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Ces archives contiennent les textes suivants de l'année 2006
![]()
Les serments se font tremblants
car ils seront bientôt scellés.
Et tout tremblants,
en les susurrant,
nous les graverons
dans ce que nous avons
de plus chers, au sein même
de ce que nous pensons être,
dans le murmure d’évidence –
Car en cela, nous nous empreignons
de cet être dans l’assurance vaine
d’un serein silence -
Ainsi même les tourments
se mêlent
aux peines, quand dans nos ardeurs,
nous oublions les humbles vérités.
Celles qui méritent un dévoilement
dans des mots par le cœur
et la raison choisis -
Celles aussi que trop souvent,
nous déployons vivement sur vous,
car troublés nous sommes,
désemparés, vous êtes,
insensés, ils sont -
Ainsi aveugles en nos parts,
nous nous écouterons
aux longs des chants stridents
de l’aube monochrome (*)
Toutes voiles dehors,
elle parfume légèrement
les corps de marbre
et bientôt d’or –
et végétal et minéral
comme il sied
à ce qui ne peut être
et ne doit être cerner -
Quand enfin, car enfin
un jour, ces corps
s’offriront à nous -
16 décembre 2006
Je n'ai pas su retoucher le texte précédent. Celui-ci en est sa continuité !
Porte promise, promesse d'accueil
![]()
complètement zarbi. je ne sais pas par quoi l'illustrer :-/
Tremblant, on m’accueille,
paumes ouvertes,
flèches au cœur.
Je me dépêche
car longue est la nuit
et jamais ne cesse.
Intégral est le jour
et il est à vivre.
Comblé, il comblera
les cœurs joyeux,
les autres auront…
les paupières
tombantes.
Oubliant le douceur du cil
qui volète et protège
de la poussière et
du médiocre.
Oublieux en bien,
nous le sommes.
Et de la porte promise,
Et de la neige qui renferme l’hiver -
Le blanc couvrira l’incrédule,
mais en vos croyances,
je serai vos yeux, vos oreilles.
Je ne cillerai pas.
Je serai dans l’écoute.
J’en fais serment !
10 décembre 2006
Vérités promises
![]()
Subir la loi
ou la revivre.
Oublier la foi
ou la sauver des eaux.
Il y a des choix
qui sont imparables,
dans les mémoires
trempées de temps.
Plus je me remémore,
plus je m’aperçois
que j’ai oublié -
Les vérités
promises
se sont faites âpres,
et la prégnance du jour
encore plus insistante.
On se voudrait libre,
qu’on ne saurait.
Jouir de la fragrance
de la simple rose
et d’une froide paix -
10 décembre 2006
Evide-toi
![]()
De toi en substance,
je goûte de ton absence,
comme si de toi,
en latence,
je ne me sentirai
libéré de présence,
quand enfin
en un sain silence,
je ne te sentirai
plus en moi.
Auréolé d’espoir,
je goûte à une vie
meilleure
à l’âpre goût
de ce qui meure
pour mieux renaître.
Je me hâte dans l’oubli
en charge d’un lendemain
dont tant je me languis –
4 décembre 2006
En pleines obligations
![]()
Je ne suis pas pressé
de laisser venir
de celles qui sont en elles en obligation.
Trop occupé, que
je suis
par des fariboles
que j’aurais trop honte
ici ou ailleurs
à dévoiler.
Le trop plein de soi,
parfois, m’atteint
de plein fouet -
Obnubilé que je suis
par de malsaines heures,
je suis en peine,
en joie et en pleurs,
passé à côté
du mur d’enceinte,
celui qui ne contient
que vertus et couleurs.
Evide de toi,
je t’en conjure.
Oublie en toi
et laisse place
au devenir !
Rompt l’insensé
espoir !
Il est frappé du nom
de l’insensé
de l’impur !
4 décembre 2006
Un ange
![]()
Un ange le reste
tant qu’il étonne et se déploie
Mais que reste-t-il des
traînées
qu’il a, dans sa pleine jeunesse
et dans son sillage,
laissé s’échapper ?
Et de ses échappées,
de ses fugaces façons
qu’il avait d’exprimer
l’innommé,
que devons-nous faire
à présent ?
Las, vieux et
par trop tourmentés,
au point que nous avons mille maux
pour l’apercevoir
nous qui ne pouvions
aux instants si délicats
le quitter de nos yeux.
Faudra-t-il laisser cela
dans les livres glacés
par cette trop grande grâce,
alors qu’une infime part
en nous en réclame encore toujours plus ?
Qu’un cri non exprimé,
sorte de râle plein d’une étrange dignité
s’obstine à répondre
aux toujours mêmes appels.
2 décembre 2006
première phrase pas mal pompé aux paroles de "Je te rêve encore" de Kyo!!!
Dans le vent
![]()
On m’a dit, du moins, ceux
qui sont grands,
que le vent est chargé de paroles
et qu’il raconte des mystères
que seuls ceux qui écoutent vraiment
peuvent comprendre.
Mais moi qui suis jeune,
le vent se joue de moi
et cela me suffit bien.
Il tourbillonne autour de moi,
emporte mes cheveux comme
je l’ai déjà vu, quand les chevaux s’emballent.
Il traverse presque mon
corps,
mais alors, je mets mes mains bien en avant,
et je le sens juste, bien et doux,
passer à travers mes doigts comme le sable
quand nous sommes en mer.
Le vent est pour moi un
doux compagnon,
car il me parle rien qu’à moi quand il me cajole.
Ainsi, quand il fait un peu plus de bruits,
alors je lui dis tous mes secrets
et tous mes petits et grands secrets,
le vent les transporte à ceux que j’aime.
C’est pour ça que
le vent que je connais,
je l’apprécie quand il souffle pour faire le fier,
alors, j’ai beaucoup de chose à lui dire !
devait au départ être mis au départ en // avec une photo d'une amie, mais cette photo n'a pas été sélectionnée pour l'expo. Album enfance, cliquez photo dans le vent
23 novembre 2006
D'un jeune coeur
![]()
Je l’ai appris d’un jeune
cœur
que le ciel qui est au-dessus de nous
luit pour nous et rien que pour nous.
