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Ces archives contiennent les textes suivants : [+-2004 à 1992]...:  Aux bons - Avril, mois triste de saison - Légèreté - Légèreté et mensonge - 40 ans dans ces siècles finissants  - pense-y - Pourpre 1re version  - Pourpre 2e versionma maison - oh mère ! - aux anges, songeons encore - la neige - mot - chemine confiant - l'empereur du bienun visage d'ange - à quelle heure sonne mon coeur - fourches caudales - souvenirs vacillants il est peu de nourrituresfendre les ondes car lisse est ton nomeau de lithia - en dessous du gnomon - nuit ;-  je ne suis pas de ta tribu - terre innocente - les cadavres-obvie - faites place; obligation ; flamme bleue ; entre strates et sphères ; de l'importance de l'ailleurs ; ne plus attendre ; réveilles-toi ; le matin à la plage ; extasy ; fille ; déraison ; statuaires ; lumière ; les quatre saisons ; chambre ; lac ; métro - Epars - je fus - les forêts

courant 87/88 jusqu'à 91 :  à l'automne - j'étais à l'eau - l'homme d'hier - monde lapidaire - pays perdu - je n'avais rien à construire - On ne réalise pas toujours - enfantsblancs

 

 

 

 

 

Pavillon de papier,
or tintant au loin

 

Il y flotte de mots tous émoussés,

sans sens ni sens désiré

Je ne sais dire, ne le pense,

et ne le saurai exprimer.

Cet habitacle m’habite,

il est immense,

et cet espace me touche.

son intemporel, grelots lointains,

je t’ai toujours connue.

 

Parois sacrées,

d’autres effleurent tes yeux voilés

mais j’attends, grelottant mais confiant

que le vent se lève,

et que de ces opaques parois,

ruissellent des textes que l’on dit infinis.

 

Givre ou ardent soleil,

seule certitude…,

c’est dans le silence et

c’est de vide qu’il faut te remplire,

sphère immense,

douce mère

aux pourtours silencieux,

aux fines dorures,

pour en évider la criante vérité.

 

La finitude m’enclôt,

j’aspire déjà à autre chose.

 

Tu me manques...

Spock 27

Ecrit le 17 décembre,

retravaillé le 18 décembre 2004

 

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De l'ivresse...

Plus rien au monde

a le goût de l’ivresse vraie,

et de cela j’en suis sûr

comme je suis sûr

des racines des arbres

et des branches et de ceux qui montent au ciel

et se dissolvent et se disloquent.

 

Lents visages, destin de rien

que me veux-tu, fade orateur… ?

Que dis-tu de ta langue asséchée,

qu’écris-tu donc, piètre scribe

de ton encre sans vertu.

 

Sache que seuls, de leur vécu,

seuls ceux qui savent parlent !

 

Aux abords d’auditoires mornes,

les corridors débordent

de sourds, de lourds gens

qui se meuvent et pensent

et parlent comme certains caressent.

 

Mais écoute encore,

toutes les couleurs me quittent,

je me démantèle,

et j’erre dans ma propre ville,

perdu, dans ma propre chaire.

 

L’eau fraîche jaillit pourtant à grands jets,

et les marais, en nous, nous entourent,

 

Il suffirait d’une gorgé

pour être vraiment rassasiée.

 

Je suis si fatigué,

que l’aube nouvelle m’encombre !

que si je scellais mes yeux,

j’y verrai encore..

 

Parviendrais-je un jour

À vous, ma douce,

ma belle, mon transparent amour ?

Pour l’instant, je n’ai que

mes incertains désirs en offrandes.

 

Colombe dans une paume et

Dague dans l’autre…

Humain, trop humain

Spock27

14 novembre 2004

 

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 Couleur, cœur et mensonge

Couleur, cœur et mensonge

L’or est empreint de couleurs,
au sein d’un passé qui n’est mien
et que je ne partage.
Dissous, traversé de vie,
je me penche.
Ma tête est un dôme.
voyelles troublantes,
consonnes de sens ?
à la limite de l’empli,
je me recroqueville…


Amie, ici-bas, elle vous soulage…
comme une âme à saisir,
ample, vaste,
placide et puis dissipée.
Elle vous enveloppe,
d’un linceul d’un sombre poids.
Il ne faudrait jamais mentir.
Jamais mourir.

Enfin, comme si repue,
elle vous laisse,
sans soulagement, sans peine,
à l’orée d’un rien, à l’orée d’un plaisir…
Reste l’empreinte d’une existence,
Fines traces de ce qui aurait pu être vécu

Spock 27

23 octobre 2004

 

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Ma vie est comme une vallée de larmes

La vie est comme une vallée de larmes,

bordée de fleurs.

Cette ondée soudaine en rassasie certaines,

l’eau légèrement saline, 

débordant soudainement de nos paupières mi-closes,

en tuent d’autres.

Ainsi va la vie.

Pourtant, sachant tout cela,

nous continuons à pleurer.

 

C’est ainsi, que Lui, sachant, tout cela

dans ce torrent que nul ne devine,

que nul ne veut voir,

telles ces statues penchées

recueillant dans leurs paumes glacées

le trop plein de cette humidité meurtrière,

absorbe par pure compassion,

ce choeur de de plaintes.

 

Son cœur est immense

car un vaste espace l’habite.

Avant-goût de l’infini,

n’ayant ni forme, ni matérialité.

Tous nos pleurs, nos chagrins,

nos colères s’y lovent et s’y dissolvent.

Ainsi, le temps faisant sont œuvre,

la tristesse s’estompe,

car Lui ne demande rien

et permet parfois à certains,

de se retrouver un bref instant,

leur accordant un moment de paix,

une brassée d’espoir.

Spock27

8 juillet

retravaillé le 10 juillet 2004

dédié à Keepbreathin qui, indirectement, m'a inspiré et 

à Barbara, auteur du texte "c'est trop tard"

http://www.livejournal.com/users/keepbreathin/

 

 

Est, suis et serai à tout jamais

Je suis au bas des croix,

aux creux des ornières,

confondue en certaines ombres,

attirante comme

un choix espéré.

C’est là, toujours, que vous me trouverez.

 

 

J’enfante des spectres enfantins et

à ce titre, est, suis, serait à tout jamais insaisissable.

Je ne crains rien de mon corps,

car je ne suis rien que le grand

vide qui m’habite.

Simple écho, frêle vérité.

 

Je suis de l’Or pur dont ont fait la croix et

de la lumière qui y irradie.

Je console ceux qui se doivent de l’être,

enlaçant dans mes bras 

les tendres, ceux dans le doute,

les inconsolables…

Chagrin qui enlace,

glace et enflamme

le cœur des hommes.

 

Au sein d’eux,

Sombre chaire, je surplombe et dis.

Je suis parfois le seul chemin

à gravir et suis parfois

la seule voix ;

cristalline, pensive

et si vite oubliée.

Mais je suis, est et toujours serai.

 

Que ceux qui écoute,

Entende.

 

Aux sourds, ne répondrai...

 

inspiré d'un texte de

http://www.livejournal.com/users/fomorien/
pondu le 3 octobre 2004

retravaillé le 17 octobre 2004

 

 

 

Aux bons....

 

 

Aux bons, j’ai donné et les pierres,

et le sel et l’eau de la mer,

et j’ai donné aussi la feuille et l’arbre

et à l’arbre, j’ai donné les racines et la sève.

Aux mauvais j’ai donné un mur de flammes.

J’ai créé pour eux une couleur

que d’autre nomme rouge,

mais que moi, je nomme de rien.

Certains,  je les ai vus au-delà des murs,

se drapent de noir,

mais ils n’en ont pas le droit,

ni le le devoir.

D’autres, entr'aperçues aussi, se drapent de blanc

et donc blanches sont devenues.

N’est-ce pas ainsi ce que la vue se donne ?

 

Infligerla transparence, serait trop cruelle,

incolore, elle ne serait pas vérité,

insipide, ne serait pas vie

et indolore, je ne pourrais le tolérer.

Spock27

6 juin

retravaillé le 9 juillet

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Avril, mois triste de saison

De tous les matins,

c’est le premier des matins que j’aime,

celui que l’on n’a pas choisi,

celui qui semble l’orée d’une vie.

 

De toutes les saisons,

celle qui enclôt avril

a ma préférence !

Emplie de promesses,

gorgée d’insouciance,

belle à croquer !

 

De toutes celles que j’ai aimées,

c’est elle, en elle et pour elle,

que j’ai choisi de lover mon amour !

Et c’est pour elle, en elle,

que je me découvre enfin !

 

Au bout du chemin des mots,

vide de paroles,

insensé, douloureusement là,

le meilleur reste à offrir.

 

Spock27

1er mai

retravaillé le 9 juillet

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Légèreté

 

La légèreté est un symbole tellement pur,

qu’il faut la manier avec une réelle délicatesse !

ou juste la côtoyer et s’en faire une amie.

Lointaine, humant la faute,

c’est vers elle, pourtant, que je m’efforce.

 

 

Je ne sais s’il conviendrait à mon paysage intérieur.

Il est parsemé de lances et de fissures,

comme bafoué,

indigne d’en être le dépositaire.

 

Dévalisé mais acquis

peut-être le cœur… 

oui, peut-être...

Ainsi délavé de ses rancœurs,

purifié de cette languide brume

qui paralyse tout,

rend plus juste l’indécis ?

 

Je n’ose dire

Et m’interroge.

 

Mais surtout!

ne me croyez pas,

ne me croyez jamais et

pourtant, ne figez rien !

car verte est la prairie,

et immense est sa déraison.

 

Je voudrais tant me perdre,

m’emplir et me désemplir,

me laver à la poudre d’eau,

goûter enfin à ce vin cristallin

que l’on dit sans raison et

que l’on saupoudre de pâles vapeurs.

 

Quand la langue se délie enfin,

c’est à cet instant que j’aspire.

 

Nul renoncement,

Ni infini commencement,

le vide est empli de tant de promesses,

qu’il ne nous reste plus que le doute.

Moment ni cruel, ni vain,

car ce choix, si choix il y a, n’est pas vôtre.

 

Rappelez-vous !

Avec vous,

la vie n’est rien.

En vous,

La vie n’est rien.

Spock27

1er mai

retravaillé 9 juillet

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Légèreté et mensonge

La légèreté est un symbole tellement pur,

que tout corps bafoué, impur,

ne pourrait en être dépositaire.

Je connais des Justes

qui donnerait leur dernier souffle

pour en être l’humble creuset.

Ils tendent leurs paumes comme une maladroite vasque,

mais la poudre d’eau fuit les imparfaits

comme le mal vise l’indécis

et jamais ne rate.

 

La clairvoyance est tout.

Pratiquer le doute est acte de sincère dévotion.

 

Lave-toi les yeux aux grandes eaux des fleuves,

et ne crains pas de t’y noyer,

le mensonge a un goût bien plus amer

que le plus âpre de ses lichens!

 

Spock27

1er mai

 

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40 ans dans ces siècles finissants

Dans la mouvance mourante

de ces vingt siècles finissants,

dans ce drapé temporel,

à la fois si ténu et

si chargé d'émotions et d'espoirs,

parmi les siens,

au sein même de son foyer,

on fête un jeune homme...

Moi qui ne l'ai vu que de loin,

et qui en ait piètre connaissance,

je n'ai vu que torche vive

et feux flamboyants.

Son âge nouveau est venu à lui,

et a succédé à son enfance.

Il est en âge de raison maintenant !

mais il n'a jamais oublié l'enfant en lui,

ni l'innocence, ni la vivacité,

corollaires de la jeunesse,

ni l'être exalté qu'il fut

et qu'il sera toujours.

Moi qu'un rien trouble

et qui jalouserait un peu ses eaux vives,

plein de l'écoute attentive,

penché sur ce livret si plein de sagesse,

qu'un fou de dieu, archevêque de Carthage

nous a laissé,

il y a maintenant seize siècles de cela,

j'ose dire à ce même jeune homme... :

"hâtes-toi et ne te hâtes pas...,

vis sincère et crains les superbes!

Les esprits de certains hommes aspirent

aux sources les meilleures,

cherchant les gages les plus beaux

et quelques sérénités.

Mais moi, je sais aussi,

que le coeur des hommes,

aspirent aussi à s'enivrer

de joie et de bons vins.

Alors, tête-folle, je te redis encore :

"fêtes-toi, jeune homme, fêtes-toi!,

ne laisse pas la peine et la crainte

emplirent ton coeur,

car où que tu ailles, quoi que tu fasses,

entourés des tiens,

le meilleur est à venir..."

Spock27

7 octobre 1999

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Penses-y     

Pense, 

penses-y. 

J’y ai passé du temps, 

et du temps en moi aussi. 

