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Ces archives contiennent les textes suivants de l'année 2005
Le vent dévoie
![]()
L’intranquille
esprit (*)
se délaye et puis s’oublie -
les souvenirs qui s’y proposaient
sont à présents de faibles lueurs,
de pâles figures éparses,
de graciles simulacres.
Ces fugaces
créatures
ne seront bientôt plus
que ce que l’on en rêve -
de vraie substance,
il n’y a plus,
de consistance,
moins encore.
Le fin tracé
de la plume
en soulignera le goût
et l’infantile apparence-
Il faudra bientôt peut-être,
barrer d’un trait rageur
les pensées qui en sont
les tous premiers fondements -
Par la suite,
si suite il y a…,
il nous faudra affronter
cette fureur.
D’urgence,
en comprendre,
le sens et sa vénale origine
car trop
docile est la déraison
et bien trop futile l’abandon.
Il nous
reste à vivre…
Hé oui !, contre, envers
et malgré tout -
21 décembre
2005
(*) expression « empruntée » à l’auteur Fernando Pessoa
!
Spock27 - Bxl, Belgium
Le vent dévoie
![]()
La reine
est pâle
et le roi frémit,
dehors le vent dévoie,
le pouvoir vacille.
Le tapis
rouge
qui mène au trône
est couleur de sang
et les courtisans
insatiables -
Ce sont
ces éternels
insatisfaits qui toujours
se jaugent - et cherchent
dans des cœurs plus tendres
une incertaine noblesse
qui en eux déjà s'étiole -
Quand le
puissant
s'étourdit et se complaît
de son propre trouble,
le petit peuple dehors,
lui, se meurt.
Le corbeau
croasse
quelques creuses
vérités -
La nuit se fait de plus
en plus rare…
Un monde se meurt,
un autre renaît.
15 décembre 2005
Souvenirs d'enfance
![]()
Souvenirs
et appels,
enfance enclose
dans de pieux souvenirs.
Est-ce ainsi
vivre…
Une si frêle souvenance,
une mémoire étoilée
par une méchante tourmente ?
Poursuivi
par une brume
qui n’a rien de lacunaire,
je me débats avec une vie
parcellaire et d’une
tendre hésitation.
Là
où je voudrais un pas assuré,
je ne trouve que porte dérobée.
Et là où un visage
connu m’attendrirait,
un trop plein de lassitude
m’attarde encore.
Ce que j’aurais
pu penser
avec plus grande acuité,
un nuage aux mille volutes
l’obscurcit, comme
une suggestive fragrance
ou la soie moirée du coeur.
Se pourrait-il,
que je ne puisse vivre
dans cette amplitude
auquelle, tu le sais,
j’aspire encore ?
17 novembre 2005
Aux confins de l'horizon
Si l’homme
est né sans fin,
il n’a que lui pour mesure
et l’imprononcer,
c’est dans la crainte,
le nommer pour toujours -
Si l’opale, courrouce certain
et en ravit d’autres,
c’est qu’en elle,
toutes les ruisselantes
lumières semblent captives -
Et s’il est bon que la rose,
les audacieux, égratigne,
ainsi ceux qui se croient d’or
incrustés, ne luisent bien souvent
que d’étain ou d’un bien piètre
métal -
Enfin… osons ceci…
L’inexpugnable,
c’est la corolle
qui se déploie.
L’inexpliqué,
c’est le monde minéral
que rien n’entrouve.
Si dans ce rien,
je ne puis que me découvrir
et si dans l’immensité,
je ne suis sûr que de ma perte,
c’est que toujours l’horizon
hésitant confine ma peine
et qu’au confins de celui-ci,
je n’ai rien appris d’autre.
4 octobre 2005
43 ans :p
come quando una grossa nebbia spira
A Dante...
Mets du nard
et de la myrrhe
au bord de ta robe,
choisis la blanche,
choisis la belle.
Mets également
une fine coulée de cette
liquoreuse framboise
de dessous la langue
pour qu’elle reste
déliée et sage
car au voulu absolu, tu ne consens
jamais le mal et jamais ne te refuses
à l’ondoiement de la sainte rivière
au sein profond de la source d’où
tout jaillit et d’où dérive tout le vrai,
ainsi en cette étrange position,
tu pourras rendre grâces aux grâces
que l’on t’aura accordé
et mettre en paix les uns et
les autres qu’un même désir
semble inonder au point d’unir...
à Dante et à son si beau paradis !
29 septembre 2005
Pleine sonorité...
Pleine sonorité
de ce matin qui s’en vient
et révèle et la terre et le ciel qui en tout
recouvre.
En toi seul, il n’y a pas de mal,
ni d’ombre, ni de pluies
ni le givre qui précède
les vents qui glacent _
En vaines causes,
en nécessaires
conséquences,
tu penses et seul, lui,
juge _
Ni dans l’usage,
ni dans la pensée,
ni dans cette étendue,
pas de trace dans ce tapis
de cendres, ni de lui,
ni d'un ailleurs possible _
On ne peut demander
à celui qui ne sait -
ni à celui qui ne sait
ce qui l’habite -
A celui-là, on lui offre
la voie précieuse
d’une juste parole,
d’une plein maîtrise _
Lui ne croit en rien,
il ne croit que le jour,
que la matinée
qui s’annonce,
qui éclaire ce qui
doit l’être _
Les beaux atours
n’ont que la matérialité
qu’on leur prête !
A la pleine écoute
de cette étendue
de vie, là- ci-devant,
il ne nous reste…
qu’à la vivre.
24 septembre 2005
Elle est... (variante)
Elle est aussi
belle que l’ombre d’un Dieu
dont la peau de nacre n’aurait jamais connu
le chaud murmure du soleil -
Ses pensées mêmes n’ont jamais obscurci
la même lunaire lumière – ni connu
le souffle suave du vent qui lui gonfle
les flancs à présent –
Celui-même qui assèchera
vos lèvres et vos larmes –
rides d’un jour,
émotions épurées !
Blanche silhouette,
aux pieds d’un banc de lichens.
On n’ose, oui, on ne l’ose,
Ni d’un geste, ni d’un délicat
regard -
On l’a dit de sombre naissance
mais lavée d’une rare innocence.
Ces yeux d’une intense sérénité,
envoûtent plus qu'ils ne révèlent -
L’accepter dedans votre antre,
c’est accepter la douceur d’une
soumission du cœur -
Devant pareil visage,
nous sommes, si preuve
est faite que là nous étions,
bien au-delà des mots –
drapés de l’incertain -
Il se peut que la vie,
en songe ainsi paraisse,
mais si le songe a le velouté
d’une telle douceur -
que le neuvième ciel
me damne, en cette vie,
et de ce frais abandon,
je m’y enclos -
Pour Saskia...