Du même cœur, j’ai également appris
que parfois il luit rien que pour moi,
que la rivière qui coule pour moi
est ainsi en moi et que la Terre,
pleine et entière et aussi vivante
que puisse être cet être,
s’étale sous mes seuls pieds
afin que du chemin, j’apprenne.
Du même jeune cœur,
je me suis vu signifier
que le ciel était bleu
pour que l’avenir ainsi
colore également mes peines.
Que le rouge était à bannir bien
que signifiante et vivifiante
est la vie et qu’aussi
telle est la sève
qu’elle en est coloriée.
J’ai aussi ourdi que les
feuilles tombent
dans un tel silence que seuls
les étourdis en entendent l’impact.
Comme les songes filandreux
qui peuplent nos vastes têtes,
nous seuls entendons leur doux vacarme.
Les pleurs des uns engendreront
les larmes des autres
selon que nos cœurs seront
d’aimables façons.
Le vert des végétaux
couvrira
tous ces secrets qu’aux seuls éveillés
seront offerts. Aux doux cœurs,
il sera pleinement donné,
aux âmes en peine,
aux âmes telles et emplies,
nous nous réserverons.
Ainsi fait !
12 novembre 2006
En grandes demandes
![]()
A l’ange que je n’ai jamais
rencontré
aux ailes déployées que je n’ai pas vues
aux corps ployés, aux courbes repensées
par moi et ma frêle mentale
redessinées.
Je te salue désespérante sensualité.
Que l’on s’y allonge, que
l’on s’y murmure
que l’on a encore un corps à dire,
à ouvrir, à s’entrouvrir.
Qu’une seule pensée,
dans son unicité
s’épanche et ainsi s’ose
et s’offre.
Des lambeaux de mémoires
à s’échanger, des paumes
en grandes demandes et
des âmes comme des dômes
dessus des graciles nefs,
indécouverts horizons
vous qui nous pousser à croître encore.
2 novembre 2006
Amener le silence
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Pourquoi devrais-je traverser
les forêts
si même les arbres si perdent ?
Je n’y amènerais que le silence
d’une vallée de paix
que je n’ai pas connue.
Je ne ferais que souiller
une incompréhension !
J’y amènerais les
300 lésions
qui m’ont trop sillonné le corps.
Et en cela, j’aspire à tort à parfois,
à l’oublier pour n’être plus
qu’une enveloppe charnelle
dont le contenu serait encore à trier
par plus grands esprits que moi
M’arroger des droits
alors que rien ne m’est dû !
Ni le sort qui m’enserre et
me guide, ni l’amour
de mes proches.
Ainsi si rompre le pain
avait un sens,
il serait insensé pour moi
d’y éprouver toute mon essence
alors qu’encore bien trop hagard.
Certains personnes sont
bien trop lentes
or la vie demande une vivacité,
or même, je suis dans la pesanteur,
dans l’impensé, dans la turbulence.
Je n’aurai plus qu’à chérir.
l’immensité de ces endroits
qui ne me renvoient qu’au néant
qui m’a vu naître.
Et même en cela…
à-t-on vu du néant création d’une être ?
Seuls la nature et celui dont on dit
qu’il a revêt un court moment
la chair des hommes
peuvent se targuer d’un tel miracle.
2 novembre 2006
Le glas des os
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Le cygne sillonne le glas
des eaux –
Que ne sonnent leurs doux ruissellements –
Et pourtant ici à
l’heure du scribe,
tout me glace, autant que l’eau fume
et que la boue et la terre s’en empreignent.
L’étendue que l’on
devine
plus que l’on ne voit,
se revêt d’un matinal manteau vaporeux.
Ce fut au détour d’un chemin
d’une promenade trop souvent différée
que l’on vit enfin le ruisselet
sur lequel on voulait s’attarder
La fine vie, elle, débouche
sur cette voie aquatique,
où l’on s’interroge,
ou rien ne nous parle.
où le vent s’immisce comme souvent
l’indésiré. On tremble et on pense à fuir
Titre : petit clin d'oeil à Michel Onfray. je pense surtout à l'Archipel des comètes:}
1 novembre 2006
Jonction du ciel et terre foulée
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Jonction du ciel et de la
terre
par mes pieds, je la sens
comme on se sent aimé
par ses proches, par un être
à peine abordé.
Incertitude qui n’a pas lieu d’être,
car si je suis étranger à tout
et en dedans, à tous,
j’incarne plus que je ne vis.
Le mystère n’est
pas le creuset enfin
où se complaît mon esprit.
Car je connais ainsi que ma voix,
toutes les voies et celle
de mon cheminement propre.
Et là, où le corps pèche
et jusqu’à ce qu’il veuille bien me mener,
je sais que là où j’irai et serai emmené,
toujours des cieux et des terres,
je trouverai.
Il est des indécences
que l’on
ne peut se permettre.
L’injure est grave que de douter
de la vie en somme
et dont de la plus belle eau,
il faut se laver pour mieux dissiper
les noires craintes, ainsi que l’on procède
quand on se dépouille de son nom
pour mieux renaître.
Mousse des eaux qui abreuvent
les verbes et les vastes vallées,
il est vain dans de tels paysages
de rire de l’existence,
comme est infantile l'échappatoire
d’y chercher au-delà des collines
et des chambres trop scellées,
sens et fraîches vérités.
La vie s’écoule comme
elle se doit
sans doute et comme une
des plus belles éternités.
De même que la plus belle de ces vérités
est que nous ne sommes
que cet être avec son propre devenir
et avons à l’être, voire
sommés de n’être
que de cet être
et nom de le parfaire.
Ce qui n’est pas de notre recours !
21octobre 2006
Dans la dilatation de l'être
![]()
Dans la dilatation de l’être
et dans son corollaire
d’un esprit infini,
j’y vois la possibilité
d’un champ de l’agir ;
j’y vois la nécessaire
étape d’une aventure,
fut-elle intérieure –
Quand j’étends mes
bras,
c’est tout mon corps que je sollicite,
comme une main tendue
indique à l’indigent
une parmi la multiplicité des possibles.