Des tempêtes à soulever les monts, 

des hivers à glacer les roches, 

des interrogations en forme d’infini

et qui durent et qui pèsent. 

Ce qu’il y a dedans, n’a pas de fonds, 

ni de centre, 

ni d’étendue.   

Et d’ailleurs, 

je te parle 

de dedans ce tourbillon !    

22 novembre 2003 

retravaillé le 9 juillet 2004 :-)

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Pourpre (1re version)

Si je pouvais m’habiller,

je me vêtirais de pourpre,

 

Si je pouvais chanter,

Je feulerais ton nom.

 

M’éclairerais-je,

que ce serait de chandelles.

 

Écorché de la lune,

écoute,

écoute-les,

et j’écoute et dehors est la mer,

dépose délicatement

mon chagrin dans l’écume.

 

Brassée en vains,

jamais ne trouverai d’autres mots.

Limpides

comme le vide d’une vie,

comme l’évidence d’un amour,

sentiment étrange de volition,

me sens parfois habité ?

   

Même les mouettes ont

une âme,  

et je me dis,

et je me dis,

" elle craquelle",

se fende, se porte, se heurte,

aux portes closes,

aux fenêtres obstruées.

Semblent parfois rieuses,

aquatiques, à tout le moins...

Ce n’est pas mon monde

 

Lugubre maison,

je m’y meurs,

que pourrais-je ajouter ?

SPOCK 27

15 JUIN 2003?

retravaillé le 22/06

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Pourpre [2e version]

 

 
Si je pouvais m’habiller, 
je me vêtirais de pourpre, 

Si je pouvais chanter, 
je feulerais ton nom. 

M’éclairerais-je, 
que ce serait aux chandelles.

Écorché de la lune,
astre en perdition, 
écoute !
écoute-les ! 
et j’écoute et dehors est la mer, 
et je dépose délicatement 
mon chagrin dans l’écume.

Brassée en vains,
jamais ne trouverai d’autres mots,
limpides 
comme le vide d’une vie 
comme l’évidence d’un amour, 
sentiment étrange de volition,
me sens parfois habité…

Et je pense,
même les mouettes ont 
une âme, 
et me dis,
et me dis,
" elle craquelle", 
elle se fende, 
elle se porte, et se heurte,
aux portes closes, 
aux fenêtres obstruées. 
Semblent parfois rieuses, 
aquatiques, à tout le moins... 
Ce n’est pas mon monde.

Lugubre maison, 
je m’y meurs. 
Que pourrais-je ajouter ?
Point.

 

SPOCK 27
15 JUIN 2003
retravaillé le 9/11/2003

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Ma maison

Ma maison a d’autres fondations 

Que les vôtres, boueuses ou sans fonds.

Que chacun daigne y jeter un regard.

Sans remparts, mais sans invite, non !

Les piliers ne sont pas de foi,

Ni de glaise, ni de terre, ni de rien d’humain.

Elle est grande comme une église,

et pourtant vide comme l’huître du pêcheur.

Elle rassemble tant de souvenirs ,

et pour cela, ego tremblant,

elle n’a pas de prix.

 

Les vents la traverse ,

ceux sans de saveur,

discourtois, âcre, âpre, pure aigreur.

 

Passe ton chemin !

 

Les parois sont translucides .

À défaut de raison,

elle enclose ce qui a de plus incertain

en l’homme et ce qui est de plus vain .

N’y chercher point de trame ni de tissu !

Parfois ocre, parfois rouge sang,

les portes grincent,

les fenêtres se racontent,

les habitants s’y terrent.

 

Garçon, passe, passe ton chemin !

 

Des avions surplombent,

des oiseaux fendent l’air.

La vie se passe,

personne n’écoute.

Le vent la fait gémir.

La marée guette mais

jamais ne menace.

C’est une maison

de mensonges,

une maison à oublier.

Le temps y est infidèle.

Aucune horloge n’y sonne l’heure

 

Garçon ne frappe pas à sa porte !

Ne te présente pas devant son antre !

Passe…, passe ton chemin !

Plonge au lac,

secoue ta besace !

Point de vérité à glaner ici,

et encore moins de secours.

 

Spock 27

Premier jet, 14 novembre 2003

Retravaillé le 22 novembre

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Oh mère !

 

Elle en est tombée des tempêtes,

depuis sa naissance,

jusqu’à ce que mon amour en elle

dans sa vraie forme se forme

et se meurt

Au diable, les vallées qui se nichent,

aux aveugles les vérités qui en nous habitent,

et j’y crois et j’en suis vraiment sûr.

et peu importe les forêts,

peu importe les orées vives

car les ponts surplombent souvent et

sont à traverser

Et il y en a tant et tant.

Si je chante, c’est pour encore rêver,

Si je rêve, c’est que je ne chante,

Pauvre ville,

Pauvres quartiers,

Où tout prend poussières,

Ou rien ne rassasie,

Rêves filandreux, sentiments rares.

Abandon total.

étrange plénitude,

puisqu’il faut ainsi la nommée.

 

Oh mères qui tant attendez,

Oh fils qui jamais aux bons perrons ne vous trouvez,

oh toi, ma mère, quand pourrais-je à nouveau te regarder en face ?

Quoi que l’on me dise,

Et il y en aura toujours pour dire,

tu resteras là, difficile bonté,

Bourgeon fragile à recueillir

pense à toutes ces marches,

à ces vestibules qui brillent

même au creux de la plus sombre lune

il serait si facile de s’ignorer

Trier les hommes bons des méchants,

faire que toujours la terre tourne,

que du sens s’y love

et qu’il y ait urgence dans nos cœurs,

mandolines stridentes, fausse gondoles,

Il serait si facile d’ignorer

tant le temps chavire.

29 mars 2003,

retravaillé 2 avril 2003

 spock27   

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Aux anges, songeons encore (2e version)

 

Aux abords des anges,

de nos bouches, la mousse déborde

faux mots qui accourent,

Nous sommes si veules, si fiers de nos fausses vertus,

Suant la soumission

L’abject n’étant jamais très loin

Qui suis-je d’ailleurs, à poursuivre ce chemin…,

Parcourons les monts gorgés de soleil,

Évitons à nos pieds

Les racines empoisonnées, hommes de creuses paroles,

Pointons toute la beauté là où il se doit

Là où elle affleure, 

il en va de notre salut,

Recueillons les forces vives des fleuves,

Profitons de leurs eaux troubles,

Roches creusées par le vent,

Érosion, sainte belle étrangère,

Qui continue sans cesse ton travail de sape,

Je ne veux rien de toi, je te le rappelle

et  de toi, point de souvenance,

Qu’on m’emplisse de bonté et

que l’on me pardonne.

Que l’on me sauve

à la pointe extrême de ma vie

Que je m’évanouisse...

Enfin s’éteindre.

 

{}

A ta porte, j’ose et je frappe,

A ton front, je martèle,

de loin en loin, le chapelet de mes suppliques,

L’avenir est ce que nous avons de plus pieux,

Dois-je dès lors m’effacer ?

Accepter cette fragile humanité

Qui m’habite pour encore quelques heures ?

Au royaume du bien, il n’y a pas de roi

Ploie sous le fardeau, car tu es un de ces justes

Tu en as la marque et tu as vécu leur calvaire,

Emplis ton enveloppe charnelle, de bien,

car vacuité est la peste,

Long, si long est le jour dans ce beau royaume

Lave-toi les yeux à la plus belle eau

Que ton cœur ne se désemplisse !

A la fine plume,

Trace pour nous,

un gracile destin.

terminé le 10 novembre 2002

spock27

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La neige

 

La neige, comme l’amour, tombe au même rythme,

et recouvre assurément les mêmes partie du cœur

Dans un même intervalle comme une saison improbable,

elle noie ce qui est avili et ravive ce qui se meurt

Au-delà des mots sans doute,

croyances plus qu’ancestrales

nos pas pesants pour quelques années encore s’y enfoncent,

survivances puissantes des forces imaginaires,

doutes bleutés et meurtris,

mais symboles assurément volés de notre enfance engourdie,

prudes répliques, à peine dénudées, à la rude réalité.

 

Il faut être enfant pour être vraiment amoureux

et il faut être vraiment amoureux pour redevenir enfant

La neige a ce don de laver le visage de toutes larmes.

Elle enferme de glace le mensonge

et emprisonne d’un fin voile les folles passions.

Elle n’est blanche que pour se distinguer du lin de vérité,

ne pouvait qu’être noire, faute d’un digne écrin, 

Noirceur, blancheur, alternance,

comme nos amours,

elle cristallise les humeurs séculaires.

Cette eau en forme dilatée recueille-t-elle plus qu’elle ne révèle ?

En son sein, scelle-t-elle plus d’un mystère ?

Je ne saurais le dire, moi, qui anonyme pèlerin,

n’en connaît que sa pâle robe souillée.

13 février

terminé le 26 février 2003

spock27

 

 

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Mot

 

 

Mot après mot

Je te vois ployer

Plongeant en toi

Terre au pied

Cherchant le mot juste

Chargé de juste sens

Passant du murmure

Au cri à gorge déployée

La vérité jamais ne s’épelle

Messager chancelle

Elle se déploie, ample,

vacille, pleine de chairs,

Elle s’écrie,

Et tu le sais, plein d’un aride savoir

Tu m’as pourtant tant appris,

Paumes pleines d’offrandes,

Un visage embelli de lumière,

les yeux de la couleur

des plus belles eaux

Parfois serein,

Humain toujours

 

Il m’arrive

il m’arrive

aux abords des anges

de poser ma tête

Sur son épaule,

Tendre instant, alangui,

un court moment,

accepte ma légère présence

Tu m’es si précieux

 

 

28 août  2002

retravaillé, retravaillé,

retravaillé :-) 

spock27

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Chemine confiant

 

Aie confiance,

Qui chemine confiant,

Chemine bien

C’est au fond des forêts

Que tu te retrouves enfin !

Caresse l’écorce, vérité rugueuse

Dévale les astres, dévale-les

Retiens les mots

Ils dessèchent les langues

et souillent les bouches !

Hâte-toi si tu peux…

Car tu en es proche

Du pays pétris du plus purs des ors

Approche encore, et de l’orée,

Et des feuillus

Et du sceau que tu embrasseras goulûment

Emplis-toi de cet air qui enivre

En rien, plus jamais, tu ne souilleras

Enfant, enfin, tu deviendras.

 

 

28 août  2002

retravaillé, retravaillé,

retravaillé :-) 

spock27

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L’empereur du bien

 

Sa bouche est d’or

Légèrement sensuelle,

A peine charnue

Des traits finement dessinés

Que seule l’ire fait trembler

Sa langue est dure et sèche,

La vérité est à ce prix

Son regard a le tranchant des justes

Son corps est droit,

Il a le port des gens de bonne naissance

A ses abords, on frissonne

Car il revient d’un royaume

Ou aucun roi ne trône

Au pays du bien, la justice reste vaine

Et ne se prononce point.

L’innocence y coule belle et sinueuse

Comme une eau vive née sans origine,

Seul, on y plonge, seul, on y ressort apaisé,

Fontaines surannées

Surface opaque,

Sources de vraies vertus,

La main qui y plonge, si souvent,

a si peu offrir

il y a des mets qui ne se partagent

On en ressort cependant si riche

Que le corps ploie

La vérité est si belle

Elle se plisse, se fait rare,

Elle a l’éclat de l’évidence

Elle se lustre de tentations,

On y puiserait sans cesse.

28 août  2002

retravaillé, retravaillé,

retravaillé :-) 

spock27

 

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Un visage d’ange

 

Ce matin-là, ébloui, je levai les yeux au ciel

les pieds enfouis dans la terre

scrutant les cieux à la recherche de nos pairs

Séchons nos pleurs, séchons-les,

nous avons à cheminer,

 

Les corbeaux fouettent l’air comme la mort

nimbée de sa robe de velours

Nous n’avons plus à dissiper nos peurs

car le chemin est enfin d’or

finement pavés d’anciennes empreintes de nos pères,

fronts ruisselants,

il n’est point félicité en dehors…

Le chemin est simple, tout devant

Pas de vœux à faire

rien à expier,

aucune vérité dessous les pierres

aucune épine non plus  pour égratigner la peau

ce voile au hideuses chimères

Et pourtant pour longtemps…

je ne me suis pas cru de cette terre

Et pourtant pour longtemps…

la même poudre ocre souille nos chausses

Et le jour déclinant, c’est bien en semblable poussière

que le meilleur de tous et toutes enfin se repose

Aucun horizon où poser regard,

rien n’entrave la vue,

si ce n’est cette pluie éternelle qui ruisselle depuis l’arrière pays

âcre brouillard qui hébète les uns,

révèle aux autres

 

Ici et maintenant,

ni au delà, ni en deçà,

nous avons à poursuivre ou à fuir,

certains fouilleront en dedans,

à d’autres, d’autres chapelles,

nos corps sont immenses,

quelle nourriture pourrait les rassasier ?