16 septembre...
Elle est...
Elle est aussi
belle que l’ombre d’un Dieu
et sa peau de nacre n’a jamais connu
le chaud murmure du soleil -
Ses pensées mêmes
n’ont jamais obscurci
la lumière de lune -
De sombre naissance
mais lavé d’innocence,
yeux d’une rare sérénité,
qui envoûtent plus
qu'ils ne révèlent -
L’accepter dedans votre antre,
c’est accepter la douceur d’une
soumission du cœur -
L’éloquence n’a que faire
devant pareil visage
car quand on est au-delà
des mots - nous sommes
dans le drapé
de l’incertain -
Il se peut que la vie ainsi paraisse un songe,
mais si le songe a le velouté de cette douceur
que le neuvième ciel me damne,
toute une vie, je m’y abandonne –
14 septembre 2005
Empreint de mystère
Le crissement
des souliers
d’enfants dans la neige.
Le bruissement si particulier
et sa vacillante démarche.
Je l’encapsule en ma tête.
Et fait de ce doux moment,
tendre comme un drap blanc,
une fête-
La tête vide, emplie d’une
journée qui s’annonce
mais que rien ne dévoile
encore-
Plissé comme une étendue,
couleur d’orange-
Lueur paresseuse
et lisse sur un matin
qui promet-
La plaine de ma fenêtre,
de celle qui mène au lac,
est à nouveau empreint
de mystères.
Les souvenirs surgissent,
le sommeil doucement
se dissipe.
Tout est possible.
20 août 2005
L'hiver et les sens
Tous les mêmes
matins,
j’aimais
et tous les hivers,
en ce froid cocon,
en mon même corps,
me déployais.
Il faut du temps
à cette mentale machine
pour se ressourcer
aux peuples des sentiments.
La fulgurance des sens et
leur fragile dévoilement.
La grâce retrouvée
et à nouveau perdue.
La futilité de la paille,
la sinuosité du vent
Là, où est la cause,
bruisse assurément
la source.
C’est à ce jaillissement fut-il fugitif,
Que la vie dans ses meilleurs moments
nous convie.
Quand le mordant du froid
en nous se distille,
nos cœurs de tendresse,
se désemplissent.
Il y a des moments
au sceau de l’or
où enfin nous apprenons.
S’emplir de rien,
se désemplir de tout.
Regarder l’autre.
A ciel ouvert,
regarder l’autre
enfin-
19 août 2005
Tranchant de pierre
Le tranchant
des pierres,
la concision de la plume.
L’un se pare de la lucidité
comme forme d’attrait,
l’autre, épelle les mots
comme l’apprennant,
les fines lettres.
La nature minérale des gestes,
l’empreintes douce amère
des pensées.
Tout cela forme un tout.
Et en ce tout,
je me partage.
Dans l’ombre et
dans la fugitive lumière,
seul le danseur peut régner.
Si, seuls, nous aurions pu arrêter
le feu du ciel, le saut de l’artiste
qui ainsi s’élance,
s’appellerait infinité !
19 août 2005
Grâce
Grâce persistante
que je n’ai pas su reconnaître –
Aveugle à son art-
Aveugle à ses chaires –
A ses rondeurs de pierre,
son cœur d’éperdue.
Ne me l’aurait-on dit,
que je me serais agenouillé !
Mais l’heure est passée,
elle est foulée du pied.
Parterre clairsemé,
ainsi fanée.
Humant l’air,
Je persiste à la percer,
à la nominaliser.
22 juillet 2005
L'orée et la vraie source (variante)
![]()
La nuit n’est
pas sans charme,
elle est même précieuse.
Cherchant simplement
à pouvoir y goûter pleinement
- d’une goulée d’air,
j’y aspire, être tout en soi.
L’orée, elle, qui en est
la vraie source ne se déforce
pas et il n’y a pas dans ses pages –
que l'amplitude d'un autre temps -
qu'une malsaine exacerbation
des sens pour pleinement
y pénétrer.
D’ici-là, je n’aurai que cette voûte stellaire,
pour y déposer mon étrange imaginaire.
Saurais-je un jour si le chemin
tracé était le bon? – ou serais-je ainsi
destinés à cheminer sans l’attrait
d’un dessein d’une saine droiture ? –
Flamboyance des paysages que l’on
ne saurait embraser et de ces personnes
dont l’étreinte est par trop désirée.
De vagues en vaguelettes, nous irons -
prêchant un récit de vie de pleine maîtrise,
mais dénué de l’aura de celui qui sait vraiment.
Le vent fouette nos visages, parfois
il me met les yeux en larmes.
Son prénom m’émeut bien
plus profondément
que je ne voudrais.
22 juillet 2005
L'orée et la vraie source
![]()
La nuit n’est
pas sans charme,
même seul, je suis à même
d’y pleinement gouté.
L’orée, elle, qui en est
la vrai source
n’est pas sans mystère
et toutes ses pages,
jamais le temps
n’aurais-je pour les tourner-
Gourds sont ainsi les doigts
qu’il nous faudrait une exacerbation
des sens pour pleinement s’en pénétrer.
Et, de sons, de sang et pleins de ce sens,
nous en sommes censément dépourvus.
D’ici-là, je n’aurais que cette voûte stellaire,
pour y déposer mon étrange imaginaire.
D’ici-là, je me ferais pardonner
ou tenterais-je de le faire...
par une amour filiale, sans faille,
sans saillie et de la douceur
de ses joues, de ses babillements
innocents-
Saurions-nous un jour si le chemin
tracé était le bon? – ou serions ainsi
destinés à cheminer sans l’attrait
d’un dessein d’une saine droiture –
Ainsi, il est de ses paysages que l’on
ne saurait embrasé et de ces personnes
dont l’entreinte est par trop désirée.
Nous allons de vagues en vaguellettes,
prêchant un récit de vie de pleine maîtrise,
mais dénué de l’aura de celui qui sait vraiment.
Nous sommes à la fois pleutres et fiers –
tourmentés et vains dans nos peurs –
avouant les plus naïves de nos fautes,
taisant les plus inavouables.
Le vent fouette nos visages, parfois
il me met les yeux en larmes.
Son prénom m’émeut bien
plus profondément
que je ne voudrais.