De par mes yeux,
je discerne, au-delà des brumes
tissées par notre mental
et de ses troubles engendrés,
une relation aux êtres
telle qu’elle laisse aux mêmes êtres
toute leur probité.
Ainsi du corps et de l’esprit,
de l’appui de l’un à l’autre et
de la fusion de ces deux niveaux,
je m’approche de ce qui en moi
me fonde en homme.
Et l’abondance des natures,
et les fragrances de tant de parfums
que sans malaises certains,
je ne pourrais ressentir –
Au-delà cet autre
monde olfactif,
je pressens encore
et me donne à penser
que tout n’a pas été vécu,
que toute l’enfance en moi
n’a pas été dissolue -
Et cela me fait avancer…
21 octobre 2006
Vie et fatigue
![]()
La fatigue s’enlise comme
s’enlisent les clairs mots.
J’aime la vie, et la grâce qui la soutient.
Et aussi les mystères qu’elle parsème tout autour de nous,
comme un collier sans prix
qui ne demande qu’à être recueilli
par un esprit au ciel ouvert –
Vision ici très claire
et très ferme
d’un cou duveteux,
d’un décolleté profond.
J’aime la vie quand elle
se décide
à se dérouler semblable à une fin
sans réelle finitude, si ce n’est la chute de l’homme.
Et je ne sais, ni de la
fatigue, ni de la grâce si vivante,
celle qui embrasera l’autre et englobera le
monde de l’autre et permettra au ciel
d’être enfin peint de mains de l’homme,
et aux mystères de conserver leur douce brillance.
Car là, à
ce moment précis où la pièce
m’enclose et que j’accepte pour ce bref moment,
va se refermer sur moi !
Et aussi… que mes paupières s’alourdiront
à force d’avoir vécu, non pas vainement,
ni sainement mais que l’éparpillement
de tous ces moments fébriles
se doivent de se recueillir.
Et je sens, quand cette
langueur en moi
se fait si persistante que je dois m’y apprêter.
Que c’est cela que je dois faire.
Là, maintenant, dès à présent.
14 octobre 2006
Le froid ne fait pas partie de mon monde !
Pure vision
de trois corps
comme une grâce
au travail,
corps légers
car enfin en état
de latence -
Corps efféminés,
sans passé,
ni limite
ni niée, ni même
assumée –
en pure attente…
Corps comme une rivière
en devenir
en qui coulerait
l’épée de l’esprit
au milieu d’un champ
d’une telle foi
que le blé qui s’y ferait faucher
ne serait ni de la main
ni de l’homme -
Mais coulante comme une
pensée
qui dans son humanité
s’accepterait ainsi,
le destin se cheminerait,
persistantes rumeurs
méchantes à fuir et
des promesses à poursuivre
au bout du souffle -
La vie est l’eau glaciale
aux abords des tous premiers
mondes, de ceux qui me font
penser à tous ces corps
non désirés –
6 octobre 2006
L'érudit et le petit homme
Fable....
Un vieil homme se vit pencher
sur un manuscrit aux lettres vacillantes.
Le livre baigné dans le voile lumineux
d’une bougie était sans prix et pourtant,
les lettres persistaient à danser sous ses yeux –
Cet érudit pleurant
une jeunesse oubliée,
des souvenirs encore hardis la veille
et devenus vaporeux au jour nouveau -
S’épanchant dessus
ce qu’il pensait
être la chaire même de toutes les sciences,
il ne vit point et comment l’aurait-il vu ?,
obnubilé qu’il était par ses lettres qui dansaient
une sarabande qu’il ne comprenait plus,
ce petit homme qui le regardait d’un air curieux –
Cet ancêtre, ce dos
ployé dans
ce faible cercle de lumière,
ces rides qui creusaient sans doute
les rivières du temps qu’il connaîtra un jour
et surtout cette relique qui n’en finissait pas de
l’attirer, si faiblement éclairé couvé par
des yeux. Quel tableau magnifique !
Cet homme qui fut fort sage
et qui s’en souvenait alors
tendit la relique au petit homme par curiosité,
troublé qu’un être si peu fait pour la sophia
en soit déjà si jeune si subjugué -
Subjugué, il le fut
plus encore car le jeune enfant
parcouru très concentré toutes les feuilles et choisit
une, la seule blanche, celle qui sépare la couverture des
textes aux grands mystères. Nullement timide,
il traça de son doigt légèrement souillé un trait
puis un autre
et le vieil homme pu ainsi voir en cet enclos si blanc,
si vierge de pensées dénaturées, qu’un infime signe
peut contenir le fruit de toute une vie-
Il put enfin fermer le livre.
Repu comme seul
on peut l’être d’un livre qui nous a rassasiés -
29 septembre 2006
L'ange ailé
![]()
En levant les yeux, je vis
un ange passé,
ailé comme seules ces sages l’ont étés,
brassant et bravant les airs lourds
qui nous pèsent et qui semblent
les soulever sans effort,
dans les couches éthérées
délimitées par un fin horizon,
comme si la vérité avait une légèreté
que peu d’esprits ne pourraient aborder !
Aux pieds des arbres lourds
des mêmes sagesses,
j’en attendis d’autres et d’autres qui ne viendront jamais.
Car c’est dans l’attente que réside la sagesse.
Il n’est point besoin de ces êtres ailés
pour entendre ce qui est à entendre dire.
Le bruissement des feuilles en dit plus
que des milliers de pages et
les livres ne remplaceront
jamais l’ivresse des senteurs
de la terre mouillée.
De celle que nous foulons
sans l’honorer, de celle
que nous foulons sans répit
et sans cesse !
29 septembre 2006
Larmes et vallées
![]()
Larmes qui dévalent,
vous n’aurez bientôt plus cours,
ni rides comme guides, ni maîtres,
ni mêmes sombres raisons.
Car telles seront nos incertaines
mais pleines décisions.
Le jour s’affolera et
tout en nous s’embrasera.
Nous serons en plein de
nous-mêmes et aussi
pleins et repus nous serons.
Lignes de fuites nous fuirons,
les regards hagards éviteront.
La fermeté d’une âme bien trempée
sera rincée à l’eau des bords de mer.
de celle qui nous a vu naître.
Dois-je vous le dire,
tout le matin, nous l’avons englouti.