J’ai changé, tel est mon esprit

mais je ne me sens pas meilleur…

C’est toujours le même ciel qui veille

Doux est le nom de la nuit,

noire est sa couleur []

J’ai beau réécrire de semblables mots

la nuit de même façon s’épelle

Dehors, ainsi, les chiens hurlent

Dehors, ainsi, nos chevaux piaffent

et volètent nos esprits,

emplis de lunes

 

Je le jure et le sens,

certains cœurs sont à prendre

Il faut parfois ouvrir les yeux

les laver à coups de pierres,

blanche comme le marbre noble

pour mieux les habiller,

pour mieux nous revêtir

de nos précieux rêves

de la même texture que les bords de nos espoirs

lavés de frais

au front, la fièvre des grands brûlants

nous osons enfin te regarder en face,

au loin le voile

plus rien en nous,

aucune autre source où puiser,

visage d’ange, réponds enfin,

Vaines seraient nos attentes ?

 

 

6 juillet 2002

retravaillé, 19 juillet

spock27

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A quelle heure sonne mon cœur ?

 

A quelle heure sonne mon cœur,

et à quelle pierre dois-je équarrir mes lèvres

pour donner plus de chair à mes mornes prières

Quels sont les mots qui judicieusement murmurés

chancellent sous la dangereuse énonciation du sens

suspendus dans le cœur bleu d’une turquoise

confrontés à la densité temporelle telle

que même le temps glace

que même l’espace lasse et,

dans un vaste mouvement,

à la fois fustige et brasse

Lui faudrait-il une autre aire

pour que la vérité embellisse,

explose et naisse

Lui faut-il le creux d’une main

qui jamais ne faillit 

Ou bien n’est-ce vraiment pas là

affaire d’hommes

et refermons-nous en nous, mes frères,

dès lors,

précaution de sages,

enfouis dans la cicatrice du temps.

 

Qui a pu, a pu voir,

aux autres les miettes

Qui a voulu, pouvait voir,

aux gens de notre contrée,

je laisse le reste

De ce qu’il reste, elle ne sera pas _

 

20 juin 2002

spock27

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Fourches caudales

 

Fourches caudales,

En travers toi,

Me faufile,

Plein de tes sèves salines,

Bien dressé,

telle l'hirondelle, bien docile,

Que je ne suis, ne suis,

Penses qu’à toi, qu’à toi,

vertus sensiblement bien arrimées,

Rien à dépasser,

Comme un roc,

je le crains,

Crie bien fort,

car bien vain,

Crie bien fort,

car peu magicien

En rues, par de ci, par de bien bas,

Me retrouve le corps ployé,

Corps si demandeur,

Appelant toujours et tant

que soufflant de douceur,

je transpire de dépit

Et n’arrive à transgresser

Cette enveloppe charnelle

Corps censeur et tenté,

qui me laisse peu de répit,

Et ce n’est pas les âges…

  10 mars 2002

spock27

 

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Souvenirs vacillants

 

 

Se lovant aux creux des premières heures

nos souvenirs vacillants

se dérobent au temps

comme sous le coup d'un pilon incertain.

De jeunesse, nous ne pouvons plus aspirer,

à l'ultime carresse, ni même nous en humecter le front

d'une onde de fraîcheur,

car de graves choses sont gravées en nos coeurs,

certaines portes, du reste, nous seront à jamais fermées.

La trame du temps en est une parmi bien d'autres.

Et si sous le porche de sombres antres

nous avons cueilli après bien des attentes

quelques lueurs, quelques lumières d'anciennes travées

c'est alors, sous le voile du nouveau jour,

l'impatience qui nous en chasse,

l'impatience de notre nouvel âge

qui nous rappela sans ménagement

que la vie se déroule ici bas

suivant un destin qui ne nous englobe plus dans son cours.

Ourlant d'une baveuse indifférence

nos fugaces souvenirs,

rejettant dans les bas côtés,

nos tenaces obsessions,

 

De cela nous devons en convenir...

Certains fleuves sont à traverser,

D'autres sont faits d'une étrange écume.

Fragiles humains sûrement,

tenaces dans l'irrémédiable,

drapés d'une puérile grandeur.

La beauté de tout combat ?

 

8 octobre 2001

spock27

 

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Il est peu de nourritures

qui rassasient le meurtri !

 

Une brassée de peur

Comme premier salut du jour

Quand bien même la certitude qu'il y ait toujours soleil

en réjouisse certains,

je dis et ressasse : peu me chaut,

car je sens en moi, la froideur éternelle,

la froide lucidité d'un temps dissipé

qui s'enfonce en moi

comme la lumière gothique traverse

les images des saints esquissés

sur de pieux vitraux

L'incertain pilon se dérobe

et nous nargue une fois encore.

Debout devant la nef qui dilate les premières lumières,

brassant des souvenirs dilatés,

le corps en berne, l'esprit saint,

Lui qui se présente à nous, les bras tournoyant à peu de compte,

payés, que nous sommes à l'aune de notre propre frayeur

qu'il nous inspire enfin,

et nous nous consolerons dans l'incompris,

dans cette nef pour esseulés.

Sachant que même la proximité des autres corps

ne parvient pas à nous réchauffer...

Il est peu de nourritures

qui rassasient le meurtri...

 

8 octobre 2001

spock27

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Fendre les ondes

Je m'enfile l'eau comme on s'enfile à la tâche

inutile hardiesse, brassées rien que pour moi,

fortes coulées, humides , fragiles gestuelles.

Je suis ici, bien en toi, entouré de toi,

ici présent, lové dans une mouvante caresse,

couronné par instant d'une lumière

qui fuit par delà les vitres du dôme.

La couleur de l'eau a la même monotone beauté

que les fleurs fanées dans les bras des anciennes,

de celles que l'on porte une éternité au cœur,

et que l'on souhaiterait y enfouir à tout jamais.

Car trop de symboles tuent le sens,

et du sens, je me repaîtrais bien encore.

Je suis à fond mon éthique du travail,

tout perdu que je suis, cherchant dans l'écume mes repères,

suant sang et eau, sur les quelques mots que je tresse.

De l'ardeur, de l'ardeur..., à défaut du génie

tissant mots et songes clapotant

dans cette piscine seulâtre.

Je fends les ondes, en pensant nonchalamment

comment ourler les vagues,

comment bénir les songes

de la même eau

qui me traverse à l'instant.

 

~spock27

09 avril 2001

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Car lisse est ton nom

Théorème de l'incomplétude,

je t'implore et je n'ose

car lisse est ton nom

Drapé de voiles

aux étoffes incertaines

éperdu, quelques instants,

on se sauve comme on peut

dans une gestuelle

mouvement langoureux alors

qui s'investissent dans cette belle étendue

ainsi découverte

En gorge, la soif que rien ne désaltère

ni la sensualité salvatrice

ni l’improbable pureté de l'enfant

dont, sans l’avouer toujours,

nous aspirons

Situé au milieu de ce sentier

Embourbé dans la fange

Quand les mots de grande amplitude dérapent

et quand les pensés s'étiolent,

on pense à la place

d'un être insoupçonné

aux chaires blanches

en lesquelles nos esprits se posent

faute de mieux. Et

Quand les paupières closes,

nous nous fondons en nos esprits endormis

Corporalité mal formulée

Au moi, tout en soi renâcle

 

Contrepoids

Oriflamme incomplète, je rugis

Corporalité en mal de latence

En peu de mots, en peu de mots

Car les mots sont le mal

Et la pensée est pourrie

Quant à l'humain...

Gnose _ Je n'ose

25 novembre 2000

spock27

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Eau de Lithia

 

 

Eau de Lithia

De ton impatience

je me désaltère

eau douce colorée

Comme si de toi, fol que je suis

pouvais un jour me rassasier

En tes veines vies, me dénude

me mets hors de moi

et me frotte à la fraîche incertitude

qui n'a pas connu

Le bruissement gracieux

du pas dans la neige

n'a pas levé haut les yeux

Espace transparent enclos dans de mots creux

qui nous entourent

Des mots de rien que je vous répète

des mots amples de leur vacuité

des mots de vents

qui soufflent dans les hauts arbres

Champs immenses très vite traversés

Foule de sentiments qui font que

le cœur explose

L'air en tout son entier contient

la tempête..., et d'elle, nous ne savons rien

Il n'y a pas que les mers

Qui sont intérieures…

Quand les yeux clôts

je me laisse affleurer par

la nécessaire incomplétude

Je m'en excuse []

mais je ne suis plus vraiment avec

vous !

 

25 novembre 2000

spock27

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En dessous du gnomon

 

 

Je me dois de vivre

à l'aune de ce qu'il m'offre

Paumes tournées vers le ciel,

paupières retournées toujours en son intérieur.

En cela, et en cela seul,

est ma promesse irréductible

que je porte, autour de ma faible encolure,

avec une gêne certaine

 

En cet état je vis...

et point ne meure,

marqué par le feu du sens,

plongeant tout le vivant

à lire et à repenser chaque noumène,

chaque syllabe,

front bas, penché sur l'écritoire,

surmonté du primitif gnomon.

 

Au sein de chaque mot

réside un chapelet de lettres,

qui telles les mauves pétales de la glycine

composent la corolle

et plongent dans le calice,

et constituent ainsi le cœur offrant.

 

Il faudra, au bord de ce coeur,

toute une belle éternité

pour en dévider tout le sens et

en étioler totalement l'étrange floraison.

 

Quitte à se rapprocher des hommes,

faisons place à l'existant,

dissipons les brumes

car il est de ces gestuelles

qui jamais ne trompent

ni dans leur mouvance,

ni dans la fluidité du moment.

Jamais les gestes d'amour ne se pensent

ni ne s'écriront,

ils se font tout simplement.

 

spock27

23 juillet 2000

écrit en lisant 'Terre et ciel' de Théodore Monod.

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Puisqu'en fin, c'est à tout cela que l'on s'attelle 

Tapi dans la nuit,

vêtu de mon manteau de pluie,

je découpe en fines lamelles mes sentiments

que je recueille dans la vasque,

brûlants et ineptes.

Quand au bout du jour,

quand la lunaire lumière atteint le fond du cour,

finissant de racler tout l'humain,

propre et frais

comme au sortie des vêpres,

on s'interroge encore,

à ce qu'en disent les rocs, là-haut,

à ce que disent, ceux qui se gorgent d'épines,

à se demander aussi,

que creuser encore sous ce froid manteau,

pour vivre enfin innocemment d'elle !

 

Et quand bien même,

si en finale,

la moisson aura été maigre,

ne trouvant au creux des sillons

que dépôts stériles,

il nous restera encore

des vents d'histoires,

aux arrêtes fines,

à la brève ossature

dessinée de traits fragiles,

contant inlassablement ces belles esquisses

qu'il nous faudra vivre

et emplir de notre propre sève .

 

spock27

22 juillet 2000 !

écrit en lisant 'Terre et ciel' de Théodore Monod.

Retravaillé nov. 2000

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Je ne suis pas de ta tribu

 

Je ne suis pas de ton clan.

Je ne suis pas ton homme,

je suis de l'insouciance dont on tisse les sommes.

Ni ton fils aussi, ni surtout ton prodige,

je ne suis même pas de ta tribu,

c'est te dire l'incertain !

Si tu savais, in-condoléances à la clef...

que je ne suis rien, que je suis tout,

que je suis seul et sans rendez-vous,

que je ne vais à l'encontre de rien

et que dans ce rien ne désespère.

Devant l'auvent, d'une porte de métal,

je tape en vain en un rythme monocorde.

 

À la fois ici, et souvent là,

les membres gourds, le front bas,

s'attachant à ne pas penser,

car la pensée tue,

anse du tu et du non-dit

traçant une horrible trame

que personne ne savoure

et à laquelle personne ne se dédie.

Je me lie totalement

à la pâte lourde dont on fait les fresques insignées.

Je vous suis complètement vôtre,

et ne choisirai que vous

car tout en vous rend le possible,

rend l'inutile et l'indiscernable.

Le point sacré où le corps

et l'esprit se déchirent

constitue votre nœud d'oubli,

ovale du bonheur,

où j'aimerais tant me reposer !

 

spock27

3 mai 2000

retravaillé le 4 mai 2000

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Terre innocente

qui avez bien voulu de moi...

 

Foulant des pieds la terre innocente,

hésitant entre l'opprobre et la félicité,

je me mis à cheminer

le nez au vent, humant des senteurs proprement minérales.