Mon âme est emplie d’elle
et sa petitesse ne rend pas grâce
de sa vraie grandeur.
Ainsi il en va de tous les pères,
s’avouant tout bas, qu’ils ne méritent
cet amour dont en rien ils ne sont dignes.
21 juillet 2005
Et souffle le vent
Le vent souffle
dans toutes les directions.
Il n’a pas de pays, pas de frontières.
Je le sais, ne l’écoutant que trop.
Sa langue est de métal
et pourtant ses caresses
me manquent-
Qui s’y frotte,
se minéralise,
redevient roche,
puis grain de sable
S'il existe une histoire
des hommes - le vent devait
en composer le souffle liminaire.
Seul à perpétuer récits et légendes,
enclos dans un espace intemporel,
seul à éffleurer la rouille et la rose.
Quand l’homme est dévêtu !
Ainsi seulement, il sentira
la morsure, début de vie,
éveil à d’autres lois.
Le vent est comme le marbre,
digne et sobre, car ainsi
Il en a décidé.
La noblesse n’a que faire
de la fortune -
Ces choses ne sont pas
du recours de l’homme.
16 juillet
Les brillances
Les brillances,
il faut les nettoyer avec plaisir,
avec l’espoir d’y retrouver le lustre des terres bleues
et des lunes sanguines.
Le fond des âmes de ces territoires
est sans cesse affiné,
et le cerclage de toutes pensées,
est à garder au fond de soi,
comme on garde dans la paume,
les scories d’un mystère.
Les discours ont ceci de silencieux
qu’ils n’ont rien à dire, ni à proposer.
Les auditions s’y font dans le recueillement-
et les auditeurs n’y sont point toujours là.
Celui qui voudrait délivrer un message,
devrait d’abord avaler la Lune-
Lève tes yeux, brave homme,
et écarte la branche, qui obscurcit le Soleil
Couvre ta langue de pétales et ta tête d’une corolle.
Nous te préparons un lit de lichens.
Nous sommes si fatigués, notre écoute émoussée.
Comme cette roseraie est belle
et belle est la roseraie !
15 juillet 2005
Le désert
![]()
Le soir, comme tous les soirs,
le désert se déshabille-
Se nettoie de toutes les traces,
de tous ces hommes
de tous ces animaux
tolérés-
Le soleil colore cette masse blonde,
mais l’intérieur n’a pas tout dit-
Le cœur y est absolu,
il s’est tant empli-
Si l’eau venait à venir,
elle n’emplirait rien,
s’évaporerait bien vite-
Tout se désagrège ici !
La vérité est de cette sécheresse,
elle a le goût du blanc de l’os,
l’apprêté de la carcasse desséchée.
Les hommes bleus le savent.
Ils le traversent,
mais ne laissent pas de traces-
Pas de livres, pas de larmes,
à peine quelques rires-
C’est un lieu éperdu,
où la vie s’est dévidée de sens- !
où le rond soleil se meurt
quand enfin, l’horizon le dévore- !
11 juillet 2005
J'ai mis le feu à cette prière
![]()
j'ai mis le
feu à cette prière,
le cœur en ébullition.
transcrivant des psalmodies
avec des petits bouts de cendres.
quand tout fut prêt,
je me suis senti enfouir.
plus minérale que la pierre,
plus stellaire que la goutte d'eau.
plus amère que la terre même,
plus ronde que la lune en haut.
quand les plaintes sont tues,
il ne reste plus qu'à trier les soupirs.
le corps, le cœur et même l'esprit,
fusionnent dans une vasque vide.
le mode temps bascule,
les éternels sont dilatés.
tout part en pétales,
et tout doucement s'éteint.
26 juin 2005
Pour Ombre de Lune
Le ciel
![]()
Le ciel contemple
la nuit,
comme un puits béant
où tous les rêves éthérés
se retrouvent.
Dilatés, épurés,
parfois même, réalisés-
nous les retrouvons
sous la forme veloutée
de nuages filandreux.
Eternels voyageurs,
surplombant le chaume
de nos toits-
Ils volent parfois indolents,
parfois boursouflés
par une ardeur insoupçonnée.
Je crois-moi
que ces formes gazeuses,
sont les pensées de l’homme
que la nuit dissolve
en d’autres lieux.
Ainsi, nos rêves,
nos divagations,
nos pleurs et nos rires
sont ainsi dispersés
aux confins du monde.
25 juin 2005
La pierre se souvient
![]()
La pierre se
souvient,
comme une ultime caresse,
du manteau de poussière
ainsi déposé-
La pierre point ne parle,
mais prête ses flancs,
en rondes, en stries et
en éclaboussures,
aux cris que j'y vois
partiellement enfouis-
J'en resterai aux quelques
scories, qu'à force de gratter,
j'ai pu, dans ma paume,
doucement déposer-
Des lamelles de soi,
des petits bouts d'autres,
s'y entremêlent-
joignant ainsi la ronde-
Invincible et pourtant
poreuse, minérale pierre,
tu enclos tant de choses-
Je te briserai un jour,
comme on brise le soir.
Je découvrirai enfin,
sous l’enceinte lunaire,
la réponse à l’heure
des vespérales-
18 juin 2005
L’horizon est de porcelaine,
![]()
L’horizon est
de porcelaine,
et la légèreté est de mise.
Nous avons mis nos états d’âme,
au fond du terroir natal,
et poursuivons
notre quête vaine,
car justement sans prix.
Le mousse crisse sous nos pas,
et les fougères fouettent
au passage.
L’air s’emplit de notre présence-
nous sommes miraculeusement
tolérés aujourd’hui.
Ces parterres si sombres
sont enfin parsemés
de ces fleurs diaphanes
à la carnation si délicate.
Si, ici-bas, existait un cercle de vie,
j’élirais ce coin de forêt
dans l’ombre de ces arbres robustes.
11 juin 2005
Le feu de la patience
![]()
La patience
est un long feu
qu’impatiemment j’alimente !
Il m’arrive d’aspirer
à plus de langueur-
Et je bouts d’y arriver.
A l’intérieur,
au tréfonds de moi,
des sentiments se font armes-
Les doutes se font repères,
les croisées, plus rares encore.
Sous les chemins
les pèlerins cheminent.
Je me mélange à eux,
infini des obtus-
Dans la marche,
peu à peu,
nous nous enlisons.
C’est à l’ultime instant
de l’extrême fatigue,
quand enfin tout bascule…,
que nous nous découvrons !