C’est une pensée nouvelle qui
se forme, informelle d’abord décelée
puis quand chaire sera plus ferme,
sera en scellée.
Ainsi, l’avons décidé,
si jamais
nous pouvons vraiment en cette
étrange matière avoir voix aux
tous premiers chapitres.
Sombre paix mais doux amours !
10 septembre 2006
La nature
![]()
C’est par mes yeux fermés
que je me suis ainsi soumis
aux hostilités et à la bienséance
de la nature, heureux vivant,
oubliant les aurores boréales
et les lacs aux vapeurs tremblantes.
En attendant la résurgence
de brumeux souvenirs,
à la lumière d’un silence
entrecoupé de soupirs,
j’en oubliai de vivre
et par la même, me mit
dans la mésaventure
de survivre sans de rien
jouir -
Le corps est dans une
telle appétence
que la forme ne peut
loger pareille humanité.
Les sensations éprouvées
sans solennité se
dissipent bien vite,
quand elles n’ont pas été
pleinement vécues –
Et c’est ainsi sans doute
que nous nous perdons
en route, corps ensablés
oublieux de saveurs,
mémoires infidèles
et lueurs malicieuses
dans des yeux trop souvent
indifférents -
Les corps célestes,
le Soleil, la Lune,
le reflet de ceux-ci
sur nos terres
par nous foulées
sont des repères
trop instables
pour baliser
notre attention,
tracer une meilleure
voie, une pleine écoute –
Reste que l’attente est
longue,
et non écrite est l'homélie...
15 août-Spock27 - Brussels, Belgium
Eaux troubles
![]()
D’images en mots,
doute en emphase,
je m’y perds
et je me mens…
alors qu’un simple
silence aurait suffi
à laver la couleur
du temps.
Les yeux clos si prestement,
nous faisons le lit de ce naufrage
et ne trouvons qu’une mer
de mensonges en déroute,
comme si aux bruissements
de ces phrases et de ces souvenirs,
un soulagement fugace
soulagerait nos
âmes en peines.
C’est croire qu’à
l’eau claire,
nous lavons nos temples
et nous ne le pouvons !
C’est aussi s’abaisser
que de prétendre
que ces mêmes
âmes, pareilles
â ces eaux troubles
qui croupissent
en nos marais
sont les flammes
qui nous maintiennent
en vie.
C’est la volonté
qui empoisonne,
colore et empêche
le meilleur de clore…
13 août
-Spock27, Brussels, Belgium -
inspiré par Destillat de Das Ich
Certains parlent d'obscurité
![]()
Certains parlent
du père,
certains parlent du fils,
d’autres parlent d’obscurité.
Sombres sont les desseins
quand les être se mêlent
d’ombre -
Ainsi, les hommes tombent
comme de grands arbres,
le jour de tempête et
de grands vents.
Les allées sont dégagées,
seule la mer est sombre,
vicieux est le cercle
des pensées qui tournoient
et sans cesse sondent -
Si la pierre déchire
et la chaire demeure,
qu’en est-il du souffle
chaud de celui qui délivre
d’égale façon ?
Jours de pluie,
vous m’appartenez
vraiment et faites corps
en moi et en cela,
tout cela me dépasse ;
je me dois de vivre
comme coulent et
dévalent les torrents –
Ils me chantent car
tel est leur langage
et en eux, je puise force
vivace et goûte
en me penchant
leurs sinueux mystères –
11 août - spock27, Brussels, Belgium
Variante...
Certains parlent du père,
certains parlent du fils,
d’autres parlent d’obscurité.
Sombres sont les desseins
quand les être se mêlent
d’ombre -
Ainsi, les hommes tombent
comme de grands arbres,
le jour de tempête et
de grands vents.
Si les allées sont dégagées,
la mer reste sombre.
ainsi je vois… tant
vicieux est le cercle
des pensées qui tournoient
et sans cesse sondent -
ainsi je pense…
si la pierre déchire
et la chaire demeure,
qu’en est-il du souffle
chaud de celui qui délivre
d’égale façon ?
Jours de pluie,
vous m’appartenez
vraiment et faites corps
en moi et en cela,
tout cela me dépasse -
je me dois de vivre
comme coulent et
dévalent les torrents –
Ils me chantent car
puissant est leur langage
et en eux, je puise force
vivace et goûte
en me penchant
leurs sinueux mystères –
Noce de cèdre
![]()
Au fond de l’allée,
passée l’heure des fruits
et à l’heure des écailles,
se fêtent les noces de cèdre -
Le couple couronné
se remémore et
se recueille,
rassemblant
au sein de ces forêts
d’êtres millénaires,
des souvenirs
embrouillés -
30 juillet 2006
Des bribes de mers
![]()
Des bribes de mers
qui se contiennent
mais à peine
et qui roulent
et bavent et
se meurent
sur des rives
qui ne peuvent -
mais aussi
des reflets de couleurs
qui renoncent enfin,
qui s’enroulent et paisiblement
se fânent, un léger
parfum en souvenance -
29 juillet 2006
Couleur de rouille
![]()
Sur le sol, sur la terre
couleur de rouille,
couleurs de ronces
tremblent de simples
feuilles-
tandis que dans les orées
plus hardies, les broussailles
murmurent de longs soupirs
ovales et que dans l’air
se déploie le léger
parfum d’une histoire
qui à trop se déployer
vit ses derniers instants -
27 juillet 2006
image... Fabienne Cresens !
cliquez sur "derniers ajouts"
Ronde est le monde
![]()
Ronde est le monde
et les lignes de fuite
n’y manquent.
Ainsi, perplexes
parfois, nous ne
sommes jamais
perdus.
.
Ainsi
.
La beauté intrinsèque
du cercle est qu’il en elle
englobe, terre, mère
et tout ceux qui
veulent bien de son
pourtour
.
La beauté intrinsèque
du triangle est qu’il
symbolise et la mère,
et le père et la fille
et la promesse de toute
une vie
.
La beauté intrinsèque
du rectangle est qu’il
se revêt de blanc
et se laisse de noir strier
par ma plume.
Il contient ce que j’ai
de plus précieux
et que je vous offre.