Drapé des seules feuilles qui jonchent les pierres

et que les hommes

créent des poches même de vacuité,

j'eus soudain la tête en feu, des syllogismes tournoyant

autour de moi, moi qui apprenais tout simplement

à vivre et comment le vivre.

 

Mais ces choses-là,

a la douceur du tissu lamé,

filé d'or et de lys,

si simples et si subtils

et pourtant de la main de l’homme

me semblent à tout jamais

interdits à nos sens.

Et têtu donc, je chemine et chemine encore,

transmutant dans les vases de pensée

les vérités toutes pareilles.

 

Aux pics des roses, j'admirais le rude apprêt,

que la nature primitive oppose à nos sens premiers.

afin d'assurer leur existence

envers nos êtres frustres.

Elle soupèse si la menace est aussi réelle,

que notre intellect nous laisse à penser.

C'est ainsi donc que, étrange marcheur,

nous côtoyons des éléments qui ne nous parlent plus

car nous ne disposons plus des mots justes

pour les appréhender

 

spock27

24 octobre 1999.

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Les cadavres de mes jours - jours anciens

 

 

Qu'il est vain de naître que d'hommes !

et que de ce peu, nous arrivons à jouir.

Funeste en somme que cette vie,

que nous parfumons par petites gouttelettes

de l'eau de nos proches, de l'eau de vie.

 

A la maussade mare,

où d'un bel ensemble, ils nous arrivent de nous abreuver,

ce ne sont pas les mêmes corps de nos rêves

que nous avons à oublier.

 

Las, déçus, penchés sur le miroir

troublé, mais cruel, nous égrenons et,

tels les vieux sur un grimoire liquide

récapitulons nos amours.

Et si un falot sourire sur les lèvres de quelques-uns

se dessine,

c'est qu'au bout de l'aile du cygne,

le soleil luit un moment,

tyran de l'instant

ne sachant plus quels tourments choisir.

 

Le cadavre de nos jours

parachève les marbres de nos vies.

Et puisant dans l'eau saumâtre,

nous avons eu soif, nous avons bu.

Car maintenant, dans nos êtres et ici bas,

nous recueillons dans nos paumes offertes

les tendresses que nous avons auparavant semées.

 

Les vieux âges ont ceci de particulier

qu'on y condense tous les firmaments

de nos mémoires.

Certains en souffrent, et tant d'autres gémissent,

mais c'est à toute l'humaine empreinte

que l'on doit s'ouvrir!

 

 

28 février 2000

 

Pssss : le vers "les cadavres de mes jours" est inspiré d'un poème d'Appolinaire tiré d'Alcools...

'J'ai eu le courage de regarder en arrière

Les cadavres de mes jours

Marquent ma route et je les pleure...'

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 Obvie

 

Terre mal étreinte, je me penche sur toi,

croûte froide aux appels lugubres,

glabre glaçage, en surface de légers

sillons insoupçonnés,

je suis, obvie, déconnecté de toi,

habité par une lame de fond,

qui m'emporte et me consume,

troublé par tes feuilles qui froncent

en toi un vert manteau

en qui l'on ne peut que se perdre,

éblouis par les superbes,

étourdi par le verbe léger.

Je guette les signes frondeurs

avec l'anxiété de la sentinelle

dont j'ai l'extrême raideur.

 

Vous a-t-on dit la solitude

des ces silhouettes

qui découpent aux quatre coins les horizons?

Vous a-t-on évoqué le temps qu'il faut

pour ne fut-ce qu'un instant s'oublier?

Moi qui aie les esprits si volages

me ronge à m'abandonner,

et ma terre, oh toi, nourricière,

friable au silence insondable

en ton sein, tu es si intensément là,

que si je pouvais,

j'y puiserais encore quelques forces.

 

22 février 2000

 

le même texte retravaillé deux jours plus tard !

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Obvie II

Terre mal étreinte, je me penche sur toi,

croûte froide au glabre glaçage,

en surface de légers

sillons insoupçonnés,

je suis, aux appels lugubres,

obvie, déconnecté de toi,

habité par une lame de fond,

qui emporte et consume,

troublé par les feuilles qui froncent

en toi un vert manteau

en qui l'on ne peut que se perdre,

ébloui par les superbes,

étourdi par le verbe léger.

Je guette les signes frondeurs

avec l'anxiété de la sentinelle

dont j'ai l'extrême raideur.

 

Vous a-t-on dit la solitude

des ces silhouettes, personnages falots

qui découpent aux quatre coins les horizons?

Vous a-t-on évoqué le temps qu'il faut

pour, ne fut-ce qu'un instant, s'oublier?

Moi qui aie les esprits si volages

me ronge tant à m'abandonner.

Ma terre, oh toi, nourricière!,

Friable, au silence insondable,

en ton sein, tu es si intensément là,

que si je pouvais, j'y puiserais encore

quelques forces.

 

 

22 février 2000

Retravaillé 24 février.

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Faites place !

 

Je laisse les bords et la fange aux doux pèlerins

et je me réserve impétueusement le

repos du chemin sablonneux.

Car je n'envie pas les vérités

aux arrêtes cruelles.

J'aspire à des eaux plus tranquilles et

crois savoir, peut-être sottement, où les trouver.

Mon cœur est avide et

mon esprit est troublé.

Et à trier l'orge de l'ivraie,

à discerner sous le vernis de la cendre,

le squelette de dame sagesse,

je n'ai pas vu le soleil se coucher.

Et me voilà fort marri d'être

ainsi confronté aux denses ténèbres.

Que certains y voient images

mêlées à d'obscurs symboles

m'importe et peu me chaud,

car tant qu'à vivre abscons,

c'est dans ma peau que j'ai à vivre,

et cette terre que j'ai à sillonner.

Sur cette vie, j'ai à tirer

de longs traits si je veux y puiser du sens

et autre chose que négations.

Je bande donc mon arc,

ferme le cœur,

et tire des flèches qui me sont trop personnelles.

Au creux des paumes,

recueillerais-je de maigrelets versets

si je n'avais point tant les pupilles si embuées?

La paume des autres recueillent bien

des perles, mais dompter la langue

et faire taire le cœur n'est point cadeau

offert à tous les hommes.

Je me réserve ce sable car il est plus doux

à fouler. J'ai longtemps à cheminer

car des hommes, tant à apprendre.

Que l'on me permette de continuer,

c'est dans les feux de nuit

que l'on fait fondre tant de songes!

 

 

spock27

16 octobre 99

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Obligation. Et pourtant !

Comme un corps empesé,

comme un corps oblige,

parallèle fait en pensées à d'autres destinées,

à d'autres entités humaines,

je scrute ma coquille vide et blême et

fait appel aux toujours et même voix de veines,

boisées ou d'étoffe hermétique.

J'ausculte des forêts bien denses et

les maigres réponses que je pêche ici et là,

ne feront pas le lys d'une consolation.

La fine couche de frilosité qui gèle

et refrène mes envies, ces derniers jours,

me rappelle que rien n'est gagné.

Et pourtant...

 

...je me suis penché sur son texte, sur LE texte

et j'entendis presque en forme de cri

son prénom épelé IL...

 

mais Il s'habillait de boue et de vague

et d'embruns et d'halo,

et ce n'est que brume laiteuse qui l'attendit,

à son débarquement, en attente d'être.

Scrutant cette gare, antre d'oubli,

être quelqu'un, un autre, un certain autre,

pour être-là comme un rappel,

comme la copie du moule

ou les prémisses d'une vraie présence.

Mais ce ne fut ni l'un, ni un certaine autre.

Personne ne fut là au bout du quai,

à fourrager nos illusions, étalées comme un tapis de feuilles

bien trop tenues que pour en tapisser quelques rêves !

et encore trop dignes pour un lit de chimères !

 

A cet instant, aux cimes du vide,

nous avons à stopper nos pensées,

les arrêter et les détruire.

Nous avons à reboiser nos carcasses de grands vides

et fleurir nos cervelles trop fumeuses

de jacinthes et de jonquilles.

Choisissons-les,

fraîches et sourdes,

fanées ou pourries, pourvu que leur

parfum nous alourdisse l'esprit

et nous fasse oublier

qui nous sommes !

 

Ecrire encore : Et pourtant, quitte à être là,

nous avons à vivre !

 

5-4-99

retravaillé le 31-5-99

spock27 

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Flamme bleue

 

 

A travers la flamme bleue

que voile à peine un nuage célestin,

je tente d'y voir, amusé,

Des formes qui peut-être n'existeront jamais.

A trop demander de la vie,

je fais appel quelques fois aux songes

pour donner un sens aux choses d'ici-bas.

Car je répugne à user de ces vils mots,

ces mots qui nonchalamment torturent,

bien qu'incandescents n'éclairent,

ni la foule hébétée, ni notre étrange destinée.

Là, dans ces moments précis de doutes,

où l'on repousse les enclos de notre existence,

où l'on tâtonne le ventre rond de l'imagination,

il nous faut aller encore au-delà du verbe,

braver des laves nouvelles, chercher par-delà la lettre,

que celle-ci soit écarlate ou dessinée de la plume du maître.

Alors, alors seulement, il nous faut remodeler des lignes

de pensées plus acérées, laisser couler l'amer,

ne retenir que ceux dont est épris.

C'est à nous, expurgés seulement,

que de l'insensé du sens se dessine,

que des images plus nettes se profilent...

Dans ces moments rares ou la pensée s'oublie,

le corps s'émancipe du temps et de l'espace, et

dans cette bulle formée, accède à un autre état,

à une autre compréhension des choses.

Alors, l'hiver n'est plus sur cette terre,

on rit aux enfants, la parole n'est plus amertume,

elle n'est tout simplement plus.

Dans ces moments rares,

le vent léger... tendrement nous apaise.

 

28 novembre 1998

spock27  

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Entre strates et sphères. Face à l'océan

 

 

Entre les strates, entre les sphères

Qui symbolisent ici nos émotions,

S'intercalent des pensées plus tendres

Et plus menues, qui sont si légères, si intangibles,

Que je ne leur ai pas encore attribué de nom.

Face à l'océan, face à cette surface à tout jamais changeante,

il me faut creuser au plus profond de moi

pour simplement faire face, pour simplement être moi.

Tout habité que je suis par mes rondités

et mes fissures et mes crevasses, face aux éléments déchaînés,

n'étant pas tout à fait, n'étant pas parfaitement à la nature présente,

je m'égare et pense rater l'essentiel.

Mon esprit cogite et semble empaqueter ces amas d'ondes

qui me submergent, et c'est par cette bien piètre tentative de classification

que je m'amuse à dompter mentalement les flots.

Mais dans le fond, il est fort juste que les éléments déchaînés

nous submergent la tête et nous la mettent tantôt dessus, tantôt dessous.

Car ensuite, mes esprits reposent, revenant à mes maniaques manies,

je parviens à trier tant que faire se peut les délicats moments de poésie

dont dame nature a bien voulu m'abreuver.

Et après-tout, n'est-ce pas là un moment fort magique ?,

où l'on se sent dépassé par quelque chose de meilleur que nous.

A la foi incompréhensible et dont on sent cependant confusément

qu'il fait partie intégrante de nous.

 

26 novembre 1998

spock27

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De l'importance de l'ailleurs

 

 

(inspiré par un texte d'Alex)

 

Je n'ai jamais oublié sa chaire mordorée, sa senteur de moniale,

Mais l'important est ailleurs, lovée dans une autre nuit, une nuit d'oubli,

où les souvenirs s'épellent dans un noir dégradé.

Je cisaille son nom, et m'oblige à japper au ciel,

pendant que la voie céleste se terre comme d'habitude, rude et de froideur étincelle.

Les abeilles accouchent du vent, les senteurs sont infidèles.

On ne peut oublier la fleur, l'aimée, la sentinelle,

On ne peut ni ne veut oublier.

Faces de lune, nous sommes condamnes à mugir,

dans la piètre clarté.

A cache-cache avec la vie, comme les apôtres,

qui s'en sont allés dans le désert trop éblouis,

j'ai moi aussi vu mon maître, elle avait une forme lunaire

et batifolait telle l'éphémère,

Ignorant mes vœux solennels, tête en l'air,

elle parsemait de ses fleurs,

les champs du cœur immortel.

Les premiers amours creusent les premières blessures,

elles gisent béantes,

Cà et là, comme dévêtues.

On y puise le temps qui passe, et qui à jamais a passé.

On s'y ensable dans les frais filets de l'irréel.

Les amours premiers ont à passer et nous avons à panser nos plaies,

Mais certains d'entre-nous comme ceux-là même qui ont vu de trop près

leur maître, s'en retournent les yeux écarquillés.

Ils sont comme moi et errent épuisés par delà les vastes mondes.

Frénétiquement, on s'évertue à l'oubli,

Frénétiquement chaque herbe, chaque ombre se fait-elle.

