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HISTORIQUE 2 : Les derniers jours de "Crime and the city
solution", la carrière solo de Simon BONNEY
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3e lp : "The bridge ship" : Mute records, 1989. Ce disque est le premier où toute une face de disque (je parle du vinyl bien sûr) est basée sur un idée "cf : Bride ship, free world, new world". Ce qui mérite une explication. "The bride ship" repose sur un concept : les premiers habitants de l'Australie étaient des criminels, des hommes aussi qui espéraient beaucoup du nouveau monde, un monde où ils pourraient trouver du travail, fonder un foyer, avoir des enfants. Ce nouveau monde manquait cruellement de femmes : certaines avaient espéré pouvoir y faire ou refaire leur vie... comme la grand-mère de Simon qui est arrivée en Australie pleine d'espoirs ! Le disque largue les amarres, on s'éloigne de plus en plus du blues moderne des débuts. L'accent est mis sur l'orchestration.Simon commente l'album : "ce que j'en ai retire, qui est essentiel dans beaucoup de mon travail, c'est que je n'avais plus la nécessité d'avoir l'impression que j'étais la personne la plus importante au monde, mais que je suis quand même spécial parce que je suis un être humain, faisant partie de l'univers. Je me sens bien mieux a être simplement ce que je suis". Le bateau original "Bride ship : le bateau de la mariée" allait jusqu'en Australie qui était en fait une colonie pénitentiaire ou il y avait beaucoup d'hommes et peu de femmes. Aussi des femmes avaient l'habitude de rejoindre le pays d'Irlande, c'est ce que fit ma grand-mère, pour se marier et avoir une meilleure vie. En fait, elles finirent dans une usine et tu pouvais y aller et t'acheter une femme pour sept ou six..., bref pour une certaine somme d'argent de l'époque".
"J'avais l'habitude d'avoir des idées assez loufoques sur ma façon de chanter. Etre en compétition avec Rowland, "le premier guitariste, c'est moi qui précise", demandait beaucoup de tripes. J'ai grandi avec l'idée que pour exprimer une émotion, il fallait chanter dur. Alors j'ai découvert que c'était une approche du problème bien trop simpliste et que l'on y perdait de son impact. La plus grande perception d'une émotion que j'ai d'une personne, c'est quand elle parle doucement et lentement avec intensité. Maintenant, je peux recréer cela dans nos disques".

Comme je l'ai déjà écrit, "INTENSITE" est le mot qui caractérise le plus le groupe et le chanteur.
Le personnel sur le disque : pas de grands changements par rapport au lp précédent. Chrislo Haas semble avoir moins participé à l'album. Il est cité dans les crédits mais en plus petits caractères. On retrouve aussi une nouvelle version de "The dangling man" qui se trouvait sur le tout premier mini-lp. "Bride Ship" est un grand disque de "Crime". Il y a toujours ce souffle vital, le chanteur y est toujours aussi puissant, sa voix est moins rugueuse. Simon tente d'élever le débat. Le disque tourne autour d'un grand concept. Il y a 'idée du voyage (comme chez beaucoup d'australiens) mais surtout on sent que le chanteur se cherche, entrevoit une nouvelle patrie, peut-être une nouvelle raison de vivre.
*4e lp (dernier lp studio) : "Paradise discotheque" : mute records, 1990. Le couple Adams-Simon a vécu trois mois à Vienne. C'est là dans un appartement viennois, que le couple a composé les paroles de l'album. Au-delà du style musical, ce qui différencie fortement 'Crime' avec la nouvelle carrière solo de S.B. est que dans 'Crime...', S.B. écrivait d'abord les paroles puis le groupe composait la musique ensuite. Simon Bonney solo compose paroles et musique dans la foulée, gagnant ainsi une fluidité qu'il dit n'avoir jamais trouvée avec son premier groupe ! "Paradise" est loin d'être un mauvais album, mais c'est un album inégal Il reprend la structure du lp précédent : première face classique, deuxième face consacrée à un concept "le grand dictateur" que l'on retrouve en quatre parties "the last dictator I to IV". Même personnel que les deux lps précédents, Chrislo Haas est de retour. Pas grand chose à ajouter : la pochette est très laconique, pas de photos du groupe, aucune explication via la pochette. Ce disque, selon moi, est le disque "de trop" et qui annonce la fin du groupe ! Le concept sur le dernier dictateur, Jules Cesar, apparemment..., aurait pu donner un matériel plus cohérent mais ce n'est pas le cas. Ce qui explique parfois mes commantaires un peu mitigés. Si l'album démarre en fanfare avec notamment deux morceaux sublimes 'The dolphins and the sharks' sorti en maxi et 'The sun before the darkness', cette succession de bons morceaux s'arrête avec 'Motherless child' qui est franchement raté et qui 'casse' un peu l'album. Heureusement, cela reprend de + belle avec 'The last dictator. C'est l'album qui m'a pris le + de temps à apprécier. Les cuivres font leurs entrées. Simon en fera également usage de façon + discrète sur son premier album solo. Mais nous n'en sommes pas encore là. Le couple Adams-Simon s'apprête à faire ses valises pour . C'est cependant l'album préféré de Simon. Sa période viennoise l'a marqué semble-t-il, tant au point de vue musical qu'au point de vue des paroles. Selon lui, les "Crime" se sont surpassés. Il faut admettre que la musique est plus complexe, l'accent est mis sur l'orchestration. On est loin du rock carré des débuts.