Voyelles de murmures
consonnes de feux
et syllabes de souffle.
.
Je les désire
Et les écris.
.
La beauté intrinsèque
de la ligne est qu’elle
n’offre d’autre choix
que de la suivre
Elle s’enfonce dans le
désert qu’elle divise,
creuse la vallée
et lui permet
de s’abreuver.
Elle donne un sens
à cet univers
qu’elle pulvérise
de fulgurance !
.
sûre et droite !
22 juillet 2006, Spock27
L'orage
![]()
L’orage retentit dans la
vallée
et l’eau déborde des côtes.
Tout ruisselle de passions
et le sage dans sa couche
s’en retourne.
L’aube est une invite,
elle est précieuse,
comme les nuages
qui semblent déchirés,
comme la vie que nous
chérissons et qu’un
rien menace.
Les voix divines,
certains s’en croient pénétrés.
Le chemin, lui, ne se raconte,
il s’emprunte, humblement.
Ces mêmes, aux chants
atonaux
engouffrent l’air
et l’insufflent comme une
matière inerte.
Tout est pourtant
création ici-bas,
même cette journée
lasse et éperdue.
Le bois de la maison
craque, et de peur,
je puis témoigner.
Les heures obscures,
je ne veux les vivre.
J’attends ardemment
un autre jour,
un autre éclair,
un autre appel…
Il y a de la dignité
en cette terre.
Je suis patient.
16 juillet -Spock27, Brussels, Belgium
La promise
![]()
Elle a des cheveux d'or
que l'on a délicatement
brossés le matin de ce jour
hors des autres jours,
couronne d'or et de pétunias,
cheveux ceints en signe
de promesse.
De vives fois, je l'ai
entraperçue et de vive foi,
je l'ai regrettée, comme
j'ai regretté la pluie
d'or, mauve et
étincelante que causait
son bref sursaut vers moi,
moi, qui me croyais plus
discret et moins prompt
aux anaphores.
Elle a à présent
un secret
scellé dedans son cœur,
qu'un autre peut-être
délicatement descellera.
La jeunesse a ceci
de désolant qu'elle éblouit
tant que, n'ayant pas encore
les stries de l'histoire,
elle ne nous parle moins
qu'elle nous fait voir.
Je la voudrais presque
plus en âge, afin de savoir
ce que ses pensées dont
je devine les vapeurs
mais que je ne discerne,
soient de plus grandes
consistances.
Ainsi, pourrais-je,
si je l'osais l'aborder,
lui parler, lui faire
avance de ma cause
être enfin apaisé
ou dans les mêmes
tourments.
5 juillet - spock27, Bruxelles, Belgique
L'aube
![]()
L'aube est beauté,
en plein évidente
dans ce matin blafard.
Telle une écharde
dans la chair
qui ne veut oublier
l'humaine clairvoyante.
De tes pensées effilochées,
de tes fines flèches
qui trouaient la vie vacillante
de tranchantes vérités.
Je m'en protège en
somme,
n'en déplaise à certains
ornés de doutes,
de volutes de violence
et d'amères certitudes.
Ce matin contient
une grandeur qui
n'a rien de ces matinées
que l'aigre cloche
annonce.
Aux bords de ses palais
dont on devine la fine
découpe qui se devine ça et là
de cette brume en plein paume,
émerge une parcelle d'espérance
pleine, douce et savoureuse,
mousseuse comme seule
peut l'être la disparition
d'un seul être !
Et de cette écume,
je me contenterai.
Crie donc,
A Dieu ne plaise !
A gorge déployée,
Si telle est ta cause.
Seul compagnon
des saules,
tu sauras !
1 juillet 2006
De sève et de sang
Jour de sommeil,
jour plein, ombre de toi-même,
en écho à ce qui te sera,
d’impuissance, en pleine
puissance révélée,
en pleine vérité,
en pleine sève brute
vive et tendre,
béante en sera ta bouche,
de tant de vérités.
En flots, en ruisselets,
mais surtout en eau pure,
l’onde poétique te
parcourra l’échine.
Ta peau demandera
grâce, tandis que ton âme,
n’en sera jamais rassasié
Doux ami !,
je t’envie et le chemin
que tu as emprunté
et le courage
et les pourpres voix
que tu as puisés de ta plume.
Ami, très cher !,
si jamais, à l’orée
de tes recherches,
tes pas vacilleront
sache que je serai-là,
et en pensées, en chair
et en sang.
Ami !, même si ton
visage
n’est plus que vain souvenir,
je sais que tu l’as vu
et que de tes yeux vus
tu l’as entendu !
Va en paix, tu ne saurais
faillir !
1 juillet 2006, Spock27, Brussels, Belgium
L'espace enceint
![]()
Il faut vous l’avouer -
c’est une pièce
où invariablement
le blanc est blafard
et lugubre est le noir
.
Où l’on entre pénitent
et l’on en ressort
emplis de remords,
le cœur dévoré
de la pleine puissance
de nos sentiments
.
Car fraîche est la
bonne
route et nous la savons bonne
et à portée de la paume d’une
main tendue ou retenue.
Ainsi semblable et éternellement,
ce portail nous le franchirons.
car nous l’avons en nous, oui !
Elle se dévoile à nous,
en dehors et sous nos chausses,
tant semble insondables
nos humaines attentes
.
Rien ne vient entraver ici
la peine que vous éprouvez
en cet espace clos -
Car rien ici ne vit,
car rien non plus n’y meurt
.
Tout se confie,
et tous se confient,
s’y déversent et l’eau
et les clairs mensonges
et les crimes imparfaits
et tout ce qui fait de nous
les êtres qu’enfin
nous sommes
.
Au-dessus de nous,
comme les matinales
brumes dont on m’a parlé
dans ma petitesse,
quand j’étais encore
à ouïr les dires,
planent les vapeurs
des innocences.
Les murs se drapent
de mièvre et suave
candeur !
Foi et fariboles
s’y côtoyant
.
Alors peut-être
que notre venue
valait-elle,
au-delà de son
indicible nécessité,
la peine causée ?
.
Je ne me permettrais
pas de vous entretenir
plus avant de nos
lamentables espérances,
pauvres bougres
entravés que nous sommes
et que nous resterons,
bêtes de somme…
.