Elle est un tableau dont on tisse les fils de vie, mais

on ne peut échapper à la toute première mémoire

et de cette morte mémoire, on meurt.

 

nov 97

spock27.

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Ne plus attendre...

 

Aux peuples immenses et forts, j'appelle

auprès des âmes rudes, je me presse...

 

À l'heure où les peines sont seules, (*)

aux vents frais, je m'égare et me lasse.

Seul, simien simple et simpliste,

je me recueille au chaud soleil.

Le froid est froid.

Le chaud s'enlise,

Que les doigts gourds nous guident aux travers des brumes

qu'enjolivent les jolis orphéons.

 

Nous, simplets, n'en avons cure,

nous ne savons pas et ne savons plus

qu'écouter les éternels champs solaires

que laboure en un toujours même sillon,

ample et sans nom, le souffle lancinant,

qui monte du creux du corps.

 

Dans l'entrelacs de ses circonvolutions,

surface agraire stérile de fruits apparents,

nous y trouvons l'empreinte de certaines vérités.

Mais nous avons à faire et à lire au plus vite,

ce drôle d'oracle en forme de lac aux mille hydres.

Car la vérité n'est pas immobile,

elle est parfois vaste et fine, t'attendant là

où ne brûle nul signe.

Pourquoi, et je vous le demande,

ne pas recueillir le soupçon puis l'embellir ?

Pourquoi, et je vous le demande,

ne pas se vider et enfin devenir ?

Et enfin, permettez-moi une injonction encore,

"pourquoi ne pas recueillir d'une paume vos larmes séchées,

et nettoyer avec elles vos yeux si déçus... ?,

il y a tant de choses à voir

au royaume de ceux qui n'attendent plus".

 

Début août 99

spock27.

 

(*) phrase inspire du poème "crépusculaire" de Robert Vivier. En voici une partie de l'original "... C'est l'heure ou les peines sont seules. Un effroi chemine sans bruit, Et les âmes sont des aïeules Qui grelottent devant la nuit." (1919)

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Réveilles-toi 2e version

 

Réveilles-toi, jeune homme, réveilles-toi. Mais encore avant,

écoutes une dernière fois la nuit tomber,

Sens encore ses derniers soubresauts car le jour se lève,

et ses jours à lui sont comptés. Essuie de ta manche les larmes

qui dévalent le rêve de tes joues et viens à moi.

Il y a mille choses à faire, a faire, nos pauses sont comptées.

Tu dois illuminer ton visage par le doux sourire du Tao,

jeter un coup d'œil aux eaux troublées de l'Indus,

avoir une pensée émue envers la vieille Europe,

et énumérer les vieux os du Nouveau Continent.

Ne souris pas a leurs bêtises et a leurs divagations,

ils ne savent, ils ne savent,

mais viens à moi, depuis de siècles j'attends.

Tu sais où me trouver, tu sais où aller. Nos peines se transmutent,

nous secouons nos songes comme de pauvres oripeaux,

et d'une saccade d'épaule, secouons nos fades humeurs.

Nos corps sont veines et y coulent une nouvelle vérité.

Il est bon de vivre, je le sais, on me l'a dit. Je suis impatient.

Je guette ton passage. Tu me reconnaîtras, nous sommes tous deux

pareils. Tu me reconnaîtras de suite, je suis celui que tu n'as jamais regardé

au fond du puits, au fond de la ruelle. Je suis la rondeur de la goutte,

celui dont on fait le sel. Je suis comme la douce musique

dont rien n'entrave l'étincelle. Ouvres la main et tu me trouveras,

aies l'œil grand ouvert, et là, tu m'apercevras.

Jeune homme, hâtes-toi... ou ne te hâtes pas.

Nous sommes la dans l'entre-deux, entre la nuit et le jour,

La fine cloison de la vie et l'amour, des songes et des promesses,

qui sait ce que demain dans son écrin propose ?

 

24 novembre 1998

spock27

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Le matin à la plage

Pensant toujours à l'enfant

n'arrivant jamais à discerner son visage

sa face m'étant à tout jamais voilé

Quelle incidence à sur moi

Ce visage sorti des limbes inconnus ?

Est-ce le mental qui fait tant souffrir ?

ou est-ce la nécessaire innocence

qui veut triompher du mal

et de notre impardonnable indolence ?

Enfant insolent,

je te dessinerai sur la plage même,

et s'il le faut de sable, je te ferai.

Enfant espiègle ou enfant souverain,

tu me rends confus,

même si cette confusion

me ramène au pays des vivants.

Ah qu'il est bon d'être ainsi interpellé,

moi qui m'oubliais si sottement.

Les marées incessantes

me rappelant une autre mère

à la face aimante

et aux manières inusitées

 

Un matin

Un autre matin sur la plage,

me suis promené le nez aux vents,

Déroutant et obstiné,

me suis mis à la recherche du sens,

cherchant direction, ondées et beauté,

j'ai levé mon nez et me suis trouve face à Daphné

reine enrobée d'indéfinissable tendresse.

Sa robe était de marbre, plombée d'innombrables étoiles,

non de celles qui trouent les cieux mais de celles qui boivent la mer.

A penser à toutes ces choses qui sont là enfouies ou gisantes

et à toutes ces particules qui entassées font les digues,

je me suis senti fort bizarre, perdant en quelques secondes,

le bénéfice de ce beau début de journée.

Que les grains crissent sous nos pas

en angoisse quelques-uns ne m'est pas tout à fait indifférent.

Je crains que même en ces très fines particules,

se trouvent des germes de vies, signaux faiblards

de la même irradiante source

et, que même le plus stupide des minéraux

crie sous le poids de nous, humains trop humains,

Minerais sous le poids du vivant,

jardin d'hiver cristallisé.

 

Quel curieux paradoxe !

quelle étrange beauté !

que les flots lavant ces pierres à grandes eaux,

que nos pieds froufroutant dans ces étendues baveuses

Liquides et solides, ébranlant nos humeurs,

forme d'appel, étranges sons,

qui éternellement nous rappellent

ce que fat est notre solitude !

 

9 janvier 1999

spock27

 

 

 

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Extasy 

 

 J'ai pris un taxi avec une fille, son ami était là aussi, c'est lui qui vendait, il m'a donne un exctasy, c'est à la fille que j'ai donne l'argent. Je l'ai reconnue. Ces lèvres, je les ai reconnues dans la foule, la lumière a balaye ces centaines de visages, noyée dans la chanson, je l'ai vue en un millionième de seconde, rien que des lèvres, rien que des lèvres. Tout tristes, nous filons en taxi, vers la fin de la ville. Le paysage se disloque, tout se fane - le monde est liquide, le monde n'est plus? Nous roulons et roulons, du moins, c'est ce que je crois. Nous sommes à quatre dans la voiture et pourtant je n'ai jamais été aussi seul. La fille me tient la main mais c'est à ses lèvres que je pense.

A quoi pense-t-elle? Ses pensées sont-elles aussi glaciales que l'air a présent? Je frissonne réellement mais personne ne réagit, personne ne pipe un mot. Ai-je seulement rêvé ? Le taxi file.

Lèvres, lèvres, le garçon est comme une statue. Le chauffard travaille, il roule, le compteur défile, travaille aussi, et ma tête se vide, ou plutôt elle se remplit, les maisons défilent, emplissent ma tête comme un mauvais programme ! Je pense à la fille, a la fille, a la fille. Si seulement je pouvais dire un mot... Tout a une fin, même les plus mauvais délire. Fin de course. Il faut payer. L'automate en moi a sorti les billets. La fille et le garçon se trémoussent, il est temps de descendre. Il fait toujours aussi froid. Le chauffeur ne m'a même pas regarde. Billets, billets. Mais cela ne faisait

rien car j'avais tant de pensées en tête, une seconde la tête pleine, de longues minutes, l'autoroute défile, d'abord pendant des heures les rues s'étaient avalées en moi, et puis les rues, les boulevards, les avenues, le Cinquantenaire, les chevaux, ce drôle de portique, ses héros héroïques... héroïques ou valeureux, mais je m'égare. Bref je ne sais plus. Enfin j'avais la tête pleine, chants grégoriens en arrière à fond. Voix de gorge, trémolos, trémolos. Oui, je sais, j'avais dit que le voyage s'était passé en silence, mais ces chants, je ne les ai pas inventés. Et puis que je disais, "c'était faux bien sûr"? Tout est faux et rien n'est fond. La pilule fait de l'effet, je le sens

enfin, je veux dire que... chants grégoriens qui s'enfuient et qui m'enfuit et je m'enfuis... je sens les effets, c'est sur. Le ton monte, la tête explose et froide, je fonds en russe, car c'est clair ça, ils chantent en russe. Les mots s'étalent en cyrillique sur le fond blanc de mes joues. En fait, à peine sortie du taxi, cette fille-là, je la détestais déjà. Avec ses yeux humides, pleines de larmes de citron, fuck le citron, fuck les larmes, fuck le chagrin. Je suis en ville, je suis grégorien, je pense en russe, je suis Dieu, je suis la rue et la rue me traverse, il me faut deux heures pour descendre du

taxi. Ai-je payé ? Oui, j'ai payé, bien du payer le bâtard puisqu'il est reparti avec son foutu taxi.

Ou était-ce un corbillard? Au fait, les corbillards sont-ils bien jaunes? Oh, oui sûrement, nous sommes à la fin du monde, il ne reste plus que nous trois et un corbillard tout jaune qui file au loin. Enfin, nous deux, puisque la fille ne compte pas, ne compte plus. Il n'y a plus que ses yeux maintenant et sa bouche. Enfin admettons que nous étions que deux et puis elle, elle, c'est la bouche. La bouche en cratère, oui, allons, optons pour le cratère. Nous sommes volcans, je pète de chaud, nous sommes à la fin du monde, j'avance trois mètres et mes pas font à chaque fois des trous, je fonds et je suis lourd, je fais des cratères et la fille qui suit, elle, elle a une bouche en cratère, elle roule des yeux et elle happe l'air, comme les poissons. Je plane, je suis hors du temps,

je m'efforce d'avancer, je ne sais pas ou je vais. Je sais juste que le taxi est parti et que seul mes pas me feront avancer. Le troisième, à moins que ce soit le deuxième vu que..., enfin le dealer, lui, il s'est transforme en Jésus. Ben, oui, Jésus, je veux dire. Enfin, ce que je veux dire c'est qu'il a une barbe maintenant. Enfin une barbe comme le mendiant que l'on vient de croiser. C'était un mendiant? Oui, grosso modo, c'était bien un mendiant. Enfin ça pouvait aussi bien être le dealer, car là je plane un max., vous comprenez. Enfin non, c'est pas possible car le dealer lui est à ma gauche, et la fille, la fille, enfin je veux dire le cratère, elle est à ma droite et elle me tient toujours la

main. Elle a peur que vais tomber ou quoi? Enfin, je plane... je ne tombe pas. Tout ça est à pleurer tellement c'est risible. S'il savait, je suis dans le ciel, mes pieds s'enfoncent dans le ciel, mes lèvres sont des Vésuves, je crache des pensées comme de la lave. Mais pourtant j'en suis sur maintenant.

Pendant un millionième de seconde, je me suis concentre. Le dealer et le clochard ne sont pas la même personne. D'abord, cela ne se peut, deuxio l'un est Jésus et l'autre... est forcement Dieu. L'un a une barbe et il marche à coté de moi, ou plutôt devant moi et il s'avance dans la lumière, les lumières qui auparavant étaient au loin devant moi. Et l'autre le clochard, c'est Dieu gisant sur le sol car il a des cheveux longs et dégueulasses comme Dieu. Même que je lui ai donné quelque chose en passant. Enfin tout ça c'est flashs et compagnie, c'est difficile à dire... me suis penché... peut-être donne quelque chose... la main... la main qui donne, ça tombe de la main dans l'autre

main ... et puis plus rien... le vide dans ma main... c'est à peu près ça. Mais je crois que c'était bien lui, Dieu car je l'ai bien fixe dans les yeux et seul Dieu pouvait avoir des yeux aussi vides... mec !

il m'a regardé comme si j'étais vide... comme si j'étais transparent. Il m'a regardé au-dedans de moi, seulement il n'y avait plus rien en moi. Pas de flammes dans ses yeux, comme ils essayent de nous faire croire dans les livres, non rien, le vide total, pur cosmos ou pure connerie, c'est comme vous voulez ! Et je me suis dit, seul Dieu peut avoir un regard comme cela. Au bout de la course, au bout du tunnel, au bout de la lumière, il y avait des tas de lumières. J'ai découvert que Jésus était à côté de moi puis il s'est fondu dans la foule, cratère me tenait encore la main et je me suis dit, voilà la grosse question du présent, tu as vu Dieu par le plus grand des hasards dans un coin pourri, dans une rue sans nom et il est là gisant a mendier pour gagner sa croûte et tout ça m'a paru bien normal. Gisant qu'il était. C'était une vérité qui fixe les feux des astres et la seule vérité du jour. Mais cela est normal a présent. Mais j'avais encore l'esprit plein de rues, et très difficile à marcher, un pas, puis l'autre, puis un pas et puis l'autre, et puis des dieux j'en ai vu plein toute la soirée, chaque fois un spot un éclairait un, puis deux minutes après on voyait un dieu de l'autre côté, j'ai du m'y faire. J'ai même vu une grosse fille en bleue mais là je m'égare. La musique était comme un battement de cœur, j'étais au cœur d'une machine humaine, peuplée de visages

divins, des arcs-en-ciel autour des mains, une grosse fille fluorescente descendait un escalier, elle était tout en bleue, elle descendait du ciel, elle inondait ma tête.