11 juin 2005
Le petit cours d'eau
![]()
j'ai gardé
un petit bout de vie
et je l'ai trempé au bord de l'océan.
je me suis fait petite,
car l'océan semblait si amène.
quand je suis devenu grande,
l'océan est devenu mer
et de mer est devenue rivière.
c'est à ce moment
que j'ai compté les années,
que je me suis sentie vieillir.
je me suis penchée,
vu mon visage dans l'eau vive
du ruisseau,
mon dernier souvenir
fut ce petit cours d'eau.
5 juin 2005
Se mettre à rêver
![]()
Je me suis
mis à rêver
en terre, en ruisseau,
et même en verre.
Mon lit s’est mis à tanguer,
les eaux vives
m’ont imprégnée
de leur peau lisse.
N’ayant plus de remparts,
je me mis à l’écart,
là, où les bords
sont à même d’effleurer.
De cette fatigue,
je suis lasse.
De la mousse
des marées,
je suis repue.
5 juin 2005
Souffle de vie
![]()
A l'idée de
souffle de vie,
je préfère l'idée du souffle du vent.
Celle de la brise qui caresse,
ou celle plus rude,
glaciale car hivernale,
qui mordille et tourmente.
Tous les éléments sont là,
comme à portée de main-
souffle d'air chaud,
épaissit par la chaleur ainsi
transportée,
dureté parfois,
comme parsemé de paillettes
par le froid ainsi
véhiculée
C'est lui également,
qui parsème à son gré
et grâce à un hasard amusé
tout un panel de parfums-
Grâce à ce transport aérien,
un jardin nous émerveille,
une serre nous fait vaciller,
une forêt nous enivre.
Et pourtant, nous parlons-là
d'un élément impalpable.
Que la vie est douce,
quand les éléments
qui la constituent
sont immuables-
alain, 19 mai 2005
La gestuelle
![]()
La gestuelle
emprisonne parce qu'elle est trop belle,
Que dis-je, elle emprisonne parce que trop personnelle,
L’amoureuse reconnaît son amant dès
l'ouverture de la porte, dès le porche dépassé.
La silhouette de l’être proche,
se reconnaît sans peine.
c'est lui, c'est celui-là.
Le geste n'a pas à être fin,
ni à être juste.
Ce geste, il est à lui,
il est confiné à elle.
Les bouches qui s'avancent
et devancent le breuvage,
ces mains qui s'étendent
que l'on refuse parfois,
que l'on désire toujours
constituent toute une histoire charnelle,
que l'on ne peut décrire
et que pourtant,
l'on s'acharne
à inscrire-
à se remémorer-
19 mai 2005
Le geste
![]()
Créer sa propre
gestuelle,
c’est créer durant un indicible moment,
son propre espace-
Un véritable appel au vide
qui ne fait sens qu’à soi.
Se mouvoir, tendre la paume,
en guise d’offrande,
ou la tourner vers l’ocre terre,
comme une forme de refus,
c’est créer une mouvance
qui jamais ne se répétera !
Seule l’amante devine au loin
la démarche de son amoureux
et le son de ses pas,
dans le corridor
le porche à peine dépassé.
Toutes les gestuelles des hommes
sont belles car elles leur sont propres-
Le geste en soi n’est pas la beauté,
elle la révèle en sa simple humanité-
17 mai 2005
Je tisse
![]()
Je tisse des
robes qui ne connaîtront pas le temps,
n’étant ni d’étoffes, ni de ce que file
la femme auprès de laquelle je soupire.
J’ai souri au temps,
j’ai souri au vent.
J’ai accepté ce destin,
que l’on sculpte pour d’autres,
mais que l’on dessinera en moi.
L’âge n’a rien à y faire,
car le temps n’existe plus.
Quand un temple est bâti
sur une pierre,
il reste peu de place
pour se recueillir.
Il faut retenir alors
toutes ses larmes
et tous ses mots.
Sortir du fourreau
l’épée de l’ivresse,
et pourfendre le tout
de cette balbutiante vérité.
16 mai 2005 -
L'étang
![]()
Aux clairières
parsemées de marguerites,
succèdent un peu plus loin
des buissons plus fournis.
A certains endroits, nous ne passerons plus.
Au bout de ce chemin, à peine tracée,
nous débouchons sur un petit étang.
L’eau est d’un gris vert,
Propre aux étangs où
soufflent un vent léger.
On dirait un tapis
végétal d’une finesse extrême.
Cet endroit est maintes fois visité,
et c’est un miracle que les abords
restent propres, que les bancs
permettant une petite halte
ne soient pas souillés.
Cet étang reste figé à tout jamais
en mon souvenir.
Ce drapé vert qui nappait
toute cette surface aquatique
était tout simplement stupéfiant.
De temps en temps, un canard
y traçait un sillon, mais
il semblait que cette surface si lisse,
reprenait de suite ses droits.
Et le sillage de ce volatile habitué
des lieux semblait comblé
en quelques minutes.
La vie devrait ressembler à cet étang.
Nous sentons parfois étrangers
devant de tels endroits.
Nous devons détruire le sol,
pour y parvenir.
Nous n’avons pas la légèreté
des hôtes naturels
qui y vivent et s’y nourrissent.
Nous devrions être plus légers,
plus silencieux,
plus respectueux-
S’emplir les yeux
de ce petit joyaux dû
aux forces de la nature,
n’est pas chose aisée.
A présent, le vent se fait nettement
plus insistant,
nous allons bientôt rentrer.
La surface placide
semble à présent également se troubler
comme le cours de nos pensées-
parfois douces, parfois tourmentées.
L’étang a sa propre vie,
il vit en harmonie
avec les hôtes qu’il logent
et les éléments naturels
qui dessinent sa forme
et ride ou apaise
sa surface.
Je m’y suis plu.
Je reviendrai.
4 mai 2005
La nuit emplit le ciel
![]()
La nuit emplit
le ciel d’étoiles,
pour éclairer nos raisons
et adoucir quelque peu nos songes
Le matin, l’ondée
rafraîchit les lacs
et les étangs
qui, sous cette soudaine fraîcheur,
effacent leurs rides nocturnes.
Ainsi, comme un miracle
quotidiennement renouvelé,
toutes les surfaces liquides
présentent un visage charmant
et d’une lisse sérénité
aux premiers promeneurs.
C’est à ceux-là mêmes
qui sont capables
d’une observation
fine et
désintéressée,
que la nature,
jour et nuit se livre
et se délivre.