13/06/2006 - Spock27, Bxl, Belgium
La pimprenelle
![]()
Bulle en dilettante,
informelle en vérité.
Vous voyagez et essaimez.
C’est un rôle simple,
que simplement
vous remplissez.
Vous renfermez le
parfum de la pimprenelle,
celle dont ont dit
qu’elle a égayé
la chambre de tant
de reines, sans parler
des champs et des
abords de droites tours.
Je vous vois partout
Et quand les voyances
cessent, alors, partout,
subrepticement,
je vous devine.
Fleur sans aura,
mais point sans charme,
elle a ceint assurément
la tombe sur laquelle
Carol O’Connell s’est penchée.
Fleur des justes et des
simples qui
délivrerez toutes
les fortes vérités
à ceux qui s’ouvriront
à elles, aux détours
des sillons de la vie,
aux détours des mouvantes
pensées -
la pimprenelle sur la tombe est une allusion évidente au roman de Caroll O’Connell : verdict assassin, lol
http://pages.infinit.net/belber/annehtm/poterium.htm
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2266152823/qid=1150195559/sr=1-2/ref=sr_1_11_2/171-6236082-1751402
13/06/2006 - Spock27, Bxl, Belgium
Voleur de nuit
![]()
Voleur de jour,
voleur de nuit
vous humez l’air,
à l’horizon
de sombres pensées.
Tristesse est votre nom
piètre est votre gestuelle.
Vos yeux s’enflamment
mais nulle passion
ne les embrument.
On vous fuit,
on vous guette.
Parfois, on
vous chasse.
Vous n’avez de yeux
pour rien.
D’eau claire
vous ne vous êtes
jamais oint.
Votre vie
s’effiloche
et en cela
elle est très sage.
Passez loin,
et même
au large.
Bravez les côtes
et les embruns.
Nous, nous sommes
fatigués de vous.
10 juin 2006 - Spock27, Bxl, Belgium
L'étang se dévoile
![]()
Moment magique
quand l'étang
à notre approche
se dévoile enfin,
ample manteau
dont on ne devinera
jamais les coutures.
Le vents frais
strie légèrement
la surface comme
seule la gracile fillette
pourrait le faire
en la troublant
de sa petite main.
Aux bords, seuls
pleurent les saules.
Nous sommes là
de cœurs sereins
et loin des lasses
forêts ou des
froides routes.
Si l'espoir existe
dessous cette
voûte bleutée
de sombre,
il me semble
que c'est ici
qu'il faudrait
en lire l'origine,
voire les prémisses
10 juin 2006 -Spock27, Bxl, Belgium - Pour Iota
La nuit, le jour
![]()
Il n’est pas étonnant
que le jour révèle
les choses les plus belles
et que la nuit embellissent
aux plus incrédules
leurs secrètes noblesses.
Et cela est mystère
et ce mystère nous enfouit
tous – Tant ébahis pour certains,
que les mots manquent
en cela que, sans mot,
l’asphyxie par manque
de sens en guettent plus d’un.
Mais s’il y a plus grand
mystère encore…
c’est l’effacement quotidien
du jour et la lente progression
de la nuit.
Quand les feux ardents
de la journée s’estompent
pour mieux briller encore
pour un jour beau et
à venir, s’estompent doucement
dans l’obscurité progressive
et rassurante de la nuit.
Aux tourments du jour,
succèdent une plénitude
qui est propre à ses
poches d’obscurité
où se nichent dans la peine
les âmes inquiètes,
comme si l’absence
de repères renforçait
l’acuité de leurs propres
quêtes ainsi révélées.
Et ce mystère se
renouvelle
et se renouvellera tant et tant
et tant et plus…
qu’il y a lieu d’honorer
ces deux faces de notre petit monde
goûtant l’appétence que suscite l’un
et l’alcôve de quiétude de l’autre -
06/06/2006 - Spock27, Bxl, Belgium
La nuit est si belle
![]()
La nuit est si belle,
bordée de la légère robe
de ce noir inchoisi,
que ce soir
il suffirait d’un soupir
pour en briser
l’harmonie qui
en scelle et son nœud
et sa virginale
opacité -
Opulente
de silence,
elle frémit
de la présence
des hommes
qui broient
les herbes
et hument les fleurs
sans en nommer
leur cœur !
Si la grâce un jour
m’embrasera,
comme il est dit
dans le Livre
et dans les lettres
que je répands
tant et plus -
si cette plénitude
un jour m’accomplira…
pourrais-je alors
goûter de la fraîcheur
d’un feuillage mouillé
de la matinale rosée ?
Pourrais-je ressentir
la verticale force
de l’arbre qui troue
le monde de sa
verticale force ?
Faisons de rêves
de mousses,
des songes pleins
de la rousseur
des champs.
Il est temps de tout
embrasser vieil homme !
Il est temps de vider
les trésors enfouis
et qui tant encombrent -
La jeunesse est aux portes.
Aussi, la beauté
sans appel,
charmante et oppressante,
qui fait déborder les vases,
se complaît dans
ce vaste et nouveau monde
et en épellera bientôt,
je te l'assure,
son alphabet !
24 mai 2006 - Spock27, Bxl, Belgium
Car vaste est le monde
![]()
Car vaste est le monde
et bénédiction persistante,
je m’incline et tête
tendre et douce me repose.
En lui m’enfuit,
en elle me dilate
en de filandreux
sentiments,
que je devine
plus que je ne
pourrais
articuler –
Le cœur est gros
d’avoir tant à dire.
Et cette présence
m’emplit au-delà
de toute luminescence,
de tout claire conscience.
Cette sublimation de l’instant
est comme le fin fil
d’un temps que l’on croyait
perdu et que l’innocence
pleine d’une absence
qui nous ravit encore,
nous réconcilie
avec l’enfant
en nous délaissé !
19 mai 2006, Spock27, Bxl, Belgium
Lac et eau noire
![]()
C’est toi qui fais miroiter
les visages à la surface
des eaux mortes
et de ces mêmes eaux
se refuses ?
Chavirer encore ?