 

(a suivre...)

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Fille

 

 

C'est ici bas que j'ai connu la fille

Celle qui de neige et qui de pluie

Te voile la face et frisson aussi

C'est ici bas qu'elle se déshabille

Fille de neige, manteaux de pluie

C'est ici bas qu'elle sourie

La fille d'a coté, accolée pensée

C'est bien vers elle que je me retourne

Rondeur de lune, fille du monde

Rougeur d'écume, aux épaules rondes

C'est bien vers elles que mes yeux se tournent

Et pourtant en réalité, visages qui se détournent,

Et pourtant en pensées, yeux qui s'enflamment,

C'est ici bas et hors d'ici,

Dans cette même rue car dieux merci,

J'ai revu la fille, celle d'a côté,

Cette lune, blondeur de feu,

Elle ne s'est pas détournée,

La fille qui se déshabille et en pensées et en sourires,

Marée basse, fille de brume, encore mille mercis,

Même la brise ne peut plus souffler ton nom,

Ni les paves, ni les caniveaux,

Ni l'homme en haut, aux bras démesures,

Ni même les lèvres des astres,

Tout le monde murmure et se souvient,

Et même l'homme s'entête et sans refrain,

Celui-là qui disait "c'est ici bas que j'ai connu la fille"

cette rue nous a vus vivre, cette porte nous a aimes,

l'obscurité, s'est fait porteuse de murmures,

et le vent nous a emportes, fin de l'impasse,

nous nous sommes aimes, tout réapprendre,

rien a inventer, fille de lune, je te laisse mes regrets,

mille mercis, refrain sans filet,

c'est ici bas que je te cherche encore,

encore, aurore, pleurs et encore,

c'est ici bas que les paves mouilles,

reflètent les milles et unes ombres de ton visage d'ange.

Paillette d'or, pourrais-je une fois encore ?

Mais je n'ose me rappeler Tes paupières, tes bras et ta voix,

Et ce chancelant refrain Que cette ruelle connaît si bien,

Alors adieux ma mie...

Puis-je t'en convaincre ? Je t'aimais si bien...

 

12/12/1994

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Déraison

 

 

De raison en déraison,

de fil de vie en légers tournoiements,

il me semble que mon esprit tout doucement défile,

comme une longue autoroute d'azur,

comme ciel sans cible sans oiseaux moqueurs

trouant la voûte bleue,

je pense que ces mouvantes pensées

s'en vont toutes seules, sans aspérité aucune

auxquelles s'accrocher.

Sont-elles de mer, d'eau salée, tel un puits,

à la fois diaphane et d'une telle profondeur?

Sont-elles volutes ou simplement de cotonneux cumuli,

fines comme le fil de la toile,

s'effilochant comme un vêtement qui a bien vécu,

ce sont mes pensées, qui tantôt m'échappent,

tantôt toute de folie, s'acharnent à ce point,

ce point-là formant perspectives,

comme si tout d'un coup,

les pensées de volantes s'en allaient par le même chemin.

A ce point ci, sont-elles encore des pensées?

Elles ont plus la lourdeur des humeurs,

le parfum des terres et des buissons

et de l'incompréhensible, elles bruissent à qui mieux mieux.

Elles raisonnent et déraisonnent,

elles s'opaquent et se cristallisent.

Se fondent en concepts et me torturent,

moi qui cherche une prise. A ce point-là,

c'est sur, mes pensées m'échappent.

Des volutes, il ne reste que le brouillard.

Nous ne cheminons plus, nous nous égarons.

On ne volette plus, on s'appesantit,

on déraisonne de raison en folie,

on perd le fil et moi le fin fil de mon histoire.

Clore la pensée avant qu'elle ne vous échappe.

 

23/02/1994

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Statuaires

 

 

Les statuaires sont des évangiles

dont on s'évertue à dire et la beauté

et le somnambule car on arrive plus à dire

car la mort a y voir là-dedans

Le charme difficile de la pierre

comme le couperet comme la vierge,

comme tant de belles choses !

Il arrive qu'on y préfère la transparence.

La fugacité de la vie a plus a voir avec le soleil mort,

la terre lourde, la roue qui baigne

et enroule des tonnes de destinées

dont seul reste la gravite, car la vie n'est pas gaie

Non... on meurt dans des salles de bains

et pisse le sang sur le marbre, calvaire,

une douce assonance ultime

pour clore cette infinie courbe,

a transposer dans un paysage,

j'y vois aussi la couleur disparate d'un faciès de rose éclate...

prêt a rire 

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Lumière

 

 

J'entre dans cette pièce et l'esprit vide,

mais totalement vide,

je pense qu'elle est ronde, sombre, blanche et crue.

Une lumière fulgurante élance ma tête,

traverse mon crâne, le fait éclater.

Tantôt a gauche, tantôt a droite, tantôt au centre,

tantôt aussi bien au dehors qu'au-dedans,

la lumière éclate de partout et je me dis que cette fois,

oui cette fois-ci, s'en est trop. Trop de trop.

Message reçu. Top chrono. J'ai enfin compris.

La douleur n'en est pas moins la.

Ca luit de partout. Les yeux larmoient.

Cerveau bouilli, tout le monde larmoie,

tout le monde supplie, et moi aussi, mais il faut,

il faut, il le faut, il faudra que je m'habitue à la lumière.

Que mes pupilles rétrécissent, que la lumière

en quelque sorte s'avale d'elle-même

et que ce processus, qui est, en quelque sorte fort déplaisant,

voire même, fort douloureux va s'atténuer de lui-même,

en lui-même. J'entre dans cette pièce,

ce n'est plus la lumière, ce n'est plus la douleur,

c'est la pièce. Elle s'atténue.

Le jour n'est plus. Je suis là.

Je n'ai pas mal de tête. Je ne me sens plus.

Tout tournoie. Tout Tournoie.

La lumière est lancinante. Elle fait son job.

Je l'ai déjà dit. Je n'ai pas choisi l'axe.

Je tombe où je peux. Peu de gens l'entendent.

Le bruit que je fais quand je tombe.

Dans la rue. Quand je suis en rue et que je tombe.

Peu de gens l'entendent. Quand quelqu'un tombe.

Et pourtant, je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi effrayant.

C'est le bruit horrible que fait une clef tournant

dans la mauvaise serrure,

c'est le même bruit que fait la lumière qui se refuse.

La même blancheur, la même luminosité, la même histoire,

je dirais la même trace que cette pièce ronde

qui unit, bruit, tourment dans la chute,

tomber, tomber, lente chute dans l'axe...

La lumière d'élancer. J'entre dans la pièce et je pleure,

elle pleure, tous nous pleurons.

Les larmes lubrifient, alors nous pleurons.

Silence capiteux, silence d'or, nos larmes coulent tout doucettement.

Sans bruit, couleur de pierre, précieuses mais sans écrin.

La ronde des pièces nous encercle tous,

corps pâles, et âmes en peine et en joie

et pas plus que le bruit nous entendons,

nos larmes nous voyons.

Quand en rues, nous marchons, point de larmes nous voyons.

Flots étranges qui toujours coulent,

pas d'effroi dans nos yeux, toujours nous oublions.

On voit trop, le monde roucoule, tout s'abrutit.

On voit trop pour ne plus voir. Pour ne plus à avoir voir.

On ne peut, je crois être et pleurer.

Entre vivre et pleurer, il faut choisir.

On ne peut à la fois, vivre et se raconter.

Il faut des pauses au monde et a soi-même.

La vie ne se raconte alors tout le monde pleure

de n'avoir plus de vie a raconter.

La pièce raconte, elle, toutes ses rondeurs,

dans son humble cercle, elle s'offre.

A prendre ou a laisser. Elle offre mais en même temps,

elle nous oublie. Elle offre.

Mais elle s'offre aussi. Pas a moi, pas à nous,

mais a quelqu'un qui voudrait bien d'elle.

Derrière l'ombre se dessine le visage.

Derrière l'offre se dessine rien du tout.

Derrière le geste, pas de contenu pas d'énoncé.

Un geste gratuit qu'il faut décrypter.

Nos noms. Des lettres que nous n'avons pas choisies

et qu'inutilement, nous épelons.

Pour essayer en vain d'en extraire le secret.

Tout se tient en quelques lettres.

Notre histoire et notre vie.

Ne me nomme pas et je mourrai.

Ne me choisis pas et je souffrirai.

Ignore-moi et je me tuerai.

Libères-moi et je parlerai.

A l'heure qu'il est, il pleut encore.

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Les quatre saisons

 

Je me promène dans les ruelles ou aucune ombre ne demeure,

au fond des impasses ou gît le violon que le musicien doucement caresse.

Au fond des impasses, dans la fraîcheur même de l'après-midi,

se niche la promesse d'une douce mélodie, d'une belle chanson.

Vivaldi m'emporte dans l'aura étiolée de ses saisons,

au gré des nobles sentiments suscites.

Suivant la pente naturelle, je me laisse emporte et point ne résiste.

Le combat, lui, fait rage entre la pénombre et le mordant soleil,

les noires ruelles sont des amies,

le soleil troublant à intervalle régulier

m'appelle, il luit tout la haut au bénéfice de tous les hôtes.

Dans ses lueurs magnifiques, la mélancolie est bannie,

on n'oserait si ce n'est un jour de pluie,

se laisser aller au gré de monotones litanies.

Laissons les cordes vibrantes nous parler,

subtiles évocations de paysages intérieurs,

qui nous demandent tant pour s'exalter.

Précise est la caresse du maître,

c'est un génie qui nous mène,

il n'y a pas lieu de résister.

Pas de lieux à reconnaître, aucun point ou s'humecter la gorge,

c'est la musique qui règne, vaste et belle,

pour encore quelques heures.

Il faut se faire léger, suivre la pente et dévoiler son âme,

découvrir le ténébreux mystère d'une conscience

a chaque fois nouvelle,

habillée des mêmes oripeaux.

Parfois nous restons interdits devant tant de richesses,

mais c'est le propre du génie,

de s'ouvrir à nous, a chaque fois,

et de ne jamais se découvrir.

Puisions-nous un jour y puiser un peu de sa pureté

au cœur même du voile de ses murmures.

 

Noël 97.

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Chambre

 

Ma chambre est comme un igloo,

un coffre fort compartimente,

à chaque sentiment son tiroir, a chaque fissure sa blessure.

Il y a des nuits, le papier peint pisse du sang,

il y a des jours, il y vole des Jocondes.

Lovis Corinth peint éternellement ses femmes rondes,

et sans fin, elles lovent leur chair sur des coussins.

Carrée comme un char, élancée comme un fauve,

la pièce n'arrête jamais le débit de son histoire.

Chaque module a ses repères, chaque mouvement suit sa propre trajectoire,

comme chaque pensée suit ses propres rails,

chaque coup frappe au même endroit

et chaque méchanceté se veut meurtrière.

Dans chaque pièce, dans chaque moment,

dans chaque molécule, une vie renaît et s'éteint.

Le sommeil en achève certains, d'autres se relèveront

et continueront à marcher.

Certains hommes sourient, mais leurs paupières pleurent.

Dans leur chambre, ils cherchent le sommeil.

Leurs souvenirs se déchirent. Personne à blâmer,

pas de tasses à casser, pas de couples à briser,

juste une histoire a reconstituer, une pièce a oublier,

à intégrer, à immerger. Une pièce est un être vivant,

trop souvent on l'oublie. Cet être ment et respire.

Chaque fois que vous en toucher les murs,

c'est une couche de peau que vous effleurez-la.

Et comme votre propre peau s'effiloche minute

après minute, les murs, eux, n'en finissent pas de mourir.

Des années durant, ils sont condamnes à vous voir vivre.

Obliges parfois à observer les pires ignominies...

toujours en silence, ou a regarder les plus purs instants de volupté.

