rempliront de joie simple le coeur d'Ovide,
Que nous serons tous les invités au somptueux banquet
Du grand poète, sensuels cieux couvrent nous pieusement !

Spock27, 5 mars 2010

 

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Tourments de jeunesse

Dans le noir des ombres,
Des océans sans relance,
On avance sans précautions,
Ultime jeunesse en émoi.

Entre tourbillons et tourments,
Vents dans les plaines de désolation,
Nous nageons comme une aumône dans la vie,
Espérant une profusion florale, à l'égale de nos envies !

Il est des âges où le corps restreint;
Qui jamais ne nous sied, oh ! esprit temporise !
Jette nous le lait, le miel car de torpeur
Nous sommes à présent en feu !

Et pourtant, il faudra l'amadouer, ce corps offert,
Ce don de la nature, tantôt flore, tantôt chair.
Il faudra chérir ce qui nous fait peur.
Il faudra s'accepter comme le maître Soleil
Dans l'abîme, le temps d'une brève éclipse !

Spock27, 4 mars 2010

 Une voile gonflée, une petit goût du dehors

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Goya Chancelle

Je voulais peindre une noble tête,
Une simple commande pour mes doigts d'or ;
Je fus vaincu par l'objet même de ma création.
Je m'étais toujours réjouis de la puissance de mon art
Qui était enfoui en moi ; fou, je m’en croyais le maître !

J'ai été terrassé par la naturelle beauté;
Je voulais peindre sa peau pas sa toile.
La fière Isabelle surpassait toute représentation possible,
Je lui fis porter mantille en dentelle, la prier de regarder sur le côté.
Moi, Goya !, j'étais mis au défi; chanceler, certes…
Abdiquer, pinceau à la main, que jamais tel péril n'advienne!

Peut-on tenter de subjuguer la toile par l'esprit,
De rendre palpable, la flamboyance d'une femme
Quand elle irradie au point de brûler les yeux ?
La fierté sans partage, la vivacité si enjouée,
Peut-on simplement les suggérer ?

Quand le sujet terrasse ainsi l'artiste,
Il n'y a plus qu'à s'effacer et s'immerger
Dans la pleine urgence du féminin moment.
Je sais ce que j'ai vu, je ne sais ce que j'ai créé.

Spock27, 1 mars
Challenge numéro 96


isabel

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Douce madeleine

A voir trop longtemps figure
On se lasse, mais l’attente aiguise,
Ce que le froid les sens amenuise.
Oh belle, toi qui fut si bonne à regarder,
En écartant les courtines closes,
Je t’ai vue enfin, douce Madeleine.

Le cœur ne peut cacher
Ce que les sentiments
Comme les forces primitives,
Que de troublantes fées oubliées
Font naître dans les esprits,
Offrent aux cieux déplaisants.

Il est des museaux fins, visages dorés,
Malgré les mots surannés
Embaumés de fragrance de tisanes,
Que l’on se fait fort de retenir
En son âme à la parfin.

Spock27, 23 février

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Portrait de George Sand par Jean Gigoux

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De rouge drapé

De rouge drapés s'enflamment
Des coeurs déjà épris de pleine fougue;
Jeunes bonheurs qui ne savourent que nuit
Et promesses de ravissements.

Ainsi, l'homme, sûr de son fait, tend nonchalant
La main vers le verrou d'une porte nommée désir (*);
La jeune jouvencelle chancelle, mais à peine,
Résiste, frémissante, pour affirmer sa divine maîtrise.

C'est que le soleil enflamme déjà la scène des sens,
De braises sont les joues, il faut vite trouver refuge
Pour mieux s'adorer; la fin nocturne est délictueuse.
Dans un boudoir plus somptueux encore
Se jouent les variantes de la note bleue de Chopin.
Délices alanguis et mystères fins à croquer !

Il serait vain de réfréner ce que charmes dévoilés attisent.