Temps suspendu
dans l’attente…
Se fondre dans un autre
amour
peut-être ? Décharné, plus nu,
plus vrai, plus noble,
plus chaud.
Comme plongé dans un lac
à la profondeur
incertaine -
Aux contours de lumières
de ces noirs miroirs,
une seule et unique
lueur fugitive restera,
le corps lui se dissolvera.
Qu’en restera-t-il alors
des murmures des amoureux
que les eaux calmes
recueillaient?
Seront-ils emprisonnés
à jamais par ces dolents
replis liquoreux ?
Faudrait-il encore y croire
ou penser qu’à l’aquatique,
d’autres mondes seraient
bien plus aimables
pour y déposer,
ce que nous avons
de plus tendres et
de plus délicats ?
Le bruit apaisant
des ressacs que
produisent ces
minuscules ondées
constituent un appel
auquel on ne peut
résister -
Je m'y enfouirai encore -
17 mai - Spock27, Bxl, Belgium
Source et rivière
![]()
Dans ma bouche en coton,
l’eau coule à flots,
ainsi que les mots,
que les pensées
qui en soi se dépassent.
L’eau coule aussi vite
qu’une vaine vie
défile –
S’encastre en nous
une rivière à qui
nous demandons trop.
Suis-je plus près,
y suis-je vraiment ?
Les traces fraîches
s’estompent,
et la fraîcheur
d’une vérité
auquelle s’abreuver,
sans que la source
en soit altérée
me semble soudain
piètre consolation.
Juste un juste jugement.
Aussi solide que le grain
rugueux du bois -
Se laver des aspérités
du doute.
12 mai, Spock27, Bxl, Belgium
La route
![]()
Je suis sur la route,
celle qu’on enfreint,
celle que l’on coupe.
Bordé de biens,
des côtes et d’histoires
en dentelles,
de celles qu’on tresse,
de celles que l’on cisèle,
sans oublier les préférées
que l’on se plaît
à taire.
Se repaître
du soleil qui verdoie
et fouler une terre
qui rougeoie.
Si la langue est rêche,
si la tête tournoie,
c’est que l’homme
ne fait qu’un tout.
Il n’y a qu’à avancer.
Et lui-même parlait
ainsi !
12 mai 2006 - spock27, Bxl, Belgium
Discordance
![]()
Comme ce ciel
irréel et abandonné.
Seuls, dansants
dans ce vallon
innomé.
Nous frappons
aux portes
des rancunes
fraîchement écloses.
Comment se départir
?
Comment se lover
dans l'arrêt,
dans la bulle,
dans l'être
inspiré ?
Si elle est sans nom,
cette voix me fait chavirer -
Je n'entends qu'elle,
m'y noie, m'y broie
Qu'on en finisse,
désolante ronde -
11 mai 2006 - spock27, Bxl, Belgium
Les seuls et justes mots
![]()
Comme un appel,
comme une défaite,
la vue, la vie,
la vision
enflamment.
Les brûlures
resteront
les justes mots
Les seuls qui nous resteront -
11 mai 2006 - spock27, Bxl, Belgium
Auréolée d'amertume
![]()
Tu te sens désolée,
comme auréolée
d’amertume.
Comme parfumée de
cette mélancolie
si douce, si tendre,
qui te va si bien.
L’incomplétude
est préexistante
à toute naissance.
Il faudra s’en
convaincre
et se le redire.
La vie est préexistante
a toutes les perceptions,
à tous les sentiments.
Nous avons tout
simplement à prendre
garde à nos paroles.
J’ajouterais même…
ces vagues à l’âme
m’étouffent et
m’écœurent.
Quand la mousse
de fraîche
devient spongieuse,
quand le marbre
perd de sa noblesse
et gagne en froideur,
il faudra baisser
les armes.
Il y a des humilités
qui sied aux uns –
et d’autres,
qui parlent
de blancs
silences –
en écoutant de-railed - 16 HP,
17 avril, Spock27, Bxl, Belgium
Ce que je vois
![]()
Ce que je vois
autour de moi,
autour et malgré des peines
qui ne se donnent plus à voir,
refusant de se de farder
de plus pâles couleurs -
Ce que je vois, oui !
sillonnant les rues,
ressemblant des maigres
forces dans un coin sombre
de porche...
ce sont les inconsolés de vie,
meurtrissures à jamais,
que la fleur n'enivre plus,
que le parfum si pauvrement
émeut, que le voyage
difficilement ennivre -
Que reste-t-il aux cœurs
déchirés et qui avec bien
des langueurs s'émoustillent
de leurs langueurs, de leurs
bouillonnement ?
C'est que ceux-ci se
sont emplis de sentiments
qui les déchirent
et leur font
office de vie.
Remplissant tous les blancs
et tous ces cœurs évidés,
il ne reste de vacuités
pour rien, ni pour le rayon
stellaire, le rayon fin des
lunes, ni pour la fine
découpe d'un vase joliment
décoré -
Le chemin est bordé
de jonquilles
et de jacinthes. Les murs se fendillent
et humblement de leur vieillesse,
de leurs amples souvenirs se laissent à
voir - fasse que la rugosité de la pierre,
la senteur a nulle part pareille
recueillent à nouveaux ces âmes
en peine - le soleil luit et ne
demande rien en retour.
Qu'il est beau dans ses dons
sans discernement.
fissures du désir,
manques inexpugnables –
10 avril 2006
en réponse à la Comtesse et à son texte "les rescapés
des grandes peines"
Spock27, Bxl, Belgium
Faire face au quotidien
![]()
Ma conscience est tardive
et irréels sont mes horizons.
Le bonheur que je pensais
d’un éternel apaisant
se colore des matins
trop quotidiens
qui par leur répétition
infinie m’engourdissent
au lever de chacun
des jours.
Passé de l’illuminé
de la feuille d’or
au flou troublant
du verre martelé,
j’attends encore
naïf, que se déposent
au sol les dés
que le ciel
ainsi jette
nonchalamment -
Anxieux ou bien
enfin lucide,
j’attends encore
que ses ombres
se dissipent.
Le sort en est jeté
dit-on –
Je vérifierai d’une
incertaine sérénité
ce que du destin
me sera révélé.