Obliges de subir la longue langue des heures.

Ma chambre n'est que l'une de ces innombrables chambres.

Ma chambre respire, je l'entends distinctement.

Elle vit et elle ment, je le sens.

Un jour, j'arriverai à savoir ce qu'elle pense.

Ce jour la, je ne sortirai plus.

 

19/04/1995

 

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Je fus

Je fus, faut-il le préciser, fort proche d’elle. La ville a ceci de particulier qu’elle vit sa vie en dehors de nous protégée par la vitre, séparée par la vitre. Je me mis furieusement à penser à quoi dire. Il devait être 9 h, déjà deux bières ont été ouvertes, nous nous sommes assis, sur le lit, avec la frange à quelques centimètres du sol. Pour le moment, point d’inspiration romantique, pas de souffle chaleureux, tout semble mort. Je pense au jeune homme en noir avec des bottes de cow boys, que j’ai vu quand j’étais à la Poste, on s’est pas gêné pour le regarder. Il attendait le bus, les cheveux en arrière, il faisait bien gris. En remuant un peu, j’ai fait chuter une bouteille et j’ai bien cru discerner sur ses lèvres l’ombre d’un sourire. J’en étais sûr, j’avais vraiment bien bu la dernière goutte, la bouteille était vraiment vide, mais j’ai quand même vérifié.

Après tout, je ne suis pas chez moi, on se connaît à peine, on s’embrasse déjà, on s’imagine se désirer, on se connaît à peine. Et je suis si proche d’elle. C’est bien triste notre époque. J’ai le droit de monter avec elle, pas de mère toute rouge pour le lui interdire. Mais où est la vérité du vécu là-dedans, je voudrais tant contempler les murs, lorgner les fonds de tiroirs, sûr, bien sûr, ceux où rien d’indiscret n’était mis.
Pourquoi des jonquilles, pourquoi du jaune partout ?
Avant de partir, j’ai fait un petit dessin, d’abord j’ai fait croiser quelques droites puis j’ai ébaucher son portrait. Ca fait toujours gentil, ça fait toujours plaisir, ça touche les gens.
On sourit maintenant, c’est fou déjà, j’aimerais bien revenir. Mais le soir tombe, il fait pas propre de rester encore, on se connaît si peu. Tout est beau, si propre, si blanc et si jaune. Et j’ai peur de tout casser. Je dois réfléchir à quoi dire. Le soir tombe, je dois rentrer chez moi. Elle me fait expliquer où j’habite. Dès fois que j’oublierais de venir, en fin de semaine, comme promis. Alors, j’ai promis, normalement, j’aurai le petit argent,
mais comme ça c’est bien, elle saura déjà où c’est. C’est pas grand mais c’est facile à trouver, un deux-pièces au fond d’une ruelle, mais les voisins regardent pas aux fenêtres. Et puis de toutes façons, je viendrai, je pourrais pas oublier.

courant 97

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Les forêts


Ici coulent des forêts dont on plonge les racines
et les sèves bien au profond de moi.
La clairière à l’arrière-plan se répand
comme une tache obscène,
comme un décor inutile !
Je me débats entre liquides
et saveurs ; les branches
et les bras et les chapitres qui
se déroulent en trombes
tombent comme des couperets,
guirlandes de lettres écarlates,
dénuées de sens, car, en effet,
tout va trop vite, bien trop vite,
J’ausculte la vie
et la vie a tous les droits.
J’occulte l’enfance et le corps
comme un opuscule étrange,
fait loi, comme une entité animalière,
possédant règles propres et
d’imprécis modus vivendi
Corps qui hurle des hymnes
tout grondants.
En dessous de nos pieds,
là et ici même, voies souterraines,
une sourde vie dont
on a à peine conscience.
Ici coulent des ruisseaux dont
la source exauce les vœux les plus troublants
rassemblant sur ces berges,
du peuple, les plus étranges.
l’écorce des ébéniers raconte
toutes les histoires de tous les hommes.
Mais plus personne n’a le temps
de les déchiffrer. Les veinules de ces bois d’ébènes
nous parlent à la façon des
anciens runes,
moitié hermétiques, moitié délirants.
Même nos hésitations sont parlantes.
Tout le monde se tait, ruminant
« dans le doute, abstiens-toi ! »
En jacassant, le passé frétille,
mais tout le monde a déjà baissé pavillon.
Ce soir comme tous les soirs,
l’endroit est désert.
Il faudra refaire vie ailleurs.
Les Dieux se sont tus.
Les forêts se vident, les rues se peuplent.
Se confondre avec la populace. Vite, vite !
Runes. Vie vide.
Eclaté. Grondant silencieusement.
Troublé par le temps.
Forêts enchâssées et vides
du passé jacassant.

Février 1997

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Lac (1re version)

  

 

Lac troublant, socle d'argile, terre meuble qui ondule sous les doigts,

ton eau glacée enveloppe bien des mystères, des silences insondables

les remous de ton corps dessine la trame du destin

ce gouffre sans fin, cette bouche sans dents.

L'eau et l'avenir ruissellent dans la même ondée,

comme les branches qui s'y abreuvent forment à la surface des dessins et des formes,

tu t'y glisses doucement, filiforme, bien lentement,

en égrenant chaque note, en épelant chaque pensée,

ne plus faire qu'un, ne fut-ce qu'une seule fois.

Aspirer à cette unicité du doute,

a cette profondeur dérisoire, pouvoir enfin s'abandonner,

et s'enfoncer, s'enfoncer dans la marée, dans la vase,

dans la boue de l'histoire.

Lac étrange, lac troublant, c'est au bord de tes

berges que je t'interroge, on ne peut qu'être humble

devant ta surface muette, ta perpétuelle interrogation,

ton éternelle impassibilité.

Si la glace de ton eau pouvait noyer le feu de mon âme,

c'est avec délice que j'y plongerais aussitôt.

Ecrin muet, sphinx indocile, ce n'est pas ce soir

que tu t'ouvriras à moi !

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Métro

  

 

Marcello. Je m'appelle Marcello. Enfin, c'est ainsi que mon père et ma mère m'ont baptise. Pour ma part, je préfère que l'on m'appelle Marcelllllo. Avec un petit "i" et en faisant mouiller les "l". Car ainsi, je pense toujours au sublime Marcellllo Mastroianni, l'acteur italien. Pour les amis, je suis aussi le brave Marcello, le bon Marcello, car aux yeux de tous, enfin de tous ceux qui me connaissent, je suis un bon petit gars. Et c'est vrai que je suis un bon petit gars mais pour le moment, chers lecteurs, je suis un homme angoisse. Vla t'i pas que depuis 5 bonnes minutes un mec qui louche au possible et me reluque subrepticement. Vous voyez le genre. Il me reluque sans me reluquer tout en me reluquant. Présentement, comme disent les reporters, je suis dans la rame de métro. On dit une voiture, non. Comme si le métro roulait comme un voiture, sauf qu'elle (la voiture), enfin "la rame", elle, elle va plus vite, elle sous-sole la ville, tant et plus qu'on ne le sait même pas et en plus, on doit juste savoir d'ou on part et ou on arrive. Le reste, on s'en f.... Et cette fois, mes chers lascars, je me tape la totale, cqfd, je pars d'un bout du métro et j'arrive l'autre bout. Sauf que l'autre, il va aussi d'un bout a l'autre et il me reluque tout le temps via les vitres, subrepticement, comme je l'ai déjà dit. Comme s'il me reprochait mon petit anorak, tout trempe, on est en Belgique quand même et la tarte qui me pend par la ficelle a mon petit doigt. Parce que, je parle de la tarte, je visite des amis a moi, et comme dit ma mère, quand on visite, on apporte de la tarte, ça fait toujours plaisir. Me viola donc avec ma tarte qui pendouille et mon front qui goutte car je sue et j'angoisse et l'autre qui me regarde encore et encore... qui s'amène maintenant. Mais pas vraiment non plus. Un peu comme s'il hésitait. Un coup, je m'amène, un coup je fais juste semblant. Mais au total, station après station, voilà l'hirsute bonhomme qui est devant moi et ma tarte. Moi suant sang et eau et regardant un peu nulle part... genre, j'attarderais bien mon regard sur la petite blonde qui vient juste de monter à l'instant mais je ne peux, car comme je viens de vous l'écrire, chers lecteurs, le mec si angoissant est devant moi et en fait... l'angoissant personnage est tout à fait hilare... Mais oui, j'aperçois même l'esquisse d'un sourire... il va parler l'affreux bonhomme... Il parle. Brave Marcello, trouillard mais poli, je tends l'oreille... une a la fois, deux, c'est pas possible. Et l'homme dit : "C'est Douglas !!!". Rire sardonique (c'est moi qui explique pour que vous compreniez la scène) C'est mon tour, pas de rire sardonique mais une franche confusion : "Doug-Quoi?" "Ben Douglas, quoi", me répond-il bêtement (enfin, c'est moi qui trouve). "Ben, oui". "Douglas, l'armée, les patates, le caporal qui nous faisait tant ch... et puis aussi"... œillade appuyée "les petites pépées en Allemagne, t'as quand même pas oublié, hein". "Hein", je réponds... assez bêtement, je dois dire "Hein", je refais encore plus bêtement, "mais j'ai pas fait l'armée, moi... j'avais les pieds plats". Mais le Douglas n'entend pas cette confession du siècle. Il est déjà descendu à sa station et d'ailleurs la mienne, c'est dans pas longtemps. Mais... Mais "Dring" fait le réveil, zut fait le brave Marcello (c'est de moi que je parle). Ce n'était qu'un rêve dans un métro. Alors, comme on est dimanche, je me recouche et en voiture, Simone... Mais cette fois-ci... c'est moi qui loucherais sur la blonde... 

 

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Epars



Epars... au loin, j'entends des notes
sous les pas, les marches
sous les voiles, des visages barrés de rires
des corps ployés, sous des intentions,
du soleil plein la tête
éclate en pétales, en gémissements
comme le vent au creux des histoires
des chiens courent et font voler le sable
Il faut se l'imaginer
comme cela est beau
La fuite de l'animal
La beauté du geste inutile
la surface du sable mêlée à cette eau salée
Petit animal qui aboie,
je voudrais t'embrasser
sans rire, tu es si vieux et
pourtant tu cours encore.
Petit chien, allonge encore le cou,
allonge les années, le sable est... immuable
berce les marées, on dit que la vie n'est pas
la vie. Mais jamais l'eau salée ne s'interroge,
jamais le chien ne doute, jamais son regard
ne se voile... regard à perte de vue,
sable de l'infini, je voudrais qu'à jamais
cette image s'enlise et que tu courres dans
ma tête à tout vent.
Je pense à toutes ces choses, aux flancs des trains
caressés, à des chevelures qui ondulent
aux armes des tourments. Je voudrais que les miroirs
soient des bulles, je voudrais que la volonté soit faite
au ciel comme la terre s'est faite, sous le sceau,
gazeuse et pleine de malice.
Gorgée de cette innocence que l'on retrouve aux bords
des mares, aux soubresauts des souterrains, jamais ne
comprendra
Puis-je ici me rappeler
les doux moments pleurés?
déposé ma tête dans le creux des mains
de ces mains que je n'ai choisies
le cœur a ses cloisons et la tête
ses ivresses, et toi paysage défile,
défile, je le murmure, défile et
file-moi dans l'oubli

novembre 1990

 

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A l'automne

 A l'automne, je commettrai l'irrémédiable, c'est‑à‑dire que je foncerai au parc et j'humerai l'air. Je mélancerai et m'éclaterai à l'air, il y a tout autour, toutes ces poches qui pullulent, comme les lichens qui broutent les mers, tout simple là, je pourrai m'abreuver esprit enfin serein. Se promener ainsi, hautain, revivifié, lointain et infini, le proche et le vide, j'aborderai tout, dans une seule étreinte dans une seule inhalation, je respirerai jusqu'à devenir fou et dans ce vacuum de folie, je finirai serein, dans cet état terminal, cul‑de‑sac marin, où le parc s'enlisera sur les plages, les avancées si vite que même la mer, je fermerai les yeux et je n'entendrai plus que les mouettes aux regards de dieux. L'oiseau plongeant, la mer qui boute et l'automne qui épelle ses jours, je serai de saison...., pour une fois j'embraserai, je me ferai roux, je mangerai les feuilles qui tombent, je serai là quand le parc sera nu et même de cette nudité, quand le parc se sera vraiment dévêtu, je me rassasierai. Alors, j'en voudrai encore, et ce sera déjà vite l'autre saison, et le parc sera tout à fait enseveli. La mer sera glacée, drapée tout indifférente, je serai tout à fait désorienté, et je m'endormirai. Mais les saisons appellent les autres saisons et elles font tant de bruit que leurs cris perdants, au delà des flaques d'eau, réverbérés par les steppes qui n'en finissent, par les mondes aquatiques que je réveillerai et pendant un bref moment toutes les saisons se tairont et leur silence sera oracle et je m'y recueillerai.