Sur le site de Mute, le label, Simon explique qu'il a été très marqué par l'œuvre de Gabriel Marquez et surtout "Cents ans de solitude", je précise, encore une œuvre sur l'exil, l'immigré, une personne à la recherche de ses racines.
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5e lp : "The adversary : live" : mute records, 1991. Cet album est assez curieux. Il commence merveilleusement bien par le morceau "Adversary" enregistré en studio "late 90" pour le film très moyen de l'incontournable Wim Wenders : "Until the end of the world". Inutile de dire que Wim Wenders a aussi demandé un morceau aux "Bad Seeds", décidément, ces deux groupes seront accolés de gré... ou de force! S'en suit 11 morceaux enregistrés live à Paris et New-York. Le son est excellent et l'atmosphère est très bonne. Il ne couvre pas la période de l"âge d'or" (les années 85-87) [à mes yeux du moins ], mais c'est néanmoins un excellent album qui permet de couvrir l'hiatus entre la fin de "Crime and the City Solution" et la carrière solo de Simon Bonney. N'oublie pas, internaute, que pratiquement chaque année, le groupe sortait un album, pour des musiciens qualifiés de glandeurs !, ce n'était pas mal, me semble-t-il ?!
CARRIERE SOLO DE SIMON BONNEY
1r lp de Simon Bonney 'Forever' : Mute records, 1992. Cf plus haut, Simon Bonney s'envole et largue vraiment les amares. Exit, Vienne, Londres, Berlin, notre couple préféré s'en va en Amérique. Et pas n'importe quelle Amérique, il s'agit de l'Amérique profonde. La pochette nous montre un Simon Bonney (beau comme un communiant, et en médaillon) sur fond de paysages forestiers. La musique s'est profondément adoucie. La voix est plus calme, les paroles ont des réminiscences d'albums anciens "Like Caesar needs a brutus" rappelle l'album "Paradise discotheque" et son morceau en quatre versions "the last dictator". Un grand changement donc, le couple ici est accompagné par des musiciens du groupe "Green on red"? dont J.D. Foster à la guitare électrique et acoustique qui signe aussi des arrangements très fouillés. A l'inverse, semble-t-il des compositions pour le "Crime", Simon commence a joué de la musique sur une guitare acoustique, puis laisse les mots venir. La musique est très chaleureuse, c'est du country nouvelle formule, le disque est excellent. Cela ressemble aux premiers Chris Isaak, autre grande pointure dans le genre, le côté popy en moins. Elle laisse deviner un homme qui a trouvé sa voie. Il fonde enfin un vrai couple, une vraie famille : Simon Bonney devient papa. Cet album semble sonner l'heure de l'apaisement. Malheureusement, le public ne suit pas. L'anonymat recouvre de plus en plus la carrière du chanteur. A ma connaissance, il n'y pas eu de tournées en Europe. Toute l'année 92, S.B. et sa femme ont sillonné les States pour la promotion de cet album. Le couple cherche à s'installer. Comme il l'explique dans son
interview de mai 2000, S.B. cherche à s'imposer aux USA, à fonder une famille et à s'établir financièrement.