2 mai 2005
Le doigt d'or
![]()
Le doigt d’or
contourne les sinuosité de nos songes
et nous prépare ainsi
au plongeon permanent
que tout honnête homme
partage quand
il clôt enfin
ses paupières.
La pureté aveuglante
des images disparates
ainsi formées
en a tourmentés plus d’un-
Et on se souvient encore
de cauchemars bien
plus chimériques
que nos conditions actuelles.
C’est que cette sorte d’oubli
ne se fait pas sans certaines
précautions-
Et si les Dieux et les demi-hommes
n’aiment guère se vêtir
d'habits oniriques,
c’est qu’ils ont fort à faire
sur un territoire que,
peut-être,
nous ne foulons
pas avec l’humilité
et le respect
requis.
La nuit, toutes les vérités
sont comme dévêtues,
nous devons nos âmes
et nos corps,
les mettre à nus !
Il est des territoires
qui sont à mériter.
28 avril 2005
Les vieux amoureux
![]()
Les vieux amoureux
sont comme les viels ors,
que l’on lustre par de gestes doux,
par des regards brefs
mais d’une rare complicité.
Quand on les aperçoit de loin,
l’on pense à ces anneaux
qui symboliquement
enlacent les partenaires-
On pense aux doigts
pareillement du même
métal ornés.
Leurs sentiments
sont tissés d’une autre étoffe,
qui aurait l’épaisseur du passé,
l’épaisseur de toute une vie.
Au feu de la passion,
succède le manteau de tendresse.
Les gestes sont plus brefs
et plus lents,
mais plus emplis également,
d’une signifiance
qui leurs sont propres.
Les regards sont plus rares
mais plus lourds d’intensité,
et les appels qui traversent
les corps
échappent à toutes les règles-
Les ardeurs premières font
place à un espace
qui est à chaque fois
à reconstruire.
Les vieux amoureux sont
Comme des fragiles cathédrales,
elles sont quotidiennement à reconstruir
28 avril 2005
Ni guide, ni baume
![]()
Ni guide, ni
baume,
éperdus, sommes,
tout simplement.
Pas même de sillions dévorants
à tracer, juste
le doux repos
et la douçâtre attente.
Un certain devenir
qui puisse rassasier- !
L’incomplétude est le
lot de tous.
Obole que l’on ne peut partager,
mains jointes que rien
ne délivre.
Il faut vivre pleinement cela…
L’incertain, la tête qui vacille,
Et le corps qu’on espérait charpente-
La patience est le trésor des justes,
l’espoir, celui des fols.
Immense est le désert
et telle est notre condition.
Si la solitude pouvait s’épeler,
elle emplirait des églises.
Les cris, un luxe
que l’on ne peut se permettre.
Le doute est prometteur,
il est la seule voie !
23 avril 2005
Les pas sont de cendres
![]()
Les pas sont
de cendres
sur ces routes fraîchement poudrées.
Les porches sont lavées de frais,
et le soleil bien que timide
aux premières heures,
réchauffe déjà le blé
nouvellement fauché
La grande vie se met en place
au rythme immuable et lent
des saisons.
Les sillons sont comme une invite,
les bas-côtés prônent
modération et repos.
Nous ne pouvons que gravement avancer
Il règne ici une qualité d’air
que peut-être, nous ne retrouverons
plus- qu’il est doux
de côtoyer ainsi son prochain !
Les senteurs enivrent,
la fatigue fait tournoyer
légèrement la tête.
La simplicité d’une fontaine
abreuve tous nos besoins.
Au loin, je distingue le clocher.
Le but n’est rien,
il faut penser chaque pas,
chaque pas, ne se pensant en rien.
Vivre le moment corporel
d’une marche dans un corps
enfin en paix.
21 avril 2005
Enclos, éclos, toujours cheminons!
![]()
Enclos, éclos,
Cheminons,
dessous l’écorce,
peut-être…
J’avance, hé oui ! et à grands pas…
le geste lent, le geste las,
mais je m’efforce encore
à l’écoute.
Corps à corps,
corps encore.
Enseveli et tout à la fois…
bien là-
Et je vous parle.
Ce n’est pas la première fois,
ni la dernière,
Qui sait quel trésor
révèlera l’entière voyelle ?
Le dialogue s’estompe,
les paroles s’envolent,
la brise légère
n’est plus qu’un souvenir au loin.
En toi, je demeure.
10 avril 2005
Ciel pesant
Ciel pesant,
temps de transhumance.
Je repose doucement ma tête-
Le vent souffle
et en ce rien,
je respire.
Ici-bas-
je n'ai rien demandé…
ni au vent qui souffle pour tous,
ni aux fleurs qui poussent et
se fanent
dans ces sentiers qui mènent
et qui s’égarent.
Là-bas, épars, parmi la foule,
certains vous traversent
et vous ignorent,
d’autres s’adonnent
et se donnent
à pleines poignées-
Le ravin, la montagne…
et le vert même des prés
s’abandonnent-
il n’y aura bientôt plus de silence
à remplir.
Puisant aux sources mères,
lointain et loin des hommes,
les incertains réclament l’eau,
et le ciel, et le bleu dont
il est fait.
Enivrés d’y voir tant-
Mais le juste
aux mêmes eaux,
clôture sa pensée,
et offre ainsi béance,
l’immatériel s’appréhendant
enfin-
Vous pourriez
Vous pourriez,
et si seulement
pour un jour, une heure,
et si tendrement-
Juste le temps,
le temps d’un instant,
goûtez
le doux moment-
29 mars 2005
La vie s'offre plus qu'elle ne se prend
La
vie s’offre plus qu’elle ne se prend,
j’en prends témoins, frères et père.
L’eau se donne et ainsi s’étend,
j’en prends témoins, sœurs et mère.
Et pourtant de votre absence,
je n’ai jamais pu me désaltérer.
Et certaines absences
sur des peaux,
de les tracer.
En creux et comme sur parchemins-
sans direction, ni même destin.
Certains sentiers mènent
et d’autres égarent.
Comme une flamme,
qui trop vacille,
nous tremblons,
nous vivons.
Mais le fils est là,
comme un lac figé.
Et comme une source qui coule,
a son propre langage,
luisant, lucide
et d’une telle force.
Quand bien même,
je m’écoulerais,
d’une pareille vaillance-
Famille, vous n’avez pas de nom.
Vous n'avez rien demandé
Vous
n’avez rien demandé,
ni au vent qui souffle pour tous,
ni aux fleurs qui poussent et
se fanent
dans les sentiers qui mènent
et qui s’égarent.