 

En 1988?

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J'étais à l'eau

J’étais à l’eau quand cela c’est produit. J’aurais pu dire
j’étais au vent car j’étais dans un drôle d’état. J’étais
en formation, solidement dilaté sous les ondes et je n’arrivais
point à capter l’être fuyant que j’étais. Le clapotis du sang
qui furieusement s’obstinait à s’ébattre, éclaboussait
bien malheureusement mes pauvres fenêtres et j’en étais là quand
il y eut une fissure. La vile a une aura que même la nuit obsédante ne
parvient pas à me cacher. J’étais à la nuit quand la forme d’aura me
fit renaître. L’eau en était brillance, et je fus loin et loin
emporté, dans un virage troublant ou la ville-eau et l’aura de
nuit se firent gouffre et nous nous vîmes partir à interpeller
chaque couleur. Lovés dans chaque or, chaque case de vert
dans l’empreinte des étoiles, dans l’inutile et vain espace.
J’étais à moi-même dans le désert de glace comme le jour est à la
nuit. J’étais lové à elle, quand elle m’a dévoré et que tout
fut brisé, et que la nuit doucement s’est déposée. J’étais ailleurs et les couleurs
s’envolèrent et les pensées se figèrent, pierres poreuses de silence,
écrin à sortilège noir de masse et comme j’étais au vol, j’oubliai
qui j’étais et je criais des bulles et le monde aussi oublie et
je volai autant qu’une couleur qui reste couleur, autant
que l’or, que vert du corps, autant que l’air froid d’un conte
qu’on annonce sans raison, vol d’un récit qui se repose… en pause.
Alors je devins récit et je ne vis plus que des mots, de faibles chaires
de glaciale consistance, de médiocre vertu, voilée de transparence,
qui nous font maudire ce que de nos bouches s’écoule. Pause nous réclamons.

 

1988?

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L'homme d'hier

L’homme d’hier, parie ailleurs dans un au-delà à peine achevé,
se lève de table et criblé de lumière, aperçu une zone d’exploration
sur toute la surface de son corps. La peau, tendue
au langage, véritable tabernacle, s’était fait salvatrice, s’était
entrônée, puits de lumière et captait tant et tant et plus qu’en
quelques minutes, l’homme, ayant conçu à présent l’entierté d’aujourd’hui
crachait et dégorgeait des torrents de feux. Corps
Violant et violemment interpellé, proche de l’éclat,
centre d’une pièce qui se mit à fondre, les murs tournoyants
maintenant, dans une fureur d’un demain éteint. Hier,
aujourd’hui et demain en file avalée, le temps se mit à tout
se distordre et il y eut fusion et du corps et de son origine même
d’homme et de son origine fœtale. Là, où il était, l’homme de
demain se palpait les membres, mais de même qu’on ne peut palper
la vapeur, ses nerfs ne furent jamais ébranlés et dans ce tournoiement,
d’audace vint son mouvement, il se sentit perdre la notion
de lumière, ensuite tour à tour nié et révélé, il se sentit écartelé
et sa raison s’enfuyait, absorbé par un marais lumineux,
l’homme est parti à présent, complètement parti, tout à fait dissous.

A présent que l’instant ne peut même plus se penser, on allonge la pensée
et cet instant pèse alors de tout son instant, seconde après seconde,
vue tout à fait désarticulée, début de roue et finalité du deuil et
marais entre chaque intervalle où la pensée s’embourbe dans un je ne
sais quoi d’impensé, de spongieux, de non-dit, mi-sombre,
mi-obscurci, flou de lumière, fou du temps, vaguelette que ce moment
au-delà du contour, instant informulé, que la mer finit par emporter.
Oui ! , j’oubliais le bruit du ressac. Emportant le tout, même le flot du
récit et ce qu’il y avait de lancinant. En y emportant même l’amertume,
la mousse des reproches et le sel des infinis.

15 avril 1988

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Monde lapidaire

C’est surtout à un monde lapidaire auquel il faut faire face,
monde sans unité dans lequel il faut se plonger
au prix même de la suffocation, à ce moment, il faut refaire
l’unité du corps.
Je crois qu’il ne peut y avoir de réelle spiritualité
tant que l’on nie le corps et alors qui pourra
rire, rire céleste, crispé dans
la confusion, corps de décence.
Je ne crois qu’à une seule richesse, elle est celle
de guider sa vie, conduire son âme dans
des poches de vie où l’on peu la contempler avec fierté.
Il n’est d’autres richesses
que la beauté des actes, la prudence des paroles
et la gentillesse de certaines relations.
Le travail ne compte que parce qu’il interrompt,
ramène sur terre et ouvre la fenêtre sur la réalité,
ainsi comme l’affable, on se soulève, séant pénible et de juger la
journée bonne, car la terre tourne et nous emporte
sans se soucier du prix de chacun de nous.
La nature bruisse à nos côtés, quand bien même
nus ne serions là. Et je suis bien malheureux quand
je pense que sous ma maison, étouffe le sol
quand un homme pense, je me prends à penser
qu’il est beau – il est beau de regarder autour de
soi, et de s’ingénier à renouveler mentalement son
entourage, chambre invisible, chambre à lécher,
tu es ma niche, cavité blanche, presque buccale, j’y pense
comme à une forêt, robinet qui coule, tu divises le flot de cette
matinée qui se découpe sans s’entacher de moi –
alors l’idée de dissociation
Dehors les morts tombent et je rêve à ma mère éternelle,
il est malsain de s’attrister en vain,
la journée est la journée et elle est belle car elle
débouche de nuit, il est vital pour moi d’expulser
cette chose de mon corps, quitte à mutiler les surfaces
et aussi d’ordonner mes désirs. Il m’arrive que
je me sente accompagner et voudrais être compagnon.
La vie est un fleuve, si l’on nie son corporel,
à lire, à médire, on échappe au monde et
l’on oublie tout simplement.
Et pourtant je suis fier de moi
fier de mon corps et de mes faiblesses, il est agréable
de chercher des réponses, il y a là contentement dans le doute,
je crois à la joie quand on se lacère les bras
j’étreins quelqu’un et j’admire le crucifix,
comment nier qui a existé et puis s’obstiner dans
de sombres symboles, où le divin transparaîtrait dans
tout notre corps,
j’existe si peu que seul le vent me soulève,
je ne saurais nier que le vent peut être triste
et que les ondées peuvent être miroirs
si limpides – accroche-toi à moi – le paysage s’embrase !

Courant 90, 91 ?

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Pays perdu

Le pays perdu
où l’innocence d’elle, d’êtres qu’on supporte
à défaut – spatial, sous la pression, comme une
voile, un volume aérien, comme un grand chalumeau
qui laminerait nos esprits et nous ferait parcourir
les régions d’amertume
Aux avis d’espaces, aux citadelles d’interdits, aux grandes
fresques de chaires, au froid des dunes,
le corps avachi et tours de crécelle semblent
résonner aux sonorités de diacres-
Pierres déchues, le langage se fait asphyxie,
le lac aux lames de fond nous emporte et nous creuse
aux abris de l’ennui et nous lave et alors fait que nous nous
sentons légers et évaporés comme les brumes
que l’on dit irlandaises-
C’est toute la métaphore véritable que de nous faire exister.
aux côtés des mystères avec en parallèle la recherche des pères,
sortes de damiers de visages où de lourdes draps empêchent
tous envols, toutes fixations, tous mouvements amers, avec des
bouts de pensées et de vie qui s’effilochent.

Le mouvement est une ligne si pure –
à l’ébauche de quoi, on a tant crié.
Farfadet de rire, étouffé de lumière,
aux prises avec l’air et l’absorption intérieure.
Primordial un instant, le cri s’est tu – la bouche
parvenait à la lune – c’est un cri dont on
a rêvé, aux membranes déchirées
et qui nous racontent les hommes.

Sur Wim Wenders

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Je n’avais rien à construire

Je n’avais rien à construire, ni de pyramides, ni de rêves
à peine débusqués, ni d’horribles histoires d’amants à
l’enfilade grotesque de grimaces. Je n’avais de
construction que les couloirs où je me serais bien perdu.
Peut-on se perdre dans une lancée où la voix ricoche ? , ou
est-ce le couloir qui nous guide à notre perte ?
Qui nous prêtent les échos, se fondent sur nous et nous entourent ?
Des constructions, il y avait – des pages de journaux -
Des torses de colonnes – constructions de papier – glacées en
surface - le froid ankylosant les nouvelles – où se perdent
les morts, les amants, les mers pleines de géométrie,
des choses sans cris, creusées dans les mots, figées dans
l’encre imbue d’elle-même. Chacun à sa colonne, ma tête fera le tri.
A moi, les corridors, jusqu’à saturation, jusqu’à la fin
du bout des pas, jusqu’à la fin d’une ligne, des virages
jusqu’à la fin d’une perte. Souhaitons-le-nous !
Souhaitons la, tournoyons de doigt dans un geste
beau et divin et gratuit, comme les feuilles qui vivent
sans rien dire, persistons encore et encore et où les
lettres s’enfoncent et à ce lieu là, si précis, si rare.
Alors faisons une halte et qu’y vole mon regard, mes
pensées, que j’y perde mon équilibre. Que tout cet
amalgame de lignes me racontent la vie. Et m’apporte les
visions des bâtiments immenses, qui sommeillent en froideur.
Et puis et surtout…
je m’égare, je ne sais où j’en suis à
contrôler les espaces - je le saurai quand il fera jour.
Si j’avais raison, si le temps a toujours cours. Je le
sais déjà mais il ne faut pas tricher. Les livres sont des
eaux usées. Je verrai toujours ma mère se penser
au-dessus de l’évier et j’entendrai toujours le bruit des
eaux, dans ces anciennes fondations, fugitives et fluides, mobiles,
on n'y a jamais fait appel, elles ne nous ont jamais regardés.
Le liquide roi, qui contourne humains et constructions
en dissonance et les noyant, les mensonges emportés dans
un même élan. Fatal refuge, où l’on y perdra le souffle. J’étais là,
j’ai vu toutes ces choses, je les ai vécues. Je n’en ai eu
la maîtrise, je n’ai pas osé. Que de portes, que de flèches,
que d’eau, que d’innocence et de mystères !

Seront-nous condamner à tracer dans les mêmes eaux ?

courant 87 ?

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On ne réalise pas toujours

On ne réalise pas toujours que c’est en fermant la porte
que l’on perd son amour
et la douleur qui est en moi et hors de moi
est trop forte, et c’est un autre qui
la vit et pour toujours aussi. Je voudrais
n’être plus là.
Doucement quand le pêne se referme,
doucement, c’est en ma tête qu’il pénètre.
Et son va-et-vient et le crissement du bois
n’est l’ombre que de moi-même
car la morsure du bois amènera bien
d’autres fièvres, pourquoi devrait-on en rester-là ?
Comment fait-on pour être désolé d’amour ?,
j’allonge le cou et je m’écrie,
dans un long cri, transporté, avec les
brumes du mal – je me décapiterai des hydres de l’amour.
Je boirai tous les filtres avec les sylphides
et advienne que pourra !
- surtout bien fermer la porte !

 

24 août 1988

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Enfants blancs

Enfants blancs, pleutres, voûtés de grâce,
je pleure et ma compagne si effilée
compagne morte à soi-même, ballonnée
abandonnée à ses sinuosités, le chemin
long et si calme, cette pureté animale
que le corps chétif que pervers, nous
trouvons placé là, un peu empressé,
à beauté embuée, dans l’église la voix porte loin.
Il est des bars comme des chansons obscures.
Il y a des sonorités de noyades que nul ne
désire, natif des frontières aux limites
des sentiments ; je connais des filles qui
sont entachées d’amour et la dureté du noir,
c’est la scène ou l’esprit perd la raison.
Misérable vie si vaste – pareille à la citadelle,
des filles avec des antennes et des prénoms
et l’incompréhension d’abords, délicats attouchements
auxquels il faut des poussières d’oubli,
du vaste de la vie, du fugace au n’importe quoi
que l’on narre, le roi se théâtralise.
La scène est royale, la reine est nue et presque rigide.
Il va la toucher, c’est sûr, il y a déjà index,
des signes, des forêts, des sentiments.

La question enfin débouche toujours sur la finalité-
Pourquoi ce sang, de doux sourire, pourquoi
souffrir et vains ces quatuors à cordes qui chantent
des mélodies emmurées… ?

courant 87?

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spock27@gmail.com

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