22 février 2010
Challenge numéro 95

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A mort, la mort

Texte

La mort des choses n’est pas morale,
Elle me semble si seule, si informe,
Si belle dans son aura
Ainsi énoncée.

Elle n’a donc rien d’humain,
En fait et sans opinion,
Je ne lui prête aucun habit,
Aucune vilenie, aucune maîtrise
Sur moi et sur les aubes proches.

Je la dévêts de tout droit,
Je l’incommode en l’ignorant,
Je lui fais grâce de ma peur.
Morte est la mort !
Inhumaine,
Tout au long de sa veine,
Le sang qui la malmène
Vit… encor’


19 février 2010

  "Série - trou de neige"

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Mille et un soupirs

Sous les pierres, l’humide espérance,
Sous le lierre, l’aimable aspiration ;
Vespéral est ton nom, ocre est ton regard.

Au loin, aux frontons de nos vies
Doucement entamées, tu inscris
Quelques maximes sans âge,
Un nom, un sourire d’enfant,
Bréviaire de mille et un soupirs.

Ne serait que pour en cueillir la dernière goutte,
Ne serait que pour en cueillir l’ultime déclinaison,
Chaque matin, dans la paume de l’oubli,
Je m’absente et en vous, je renais.

Je revis, salue en vous les nobles sources.

Spock27, 18 février

Challenge hebdomadaire numéro 94

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Vérité sous les lys

Serait-ce un jour s’il contenait tant de peines,
Serait un jour s’il contenait tous les jours,
Dans ses cendres, dans ses ocres aimablement étalés ?

Serait-ce une personne si en sa présence, son absence me comble
Et si en son absence, brille comme astre mort, sa présence.
Il émane d’elle et de lui, tant d’amour que vous n’avez qu’à vous courber,
Sous les lys, se trouve la fière vérité, en vous, toute belle, enfouie
Mais à portée d’ailes, tout en courbes, vous les avais-je déjà décrites?

Ce soir et à cette mort du jour, je vis d’une claire transparence,
Je n’ose décrire, encore moins écrire les élans qui du corps et du cœur
Virevoltent et rend toutes les chairs enjouées, tous les mots si fins,
Si poignants, que l’on voudrait lors de leur envol, les emporter
Et les faire siens ; car toujours un peu, le destin, effraye.

Mais et c’est la fin du doute que je vous avance, troublante indifférence,
Une fois qu’il sera en vous enfouis, et ce, même durant une brève minute,
Vous ne pourrez plus ignorer la pluie, la terre ni les vers que déclament les mers.

Vous vous devrez de les vivre et les revivre encore, quitte à signer de souffrance,
Car la beauté ne se donne qu’à ceux d’autrefois qui à ses ordonnances, acquiescèrent !

13 février 2010

 Bouquet de fleurs pour la Saint-Valentin

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Je caresserai tes yeux

Je caresserai tes cheveux,
Je caresserai tes yeux,
Caresserai tes reins
Délices en chute,
Tes seins, je ferais miens
Sous les cieux que tu contemples
Larmes entre les cils_

Je caresserai ta bouche,
Ferai mentir les auspices,
Celui qui t’a fait, je le ferai Dieu,
Celui qui t’a défait, celui-là, de tout, sera dévêt.
Je t’emplirai de mon or, pur
Et moins brillants, épuré car si troublant,
Scintillant car tant de toi, envers moi, ai rêvé _

Je te ferai trembler, je te ferai soupir,
Je te ferai oublier, je te rendrai joie et rires,
Je rendrai sublime le coucher des terres,
Je te rendrai sublime, toi qui fais rimer
Mes humaines humeurs_

 Spock27, 11 février 2010

  Abbaye de la Cambre

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Une belle histoire

Reflet clair et sauvage d’une pensée émerveillée ;
On croyait prendre de la vie ombrage, mais la rosée,
Mais l’orge des jeunes années s’offrent toujours,
Aux âmes envieuse, il y a bonheur ici bas !