Fol, sourd et sot,
je vous ai tout donné,
à pleines poignées-
le ravin, la montagne,
et le vert des prés.
Demande-t-on à l’eau,
de quelle eau, elle s’écoule ?,
demande-t-on au ciel
de moins peser ?
Sœurs, frères,
témoins de vie,
Vous avez vu clair,
et clairement, vous m’avez nommer.
Ainsi je m’abandonne à
certaines vérités
et préséance du cœur,
j’en appellerai-
29 mars 2005
Autrement
Du vent et
des étoiles,
c’est ce que nous réclamons,
au-delà des têtes,
des visages éclairés,
au-delà des corps.
Quand les zébrures du ciel
se font pressantes,
le sol, en manque,
tardivement, lui répond.
Secrètes alcôve en nous,
nous nous palpons,
au prix de l’innocence
et de l’humilité.
Mains plaintes,
au besoin, déchirées !
Stigmates trop voyants,
je ne décide,
ni ne fait.
Appel malgré tout,
à une sainte clairvoyance,
aux doutes, aux doux murmures.
J’envie une vie
plus silencieuse,
des échos plus moelleux
qu’un rire.
J’envie une demeure
Emplie de chaleur-
J’aspire
à une enceinte
cloison.
Murs blanchis-
abris déchaînés,
le recueillement se fait rare,
les oublis plus récurrents.
28 mars 2005
Du vent aux étoiles
Du vent et
des étoiles,
c’est ce que nous réclamons,
Lacérons, mais ne touchons à rien.
Sol en manque,
besoins déchirés.
Aux innocents,
les mains plaintes.
Viole,
au loin Sahara.
Le son porte loin,
d’ici à l’étrange.
il n’y a qu’un pas…
que je ne franchirai-
Soleil levant,
doucement habille-
Soleil couchant,
sur ma couche,
déshabille.
Tout à l’être,
et de non-dits-
le vent s’emmène.
Tout extrême
devrait-il être-
énoncé ?
28 mars 2005
Enfin, s'endort !
![]()
Aux bords des
falaises graciles,
s’envolent de pleutres pensées.
Qu’elles y aillent- !
Qu’elles y aillent !
La nuit s’éteint,
le jour tarde,
paupières lourdes
sommeil enfin.
Adieu conscience,
bienvenue torpeur-
On ne sait jamais
ce que l’on rate,
quand enfin
s’endort.
Mais toujours elles,
elles toujours seront là-
C’est apaisant-
Une infinité de fées s’effilochent
comme une chaire caressée
qui frémit.
Je tarde à les nommer,
ayant tant de vœux à exaucer.
Certaines brillent,
et d’autres s’embrasent-
Échappant ainsi aux mots
toujours lents,
bien trop lents.
On parle de certains astres…
que l’on dit morts- !
Ainsi comment nommer les êtres
qui n’ont jamais connu l’éveil ?
27 mars
Mon chemin est tel que je ne le vois
![]()
Mon chemin est tel que je
ne le vois,
ma route, ma peine,
ma plaine, sont si vastes,
qu’elles débordent d’humaines frontières.
Ni de mes yeux, ni de mes mots,
ni dans ma peau, ni même dans ma chaire,
je ne saurais décrire,
la béance qui se crée,
quand, entre en moi,
cette forme de vie.
La vie suspend son vol,
ma mie, éloignée de moi,
langueur d'une telle envergure.
Je suis tes pas,
dans ce tapis blafard,
la neige-même est en manque.
Pure projection.
Je sais-
Je me tais.
J’y imprime des pas
que personne n’annote.
Simplement, je vais-
L’instant, cet instant
est empli de moi,
est empli de tout-
20 avril 2005
Tout part en vrille !
La conscience est blessure
car pure béance.
Que dit notre esprit,
lui, partit en vrille ?
L’écho des arbres
m’en apprend plus
que les livres ouverts
aux yeux mi-clos.
Pur or,
courbes et pur été,
des corps infinis,
des images qui s’amoncellent.
Désir insoumis-
Destin à ce point épuré
en une ligne tragique,
et si fine,
et si gracile.
Je les attrape aux vols,
où dans mes souvenirs,
vacillants mais bien là.
Aux frontons des portes,
Certains se courbent.
Aux frontons des portes,
certaines se lisent.
La vérité
s’engloberait-elle ?
J’ouvre les yeux,
je les écartèle.
Il est dur
de marcher
dans ses pas !
13 février 2005
Pétale?
La Chose est de l’esprit
car elle est indéfinissable.
Au-dessus de nous plane la loi-
Au-dessus d’autres planent des cieux-
Avez-vous entendu ce cri ?
Laissons la vie aux castrats,
nous sommes, nous,
des êtres lents.
S’appesantir dans le pas,
s’enfoncer dans cette mousse végétale,
s’entendre vivre,
vivre intérieurement l’espace.
L’esprit lui-même est impensable,
enfin, véritable frontière !
Qui suis-je pour utiliser
les mots d’autres...
Couler, oui, couler,
ai-je souvent envie.
De l’eau pour chavirer-
de l’air pour m’emplir.
Et un rien de vie
dans mes sens.
Allez, et en avant !,
je vous supplie
Dans cette lente insurrection,
dans ce corps éclaté,
il en existe de vastes restes…
13 mars 2005
La dame en dentelles
![]()
Notre
vie n’est que dentelles,
elle n’est que d’ombres.
Il nous faut tisser fermement
pour que dans la trame
se distingue enfin fil fin destin.
En se coupant la paume,
on colorie ainsi furieusement la vie,
fuyez, fuyants funestes pantins,
ramenez à l’ordre,
les indécis, les peureux,
ceux qui n’ont d’âme…
ni de chaires noyées de songes.
Ainsi, est-ce ça la vie ?
Un simple voile,
sans soleil meurtrier,
ni tourments qui filent et qui s’effilochent,
puis se logent en tous esprits ?
J’entends pourtant des rires…
et des mouvements d’épaules insouciants…
J’en vois qui sourdent et qui tonnent,
j’en vois même… qui brillent
comme des astres brûlants
Cet hiver me laisse las.
J’ânonne et je me perds.
Demain, la nuit accouchera du jour,
Et ma vie aura une autre couleur.
C’est un cycle d’or,
je le porterai au doigt.
12
février 2005
En lisant Raphaël Denys
Il est des fleurs
qui sourdent de la lumière
qu'elles irradient de leur cœur même,
caché par un pudique voile de pétales.