2e lp de Simon Bonney : "Every Man" : Mute records, 1995. "Every Man" creuse le sillon du précédent album. Il évoque les grands du Country : "Johnny Cash" "Ride this train", la musique est un rien plus dure et surtout plus travaillée. L'accent est mis sur l'orchestration, le grand point fort de Simon Bonney solo. Je dois faire mon mea culpa car comme pour 'Paradise discotheque', il m'a fallu du temps pour l'apprécier à sa juste mesure. Preuve en est que la musique en générale et celle de Bonney en particulier demande de la patience, un effort à l'auditeur. S.B. solo n'est pas formaté pour la radio mainstream. Il n'est pas dit que les anciens fans de 'Crime and the city solution' vont apprécier ce changement musical si radical. Si S.B. perd des fans, il n'en gagne malheureusement pas d'autres.
'Everyman' est un album très important pour S.B. On le montre dans sa voiture entouré de sa famille. Il se fait à l'idée de vivre à L.A. Il y cherche ses marques et se demande s'il va continuer dans la musique où s'il est temps pour lui de changer d'horizon. On verra qu'il a fait un peu les deux... !

3e lp solo : 'eyes of blue' : mai 2000, S.B. m'apprend par e-mail le titre du nouvel album. Il a déjà trouvé un label pour la sortie fin de l'année de son nouvel album et cherche encore un label européen. Il a la gentillesse de me donner une copie de l'album en K7 qui comporte 8 morceaux dont le morceau qui donne le titre à l'album, divisé en trois parties. Processus dont S.B. a le secret. En résumé, 'Eyes of blue' est excellent. C'est dur à se prononcer car le son n'a pas le côté léché d'un vrai studio. Comme je ne sais toujours pas s'il s'agit d'une démo ou de la version définitive, je ne puis que constater la qualité musicale bien présente. L'album ravira ceux qui ont aimé le premier album 'Forever'. Il y a moins d'orchestration que dans 'Everyman'. La musique est plus acoustique, plus dépouillée. Pour apprendre ce qu'a fait le chanteur durant la période 1995-2000, se référer à son interview (dernière précision : l'album contiendra un nouveau morceau, S. B. compte ajouter du sax sur deux morceaux...) Il y aura un léger remix de l'ensemble mais rien de plus
2004 : S.B. n'a pas trouvé de deal pour son 3e album solo. Il est reparti avec sa famille en Australie, notamment pour reprendre des études : il se destine à la composition de musique de films, voire même, à la réalisation de courts et longs métrages. Depuis, plus de nouvelles..
CONCLUSION :
Ami, Simon Bonney (en solo ou non, mérite plus qu'une écoute distraite). Ses disques nous montrent un homme, un chanteur qui vit sa passion musicale et mène avec sa femme, une vie de couple de musiciens. Il se cherche toujours et déménage au besoin de l'Australie, à la ville de Londres, en passant par Berlin, Vienne, etc. villes où le groupe à vécu et joué, jusqu'au Nouveau Monde : le new world, le free world, l'AMERIQUE. Il nous montre aussi un homme qui semble avoir trouvé sa voie, qui se montre enfin apaisé, qui fonde sur une base solide, un foyer, une vraie famille. La musique des débuts est très belle, rebelle aussi. Elle peu se montrer effrayante, truffée de tensions que l'on sent à tous moments sous-jacentes, par la suite..., elle s'adoucit sans s'affadir. Enfin, elle s'étoffe aussi dans la dernière période du groupe, s'offrant à nos oreilles sous de judicieuses orchestrations. Elle s'adoucit encore d'un cran pendant la période solo de Simon Bonney.
Ne soyez pas effrayer pas le terme de "Country" que j'ai employé pour décrire les disques de sa carrière solo. Il s'agit d'une musique qui en a l'esprit, comme on parle de "l'âme blues" dans la musique de Nick Cave. "Forever", son premier album est un excellent album. Il est suivi par 'Everyman' qui montre un chanteur qui diversifie sa musique, avec l'aide de son nouveau compère J.D. Foster. Le 3e album tant attendu aurait dû être publié aux States et en Europe. S.B. n'ayant pas pu règler ses problèmes de labels, il abandonne sa carrière musicale.
J'espère humblement avoir suscité quelque peu votre curiosité via ce site et que derrière cette présentation, vous sentiriez que se cache une merveilleuse musique, des mots sublimes, qui touchent l'esprit et l'âme. A l'heure de Star Academy, des vidéos en rotation sur MTV, il existe encore de véritables artistes qui comptent sur vous pour que leurs oeuvres perdurent. It's up to you !