Mais ne précipitons point,
en rien dans l’attente
ne se passe –
ne précipitons pas non plus
ce que, las, je pourrais
craindre encore -
Spock27, Bxl,
Belgium - 4 avril 2006
Inspiré par un texte d'Apocryphe -
journal only friends; je vous mets quand même l'URL...
http://apocryphe.livejournal.com/
Le geste esseulé
![]()
Le geste esseulé,
frappe moins par sa fluidité
que pas sa fugacité.
Fruits d’un long travail,
il interrompt la ronde du temps
en la contractant en un point précis,
hors de la coupole humaine,
et de la compréhension
déductive.
Quand l’homme se lève
et se déploie,
il fait comme l’arbre
et l’animal qui ne se pensent,
il joint le ciel et la terre.
L’homme-danseur danse
pour tous les autres,
ceux qui oubliant
sont oubliés.
Chargé des forces
d’une terre dont on ne sait rien,
et de la voûte céleste
que l’on traverse
mais que jamais l’on ne
conçoit.
Le geste esseulé
frappe par sa vacuité.
Il ne se voit pas
mais se ressent.
S’en empreindre
demande d’être fort
et seul.
J’en ai vu qui par
la suite chancelle,
s’arrête de vivre
ayant accomplit le tout.
J’en ai vu qui
inlassablement
se dévident
de toutes leurs arabesques
dans une transe vaine.
Car ce geste ne se vit qu’une
fois.
Il emplit comme il désemplit.
Comme le vase offre son eau
pure aux fleurs coupées,
ce geste ne garde sa pleine
sève que pas son impensé.
23 février 2006 – Spock27, Bxl, Belgium
le sel de la mer
![]()
J’ai oublié, hé
oui !
et le sel de la mer
et le sel de tes lèvres
marées ivres,
de cette pleines goulées,
me suis lassé
C’est tout nu
mésange et
hirondelle
qu’en toi,
hésitant,
je me scelle.
Pour tes yeux
et pour le rien
qui emplit
le tout et de bien
et de sens
et qui enfin
les décille.
Tu t’en es allée,
travées hautes
et tantôt basses,
de poils soyeux
en côtes saillantes.
Tu nous laisses
pour être enfin
en paix avec
les tiens -
trop longtemps
docile captive
en mes pareilles
pensées -
28 janvier 2006 – Spock27, Bxl, Belgium
Rivières sombres
Aux heures
sombres,
je m’égare et en son sein,
je m’éloigne
J’y ai vécu
le temps
d’une vie et de sa vie
me suis vautré,
le cœur remplie d’une
pleine force, qui s’efforce
en vain de ne plus être -
Comment
nommer
assurément les choses ?
quand évanescence,
ainsi me nomme,
me demandant,
qui, de ceux et celles,
le savoir embrase encore…
Que la paix
soit avec ceux
qui s’abreuvent aux sources
de silence ! -
Paix, je leur souhaite
et les envie…
d’une dévorante façon -
Le soleil
n’envoûte plus,
et rien n’occulte plus
les sombres rêveries,
dolentes amies en laquelles
je me pâmais.
Doux, sont
leurs sourires,
mais faux leurs détours,
malsaines volutes,
qui proposent
plus qui ne cachent,
torturent, tant ample
est leur offre.
Le verre
est à portée de main
et l’oubli a cette même couleur
ambrée de ceux qui ne doutent plus
mais comparent leurs vérités -
ne sachant plus qui les hantent
ni aux détours d’une route,
ceux qui les attendent -
Réjouissons-nous,
la compassion
n’est qu’une lente tristesse –
Dessous la feuille, point de réconfort,
aucun repos dans cette attente.
Il n’y a
pas à chercher
mais à être, juste là -
8 janvier 2006 – Spock27, Bxl, Belgium
En lisant Virgile
![]()
Pleine ordonnance
des siècles
et jetant ton regard bien au-delà,
humblement, je te demande…
puises-tu en pareille alcôve
ou est-ce de la cordamane
qu’ainsi, si élevé,
si gorgé de l’assyrienne,
ton chant s’est épanoui ?
Car si le mensonge
a parfois couleur de safran,
l’agneau, jamais
tu ne donneras en pâture
et sereine et ferme âme,
tu conduiras du pas
le plus sûr, les chèvres
lourdes de lait –
en lisant
la quatrième bucolique de Virgile
1er janvier 2006 – Spock27, Bxl, Belgium
Abandonnés à tous les vents
![]()
Vaste et tel est son répertoire
dans lequel, insouciant, il puise
et nous, ravivés, fermons les yeux.
Il est de ceux qui favorisent
et qui jamais ne refusent.
Celui qui de blanc vêtu
ne craint ni l’antique
ni l’intemporel.
Car de tout son cœur,
il est empli et
ne craint ce qui subjugue,
ce qui fourvoie.
Le drap de crainte,
ne fera jamais son manteau
d’hiver, tant son jeu est sûr,
fait de languides discours
et voluptueuses promesses.
Si son corps est du passé,
son verbe n’a pas encore
joui du jour.
Qu’il faille que je vous
le dise,
vous serez foudroyés
comme jamais vous le fûtes
en l’entendant, empreints de
son écoute –
Peu importe qu’il soit de
fin souffle,
de langue lumineuse ou de pleine sonorité,
sur ce, je ne m’étendrai…
Il a aussi la peau douce,
lavée de l’eau coupée de
fraîches feuilles de l’oxalide.
Le corps bordé d’une soyeuse
mousse, que l’on voit souvent
dans les ormaies ou
plus proches encore,
aux pieds des peupliers.
A l’heure dite de l’eau
saine,
à l’heure du jaillissement
du cristallin liquide,
l’alouette chante et
pleure la frêle tourterelle
Pourtant, autour des fontaines,
tout n’est qu’amour
et pleins de tous nos sens
embaumés de l’odeur
de cette blanche saison,
nous aurons amplement
de quoi vivre.
Serons bien vêtus.
de la belle simplicité.
Vent de tourments !
Tu ne seras plus jamais l’aube,
ni à l’orée d’aucune naissance,
nous n’avons plus qu’à te taire
et toi, à désespérer -
1 janvier 2006 -
spock27, Bxl, Belgium