Il est des corps qui jonchent
les terres abandonnées.
Peut-être quelques corps encore...
aurores de quelques vies...
Peut-on vraiment s'abandonner
au point que la pensé se détache,
comme la queue d'une comète
en rotation? puis s'effiloche.
Occultation pure,
déni salutaire...
Les senteurs des primevères
enivrent mes sens innervés.
D'où me vient ce doux sourire?
A ce point, je ne suis plus vraiment avec vous.
11 mars 2005
Un petit bout de clochette !...
Les courants dérivent
tels les sentiments mal arrimés.
Les terres meubles importent peu
quand aucune foi ne s’y enracine !
Nos bras brisent les flots et
brassent les vents.
Mais que récoltons-nous ?
Fi des valeurs,
fi des mots dissipés…
Je l’avoue,
je fermais les yeux
quand devant le porche
Vous passiez
Et je les fermerai
si d’avenir
Vous reveniez.
C’est d’amour propre
que je vous ai aimé
Il n’est d’amour
que celui qui forme
le cercle où tout
semble s’oublier.
Famélique silhouette,
piètre repère.
Je n’aurai pu apprendre,
mon cœur est déjà repu,
je le devine trop.
Un monstre y gronde.
Plaines à perte de vue,
orées de fleurs sauvages,
de voir et de cendres,
de tant et de tout, j’appréhende.
Et de toi, aussi…
9 mars 2005
Fleurs
Si le feu contient tout,
de ces cendres à ses braises,
je voudrais vraiment être de ce feu-là.
Si les sens sont enflammés,
si les sentiments dilatent le cœur,
si l’air est trop pur
qu’une pleine montagne
ne pourrait le contenir,
alors, alors seulement,
j’incendierai l’air volatile.
De dérives en repères,
je disparaîtrai en suivant
le plein courant des étoiles.
Advienne que pourra.
27 février 2005
Blanc linceul
![]()
C’est l’un et linceul,
au blanc sauvage,
que survit une coulée
d’amour.
Du saint amour
qui ne serait
s’il ne t’aimait
Qui parlerait
s’il n’y avait point là
grand mystère.
Les doux mots
qu’il faut trisser
doucement.
Des vents qui apaisent,
d’autres qui frissonnent.
Oui. Nous sommes là.
En notre entier.
Le jour s’étend.
D’un autre nom
nous le nommons.
Mais naissance et génèse,
ne nous seront jamais révélé.
18 février 2005
Dans l'attente
![]()
En laissant mon cœur en attente,
me laissant bercer par cet
air douceâtre et plein de langueurs,
ma tête se vide,
laissant là, épars,
rancœurs et douceurs.
L’air embaume
ce parfum entêtant
des daturas noirs.
Laissant m’emporter,
le vent décidant,
amis conquis
évanouis,
passé évidé,
je ne serais plus…
empli de moi.
8 février 2005
Plénitude
![]()
Plénitude de l’eau.
Instant serein.
Métaphores légèrement lourdes
Il flotte autour de ses marais
des brumes que je n’espérais plus.
8 février 2005
Jour de grands vents
![]()
7 février 2005
Tout vient de l'homme
![]()
Je ne suis que le lac.
Je ne suis que l’ombre.
Je ne suis que l’arbre.
Je ne vis pour rien et
en moi, rien ne vit.
Tout vient de l’homme.
Il fut un temps où humble, vous étiez,
Humant les faibles senteurs
des fleurs d’eau de Touraine,
le vent striant ma limpide surface,
qu’à la fin du jour,
l’on devine
Sous le saule,
au-delà des terres de bruyère,
rien à cueillir en somme.
Puis vous vîntes ?
et malgré vos larmes,
et malgré vos yeux mi-clos,
à jamais, je vous haïrai.
Tout vient de l’homme,
Aujourd’hui, chancelle
Demain, ruisselant.
Il fut un temps où je n’écoutais
que le soleil et la fureur
et les flammes de ses démons.
Et vous vîntes
et je vous ai écouté.
Plaintes lugubres,
soirées de brumes.
Jamais rassasié,
c’est en moi
que vous vous êtes délivré !
Tout vient de l’homme,
Aujourd’hui, ruisselle,
Demain, ne sera plus.
Alain, retravaillé le 22 janvier 2005?
Si heureux, si plein de vie...
![]()
Vous avez foulé les
fleurs d’églantiers qui parsemaient
le prieuré.
Plus loin encore,
œil nonchalant au Dieu
Mercure, dont on n’a trouvé
que l’antique stature,
vous avancez en terre de bruyère,
point de regard pour ce vous foulez.
C’est pourtant dans son ombre
bienveillante,
que nous nous sommes aimés
des heures durant.
Nos corps ployant,
oublieux de tout.
Je vous aimais
et vous aime encore
et le souvenir de nos anciennes rondes
me pèsent encore.
Mais ce n’est pas vers moi
que vous vous en allez
car vide est à présent mon antre
emplie d’une jeunesse
amèrement dissipée.
Vous en aviez oublié votre âme
tremblant, mais à peine,
passant dessous le dôme
et la sainte croix
Vous avancez mais vous fuyez encore,
car nul n’a le choix
et rien en vous, ne prédispose.
Il fut un temps où humilité,
vous emplissait
Mais à présent,
à tant renchérir,
vous n’êtes plus que las.
Au creux de votre paume,
se meurt un cyclamen à grandes fleurs.
Encore quelques pas,
et tout sera fané.
22 janvier 2005
Maïa, la fille d'Atlas
![]()
Vous avez foulé les
fleurs d’églantiers qui parsemaient
le prieuré,
Et plus loin encore,
ne jetant qu’un œil nonchalant au Dieu
Mercure, dont on n’a trouvé
que l’antique stature
à l’ombre de laquelle
nous nous sommes aimés
nos corps ployant
des heures durant
Vous avancé en terre de bruyère,
Point de regard pour ce vous foulez.
Je vous aimais
et vous aime encore
et le souvenir de nos anciennes rondes
me pèsent encore.
Mais ce n’est pas vers moi
que vous vous en allez
car vide est à présent mon antre
emplie d’une jeunesse
amèrement dissipée.
Vous en aviez oublié votre âme
tremblant, mais à peine,
dessous le dôme
et la sainte croix
Vous avancez mais vous fuyez encore,
car nul n’a le choix
et rien en vous, ne prédispose.
Il fut un temps où humilité,
vous emplissait
Mais à présent,
à tant renchérir,
vous n’êtes plus que las.