Et sans discours, désuets car sans vie,
Je me rappelle quand le temps devient feu
Dans la clarté de mes souvenirs,
Dans la transparance de leur enthousiasme,
Ces pluies de perles de sourires
Soudoyant les plus sourdes obscurités.

Ces hommes cachaient leurs peines,
Peignaient des lunes, hurlaient en vers,
Ces hommes enfin, taisaient misère,
Attisaient le meilleur de nous;
En état de blanche grâce, nous arrivions
Au bout de nos désillusions, à croire en nous.
Il y avait là, en nous, une belle histoire_

 8 février Challenge numéro 92  

Sarah Vaugan : CD in Hi-Fi

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Ville indéfinissable

La ville devient indéfinissable,
Les esprits enrobés d’un brouillard de coton,
Les vents engloutissant tout ;
Restent quelques relents de vapeurs
A la douceur d’ouate qui flottent
Aux ras des pieds de rares passants égarés.

L’ère est à l’étonnement, voire à l’effroi.
Le modernisme effréné de ces grands visionnaires
A vidé cette ville à peine bâtie ; elle fait peur !
Est-elle seulement réelle ? Traces énigmatiques
De penseurs fantomatiques qui ont décidé pour les autres,
Sans investir ces lieux, fruits de leurs coûteuses cogitations !

Je profite sournoisement de l’aubaine ;
Me faufile entre deux souffles dans ces vastes artères,
Me logeant, invisible locataire, dans ces lieux désertés
Mais si magnifiques ; cette langueur en rien ne me touche.
Si ce vent de douce folie s’amplifie, je serai bientôt roi
D’une ville que je ferai mienne, je sens grandir l’envie
De posséder ces demeures, humain dans de vides ruelles

Challenge numéro 92 

31 janvier 2010

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De cette ville

De cette ville, surnagent, comme de minuscules îles flottantes, quelques maisons, un clocher bien solitaire, une tour trouant ces nuages alanguis avec cette petite pointe d’arrogance que nous lui avons toujours connu. 

Ces demeures à dimensions humaines ou construites pour des Dieux imaginaires semblent se reposer à présent dans ce fleuve de blanche lave, aux vagues si lentes, aux marées si irrégulières. Ce n’est ni le souffle, ni aucun vent connu des hommes qui influe ce brouillard si doux, si timide qui baigne la chaire des choses dans une mouvance irréelle. Ainsi, le béton et l’acier perdent de leur rêche texture, les tuiles rouges semblent moins écarlates, tout devient flou et pourtant, tout devient plus sage.

Ce silence, si inattendu dans cette cité toujours en effervescence, offre aux sens quelques instants de repos ; comme une bulle de temps et d’espace en hommage à ceux qui ne veulent plus disposer de la multitude qui affole plus qu’elle n’apaise. Il n’y a plus vraiment d’instants ou de moments, la vie semble s’étaler sans repères et par là même, vivre d’une ample aisance, sans trace ni mouvement.

 

Challenge numéro 92
31 janvier 2010

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Encor' nous devons avancer !

 

Les fougères du passé,
Le lait tendre et blanc de l’enfance ;
Tout cela me revient quand vous êtes à nouveau apparue.

Mère, oh! mère pleine de générosité,
Nous ne savions quand vous étiez là,
Nous sommes à présent orphelins de ces brins de souvenirs !

La flèche, les flammes et la chaleur,
Vous fûtes tout cela et plus encore.
Vous fûtes l’arc et celle qui permit toutes directions.

Vous nous aimiez comme naturelle déraison,
Vous vous retirâtes pour que le palais de vie se dévoile.

J’en franchis les portes, je traverse la nef ; mais là,
Peu importe, c’est le goût du chagrin qui me pique le cœur.

Des larmes aux eaux jamais trop pures me viennent aux yeux ;
Vous méritiez mieux ma mie, je suis devant vous en noble devoir !

 31 décembre 2009 Deuxième challenge musical

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