Au creux de votre paume,
se meurt un cyclamen à grandes fleurs,
dont on dit qu’elle naquit en Perse.
Encore quelques pas,
et tout sera fané.
22 janvier 2005
Je ne suis que lac
![]()
Je ne suis que le lac
Je ne suis que l’ombre
Je ne suis que l’arbre
Je ne vis pour rien et
en moi, rien ne vit.
Seul l’homme m’a souillé
Il fut un temps où l’humilité vous emplissait
le vent striant la limpide surface
que l’on devine,
sous le saule
terres de bruyère
rien à cueillir
Puis vous vîntes
Et malgré vos larmes
Et malgré vos yeux mi-clos
A tout jamais, je vous haïrai
Et seul l’homme m’a souillé
Aujourd’hui chancelle
Il fut un temps où je n’écoutais
que le soleil et la fureur
et les flammes de ses démons
Et vous vîntes
et je vous ai écouté.
Plaintes lugubres
plaies aux saveurs douces-amères,
jamais rassasiées
c’est en moi
que vous vous êtes délivré
Et seul l’homme m’a souillé
Aujourd’hui ruisselle
Et bientôt ne sera plus.
alain, 21 janvier 2005
Océan
![]()
L’océan est pure offrande
tant son entendement est immense.
Opaque et sourd,
nous n’y voyons que l’insondable,
là, où aux confins, ne logent que de corps
incarnats et limpides.
Perles qui sommeillent
sans nous.
Nous y nageons cependant,
baignant dans son incertitude.
Fendant son image
et sa scintillante surface,
à chaque instant pareil,
et pareillement différent
Jamais nous ne pourrons l’appréhender.
Et en ceci peut-être,
réside son indicible
pouvoir,
qui plonge les uns dans l’effroi
et la glace,
et les autres dans de
ruisselants recueillements.
20 janvier 2005, alain
Les fleurs d’Aubrac
![]()
L’écriture en glace plus
d’un
car elle révèle en ses sinuosités
les alluvions drainées par de tenaces chagrins
qui sourdent encore.
Gangues de glaces,
ou oriflammes solaires,
notre vie sont des ancres lourdes
qui nous empêchent de jouir de
l’innocente légèreté que nous ressentons,
seuls, marchant entre les baies
de trolles et d’ajoncs.
Les fleurs d’Aubrac
sont encore à cueillir…
alain, 18 janvier 2005
Hommage à Baudelaire
![]()
L’émotion
en mon cœur se dilate,
les mots frappent dur et fort,
on leur prête pourtant,
tant de vains pouvoirs.
Et je me vois, là, hostile en ma demeure,
pupilles dilatées, poison qui se déverse…
Et je me dis…
Car il n’y a plus de visages…
que des regards.
Car il n’y plus de rues,
que des saignées aux noms étranges
et des villes transpercées
traversées par des silhouettes qui tangent.
Malsaines boursouflures
où l’on se sent parfois de trop...
Et je me dis
L’épice glisse entre les mains !
Est-ce ainsi que la vie se retient ?
Aux diables les souvenirs,
fraîche inconscience,
je voudrais m’y lover
et ainsi, pleins pouvoirs,
à la froide eau, me consoler…
Et je me dis
Hé, multitude inconsciente !,
c’est au matin,
réchauffé par une lumineuse sphère,
que l’on pourra enfin se dire,
parler avec de mots fins de sens !
Je ne désespère, j’y crois encore.
Baudelaire, ses mots délicats, je les épèle…
Fleurs du mal,
j’hume tes vieux papiers,
senteur de caramels.
sans pesanteur,
ton cœur palpite,
en moi, tu te déploies.
15 janvier 2005
alain
Inhabitée
![]()
Souillant les tombeaux,
oubliés et par les eaux et par les pluies,
elle enveloppe et berce doucement les fleurs,
abritées, elles,
sous les grands arbres
décharnés.
Faite de terre, aussi,
elle n’en pas la substance,
car elle n’en a pas le courage.
Point de trace de salut ici.
N’ayant jamais vécu.
Elle n’en est qu’un pâle écho de vie,
silence assourdissant pour
une écoute atténue.
Ni travaillée, ni pensée,
elle semble lunaire,
mais elle faite de la main de l’homme.
Sorte de peau morte,
qui doucement partout se pose.
forme transitoire d’une histoire
et d’une naissance à peine attendue.
Seuls les sages y lisent des signes.
Signes, que mêmes les téméraires,
tairont…
De chaque bouche, la vérité ne peut éclore.
Et pourtant dans chaque trace…
réside l’empreinte du monde.Spock27
6 janvier 2005
Ombre blanche, amer poison
![]()
L’ombre est blanche,
et noire est ta destinée.
Insaisissable attente...
perpétuelle vallée de mots…
Je m’y agrippe
car si dissolu,
je ne pourrai pas plus vivre
que d’énoncer le nom hostile.
Où suis-je ?
si ce n’est en sa demeure,
Où serais-je ?
si ce n’était en cet instant,
en lui-même, irréversible.
Ne le nomme point,
point ne le nomme.
Oui!, celui-là même
qui te hante
et que je te conjure
d’enfouir.
Souvenance fugace
et qui se doit de le rester.
J’ai en moi une béance,
comme une coulée de plaisir,
comme une coupe d’amertume
aux bords effilés,
que de précieuses lèvres
auxquelles j’aspire en vain,
jamais ne boiront.
Spock 27
2 janvier 2005
Si dignité, il y avait…
![]()
Je traverse et les feuilles et les arbres
et la forêt et me rappelle
ce doux parfum,
mélange de rouille et de roses.
Me rappelle aussi
certains écrits à terre,
simples vers dépouillés
et anonymes.
L’encre aussi…, légèrement détrempée.
Passé l’orée,
déjà hagard,
empli d’une sourde blessure,
éprouvant cet immense besoin
que les mots jamais ne comblent,
je ploie et je plonge
né poussière,
assommé de douleurs,
dans un brouillard
empreint d’un passé
que l’on voudrait nié,
mais que rien ne fera taire.
Le printemps t’a happée,
l’hiver enfin s’annonce.
Chapelets infinis de saisons,
dont le sens toujours échappe.
Dans ce fin froid, il m’incombe,
de garder en mémoire
ces si vifs souvenirs…
Si dignité, il y avait…
Spock 27
2 janvier 2005
Je me suis inspiré du poème de Mme de Merteuil :
"L'habitude
nous joue des tours..."
http://www.livejournal.com/users/mme_de